Chansons populaires de la Basse-Bretagne/Le grand Geldon

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LE GRAND GELDON
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   Quand allait le grand Geldon à Paris,
Il y avait quinze mille écus dans sa ceinture ;

   Quand allait le grand Geldon à Paris,
Il était monté comme un marquis.

   Pour quand il revint à la maison,
Il était équipé comme un roulier.

   Comme il cheminait par la route,
Une nourrice il a rencontré :

   — Nourrice jolie, dites-moi,
Où allez-vous, où avez été ?

   Où allez-vous, où avez été
Où avez-vous intention d’aller ?

   — Je n’ai été nulle part, je vais
A l’hôtellerie loger.

   — Dites-moi, nourrice,
Si vous avez compagnie.

   — Ma compagnie est peu de chose.
— Voulez-vous monter sur ma haquenée ?

   Le grand Geldon disait,
Dans l’hôtellerie quand il arrivait :

   — Hôtesse, dites-moi
S’il y aurait moyen d’être logés.

   Apportez-nous dans notre chambre
Du pain, du vin et de la viande.

   Tenez, dit-il, hôtesse jolie,
Ma valise (pleine) d’or et d’argent.

   Nous n’avons besoin que d’un lit,
Mon petit garçon, ma femme et moi.

   Le grand Geldon dormait ferme,
Mais la nourrice ne le faisait point.

   Le lendemain, au matin,
Aussitôt que point le jour,



   Aussitôt que point le jour,
Elle de se lever de son lit.

   — Donnez-moi, hôtesse jolie,
Ma valise (pleine) d’or et d’argent,

   Pour aller faire un tour en ville,
En attendant que Monsieur se lève.

   Le grand Geldon demandait
A l’hôtesse alors :

   Donnez-moi, hôtesse jolie,
Ma valise (pleine) d’or et d’argent.

   — Sauf votre grâce, Monsieur, je n’en ferai rien,
Je l’ai donnée à votre femme.

   — Est-il possible que vous ayez fait cela ?
Celle-là n’était point ma femme.

   — Vous n’en étiez que plus grand pécheur
De coucher avec elle dans le même lit.

   — Seigneur Dieu ! que dirai-je
A ma femme, quand j’arriverai chez moi ?

   Dire qu’en route j’aurai été volé,
Que j’aurai trouvé un enfant abandonné,

   Que j’aurai trouvé un enfant abandonné
Que je l’aurai pris en pitié.

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