Chansons populaires de la Basse-Bretagne/Yves Camus

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YVES CAMUS
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   Yves Camus chantait gaiment,
(En allant) chercher ses chevaux, un dimanche matin

   Yves Camus, de Ploumilliau,
Le plus beau jeune gars qu’il y ait au pays.

   Et quand il a trouvé ses chevaux,
Sur le gazon il s’est assis ;

   Sur le gazon, quand il s’est assis,
Son nez à saigner s’est mis.

   — Qu’est-ce qui me survient de nouveau,
Que mon nez saigne si matin ;

   Que mon nez saigne de si bonne heure ?
Il n’est pas coutumier de le faire.

   Lui, d’appuyer sa tête à un chêne,
De se mettre à songer, à méditer ;

   De se mettre à songer, à méditer,
En attendant les gens de la messe de passer.

   — Ma sœur, fille de la messe du matin [1] ,
Qu’avez-vous entendu de nouveau ?

   — Assez de nouveauté j’ai entendu,
Puisqu’elle est morte, celle que vous aimez...

   Yves Camus, quand il entendit,
Trois fois à terre tomba.

   Trois fois à terre il est tombé,
Sa pauvre sœur l’a relevé :

   — Taisez-vous, mon frère, ne pleurez pas !
Taisez-vous, mon frère, consolez-vous !

   Assez de filles sont au pays,
Vous êtes jeune et en trouverez ;

   Vous êtes jeune et en trouverez,
Et les vieux s’en passeront.


   — Y eût-il autant de filles au pays,
Qu’il y a de grains de sable dans la mer,

   Je n’aurai aucune d’entre elles,
Puisqu’il est vrai que mon amour est morte ;

   Jamais mariage ne sera sur ma tête,
Puisque est morte Marie Penduenn [2] .


Marie Hulo, Plouaret 1848.
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  1. Qui revenez de la messe du matin.
  2. Penduenn « celle à la tête noire » et aussi « roseau. »