Chansons populaires de la Basse-Bretagne/Guillaume Le Floc’h confessant sa maîtresse

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GUILLAUME LE FLOC’H
CONFESSANT SA MAITRESSE
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Une jeune fille de la paroisse de Prat

   Rei tra lira tranlira laine !
Se lève un vendredi, de bon matin,

   Se lève de bon matin, un vendredi,
____Rei tralira.. etc...
Pour aller à la foire à Tréguier,

   Acheter une bague bleue
A donner en présent à un homme.



   — Tenez, dit-elle, cette bague-là
Que je vous donne par amitié.

   L’homme, qui était traître et madré,
La prit, en riant.

   — Je vous ai aimée et le ferai encore,
A cause de votre bague bleue.

   Ma petite maîtresse, si vous m’aimez,
Venez à confesse, la nuit de Noël ;

   Venez à confesse, moi j’irai aussi,
Nous serons tous deux en la crainte de Dieu.

   Il se rend le premier à l’église,
Il revêt un surplis ;

   (Pose) un bonnet carré sur sa tête,
Pour donner à sa douce l’absolution.

   La jeune fille disait,
Dans le confessional quand elle s’agenouillait :

   Mea culpa ! Mea culpa !
Mon père, je vous conterai une chose :

   Mon père, apprenez-moi le secret
De me faire aimer des hommes ;

   De me faire aimer des hommes ;
J’aime qui ne m’aime pas.

   — Ma fillette, dites-moi,
Quel est celui que vous aimez ?

   — Guillaume Le Floc’h est mon plus aimé :
J’aime qui ne m’aime pas.

   — Ma fillette, pour votre pénitence,
Vous viendrez tous les jours à la messe,

   Dire votre chapelet,
Pour que vous ayez Guillaume Le Floc’h pour époux.

   Ma fillette, je vous prie
Que vous n’alliez point communier,

   Jusqu’à ce que vous ayez eu l’absolution
De l’un quelconque des prêtres ;

   Celle que vous avez reçue n’en est pas une
Vous êtes entre les mains de Guillaume Le Floc’h.

   — Si j’avais su ce que vous vouliez faire,
Je ne serais pas venue ici, aujourd’hui.



   Je ferai sécher vos racines,
Comme font celles des herbes ;

   Je vous ferai dessécher,
Comme le chanvre qu’on va tiller.


Chanté par Marie-Jeanne Frégean. —
Pêdernec, septembre 1888.


Var.:

   — Serait-il possible, de par Dieu,
Que ce fût Guillaume Le Floc’h qui fût là ?

   — Une autre fois soyez plus sage ;
Donnez votre tendresse avec mesure.

   — Une autre fois je serai plus sage ;
Je donnerai ma tendresse avec mesure ;

   Avec un demi-boisseau je (la) mesurerai,
Et la mesure juste je donnerai.

Chanté à Pleudaniel


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