Chansons populaires de la Basse-Bretagne/Marie-Yvonne Le Floc’h

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MARIE YVONNE LE FLOC’H
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   Le vieux Barnabé disait, un jour, à son fils Yves :
— Epousez Marie-Yvonne, puisque vous avez eu la peine,
______________________________ (de lui faire un enfant)
Epousez Marie-Yvonne, puisque vous l’avez mise à mal ;
Si j’avais fait cela, moi, je l’en aurais payée.

   — Cinq cents écus en or jaune j’ai donné à son père,
Quatre cents à Marie-Yvonne, pour sa complaisance,
Cinq écus dans un petit berceau, pour faire bercer (l’enfant),
Trois pour lui faire une robe, quand il sera arrivé en âge.

   Quand va Marie-Yvonne, le dimanche, à la messe,
Elle passe deux, trois heures à mettre sa collerette ;
Quand va Marie-Yvonne, le dimanche, à la grand’messe,
Les gars de Ploumilliau disent : « Voici venir la fleur des filles ! »

   Roses sont ses petites joues, et bleus ses yeux ;
Cela me fait mille peines au cœur d’être contraint de la quitter ;
Cela me fait mille peines au cœur d’être contraint de la quitter,
Aussi souvent que je pense à elle, les larmes me viennent aux yeux.



   — Prenez votre fille, François Le Floc’h, et faites-en vos délices,
Car moi, j’en ai trouvé une autre qui est aussi jolie qu’elle.
Elle n’est pas toute seulette, Dieu merci !
Je m’en suis donné avec elle, jour et nuit.

   Approchez, camarades, pour boire un goutte
A la santé de Marie-Yvonne qui est malade au lit !
Pendant que les jeunes gars composaient la chanson,
Le petit Barnabé embrassait Marie-Yvonne.


A Keramborgne. — Plouaret, 1844.
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