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Chants et chansons politiques/À l’américaine, ô gué

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G. Guérin, libraire (p. 49-51).
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À L’AMÉRICAINE, Ô GUÉ !

Février 1870.
AIR : La bonne aventure, ô gué !


Paris, la grande cité,
La chose est certaine,
Acclame la liberté
Comme souveraine.
Les patriotes français
Voudraient vivre désormais :
À l’américaine
Ô gué !
À l’américaine !

Canrobert[1] avec son rrran,
La chose est certaine,
Prouve son amour du sang.
Quel croquemitaine !

Mais le peuple a ses instincts
De l’empire bien distincts…
À l’américaine etc.

Aujourd’hui les calotins,
La chose est certaine,
Donnent la main aux chauvins
En buvant leur haine ;
Pour sortir de cet enfer
Faut-il donc un revolver :
À l’américaine etc.

Alors l’armurier Galand[2]
La chose est certaine,
Est pour nous par son talent
Une bonne aubaine
Car, ses revolvers mignons
Deviendront nos compagnons :
À l’américaine etc.

Nous rirons des guets-apens,
La chose est certaine,
Que tendent les chenapans
Dont la ville est pleine ;

Avec ces beaux joujoux-là
Bandits, ou vous mouchera :
À l’américaine, etc.



  1. Le 12 janvier 1870, jour des funérailles de Victor Noir, toutes les troupes de l’armée étaient sous les armes. — On demanda au Maréchal Canrobert, s’il redoutait l’émeute. — Avec deux de mes régiments armés de chassepots, dit-il, R, r, r, an, rrran, rrran ! et l’ordre sera rétabli. Ce grand homme de guerre se rendit lâchement avec Bazaine, aux prussiens, à Metz. (Octobre 1870). Il n’avait du courage que contre les parisiens désarmés. — Il touchait officiellement de l’empire 163, 000 fr. par an.
  2. Galand, armurier, inventeur de revolvers et fusils qui portent son nom. Il s’est fait remarquer pendant la guerre de 1870 par son désintéressement et son patriotisme.