Chansons populaires de la Basse-Bretagne/René Lambal (première version)

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RENÉ LAMBAL
(PREMIÈRE VERSION)
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   René Lambal disait,
En cherchant ses chevaux, un dimanche matin :
____Irei, tra la, tra la la la !

   — Ma douce jolie, dites-moi,
N’avez-vous pas vu mes chevaux ?
____Irei tra la tra la la la !

   Vous, ce n’est pas des chevaux que vous cherchez,
Vous êtes en route pour courir les filles.


   René Lambal, quand il a entendu,
A plein bras l’a étreinte :

   — Cessez, René, de m’enlacer,
Sinon j’appellerai les gens du vicaire.

   — Appelez vicaire, appelez recteur,
Une fille jolie j’aime en mon cœur.

   — Laissez-moi, René, m’en aller d’ici,
Venez me demander, à ma mère.

   Laissez-moi, René, aller à la maison,
Et venez me demander tantôt.

   La jeune fille disait
A la maison, à sa mère, quand elle arrivait :

   — Si René Lambal vient ici,
Ma petite mère, cachez-moi de lui,

   — Taisez-vous, ma fille, ne pleurez pas,
Je vous enseignerai un secret ;

   Je vous enseignerai un secret
Qui détachera de vous les gars.

   Quand vous irez filer, après souper,
Emportez un petit piège ;

   Emportez un petit piège
Et tendez-le dans votre giron.

   René Lambal bonjourait,
Chez sa maîtresse quand il arrivait :

   — Bonjour et joie à tous, en cette maison,
A-t-on fini de souper, ici ?

   — Oui-da, René, le souper est mangé,
Approchez-vous donc du feu.

   — Je vais m’asseoir ici,
Près de ma douce, qui file.

   Près d’elle quand il a été assis,
Sa main dans son giron il a mis ;

   Lui de mettre sa main dans son giron,
Et de se détendre le petit piège.

   Lui de pousser un cri aigu,
Et de ne faire qu’un saut dans la cour.


   Quand allait René Lambal par le bois,
Ou aurait pu suivre (ses traces), à son sang.

   Quand allait René Lambal par la route,
On aurait pu suivre (ses traces) tout du long,

   René Lambal disait,
Chez lui, à sa mère, quand il arrivait :

   — Faites mon lit, et faites-le commode,
Car mon cœur est mal à l’aise ;

   Car mon cœur est mal à l’aise,
Il mord, le chien de ma maîtresse.

   — Rien des fois je vous ai mis en garde
Contre le derrière des chevaux ;

   Contre le derrière des chevaux,
Contre le devant des filles !


Chanté par Marguerite Philippe, — 1868.
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