Cheikh Nefzaoui - La Prairie Parfumée - 15

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
La Prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs (الروض العاطر في نزهة الخاطر)
Traduction par Baron R***.
(p. 140-163).

CHAPITRE VIII

Des divers noms des parties sexuelles
de l’homme


Séparateur


Sache, ô Vizir, que Dieu te fasse miséricorde ! que le membre de l’homme porte différents noms parmi lesquels on cite[1] :

[texte arabe]

يد ديكيور Ed Dekeur. Le membre viril.
يل كاميرا El Kamera. Le pénis.
يل اير El Aïr. Le membre de la génération.
يل هاماما El Hamama. La Colombe.
يل تيوننانا El Teunnana. Le Tinteur.
يل هيورماك El Heurmak. L’indomptable.
يل اهليل El Ahlil. Le Libérateur.
يز زيوب Ez Zeub. La verge.
يل هامماچهي El Hammache. L’excitateur.
يل فوديلاك El Fodelak. Le trompeur.
ين نآسسي En Nâasse. Le dormeur.
يز زوددامي Ez Zoddame. L’enfonceur.
يل كهياتي El Khiate. Le Tailleur.
موچهيفي يل ريليل Mochefi el Relil. Celui qui éteint le feu de la passion.
يل كهورراتي El Khorrate. Le tournailleur.
يد ديوككاك Ed Deukkak. Le frappeur.
يل اووامي El Âouame. Le nageur.
يل ديكهال El Dekhal. L’entreur.

يل كهوررادج El Khorradj. Le sorteur.
يل زاووار El Zâouar. Le borgne.
يل فورتافس El Fortafs. Le chauve.
ابوو ايني Abou Âïne. Celui qui a un œil.[2]
يل اتسار El Âtsar. Le butteur.
يد دوممار Ed Dommar[nde 1]. Le Cabochin.
ابوو روكبا Abou Rokba Celui qui a un cou.[2]
ابوو قويتايا Abou Quetaïa Celui qui a une touffe de poils.[2]
يل بيسيفس El Besifs. L’effronté.
يل موستاهي El Mostahi. Le honteux.
يل بيككاي El Bekkaï. Le pleureur.
يل هيززاز El Hezzaz. Le remuant.
يل ليززاز El Lezzaz. L’annexeur.
ابوو لآبا Abou Lâaba. Le cracheur.
يچه چهيلباك Ech Chelbak. Le clapoteur.
يل هاتتاك El Hattak. Le défonceur.
يل فاتتاچهي El Fattache. Le chercheur.
يل هاككاك El Hakkak. Le frotteur.
يل مووريكهي El Mourekhi. Le flasque.
يل موتيلا El motelâ. Le fouilleur.
يل موكچهيوف El Mokcheuf. Le découvreur.

Pour ce qui est des noms de kamera[3] et de Dekeur, ils renferment en eux-mêmes leur signification. Dekeur est dérivé du mot deKeur, qui signifie le mâle de toutes les créatures et veut dire aussi mention et mémoire. S’il est survenu à l’homme un accident affectant son membre, si celui-ci lui a été coupé ou est devenu languissant, si, par suite d’impuissance, il lui est arrivé de ne pouvoir remplir le devoir conjugal, on dit de lui : « Le membre d’un tel est mort », c’est-à-dire son souvenir se perdra et sa génération a été coupée dans sa racine. S’il vient à mourir, on dit de lui « son membre a été coupé », c’est-à-dire : sa mémoire a disparu du monde[nde 2].

Le deKeur joue aussi dans les songes un rôle important. L’homme qui voit en rêve son membre viril coupé, est certain de ne pas survivre longtemps à ce songe, car, comme il a été expliqué, c’est la perte de son souvenir et l’extinction de sa race.

J’entrerai à ce sujet dans quelques détails sur l’explication des songes[4].

[texte arabe]Les dents (senane سنان) représentent des années (senine سينن), de sorte que lorsqu’un homme voit en songe des dents bien alignées, c’est pour lui un présage de longue existence.

Lorsqu’il voit son ongle (defeur ديفيور) retourné le haut en bas et le bas en haut, c’est un indice que la victoire (defeur ديفيور) qu’il avait remportée sur ses ennemis doit changer de côté et que, de vainqueur il redeviendra vaincu ; inversement, si c’est l’ongle de son ennemi qu’il voit retourné, il peut en conclure, si la victoire était à son ennemi, qu’elle lui reviendra bientôt.

La vue d’un lis (sonsana [texte arabe]سونسانا) est le pronostic d’un malheur qui durera une année (son سون malheur, sena سينا année).

L’apparition des autruches (nâmate ناماتي) dans les songes est de mauvais augure, parce que leur nom, étant formé de Nâa نآ et de mate ماتي signifie nouvelle de mort, c’est-à-dire péril.

La vue en rêve d’un bouclier (Kenafa كينافا) annonce l’arrivée de toutes sortes de malheur, car ce mot, par un changement de lettres, donne Koul afa كوول افا, tout malheur.

L’aspect d’une rose (ouarde وواردي) fraîche annonce l’arrivée ouroud ووروود d’une joie à faire tressaillir le cœur ; mais, si la rose est passée et fanée, elle indique une nouvelle mensongère ; il en est de même de l’épilement sur les tempes[5] et autres choses analogues.

Le jasmin (yasmine ياسميني) est formé de yas ياس, qui signifie la déception ou l’arrivée du contraire de ce qu’on souhaite, et de mine ميني, qui veut dire mensonge. Celui, donc, qui aura vu le jasmin en songe, en conclura que la déception, Yas, qui se trouve dans le nom de jasmin, est un mensonge, et il sera assuré, par conséquent, du succès de son entreprise[6]. Toutefois les pronostics donnés par le jasmin n’ont pas le caractère de certitude de ceux fournis par la rose. Il diffère, en effet, grandement de cette dernière fleur, en ce sens que le moindre souffle de vent suffit pour le renverser.

[texte arabe]La vue d’une marmite (beurma بيورما) annonce la conclusion (anuberame انوبيرامي) des affaires dans lesquelles on est engagé. Abou Djahel[7], que la malédiction de Dieu soit sur lui ! a ajouté que ce serait pendant la nuit que cette conclusion aurait lieu.

La jarre (khabia كهابيا) est le signe de la turpitude (khebets كهيبيتس) dans toute espèce d’affaires, à moins, toutefois, qu’elle ne soit tombée dans un puits ou dans une rivière et qu’elle ne soit cassée, de manière à laisser échapper les calamités qu’elle contient.

La sciure de bois (nechara نيچهارا) indique une bonne nouvelle (bechara بيچهارا).

L’encrier (douaïa دووايا) indique le remède (doua دووا), c’est-à-dire la guérison du malade, à moins qu’il ne soit brûlé, cassé ou perdu, au quel cas il présage le contraire.

Le turban (âmama اماما), si on l’a vu tombant sur le visage et couvrant les yeux, est un présage de cécité (âma [texte arabe]اما), que Dieu nous en préserve !

Un fusil, s’il a été perdu ou oublié et qu’il soit retrouvé en bon état, est un indice de succès.

Si quelqu’un rêve qu’il sort par une fenêtre (Taga تاعا), cela lui fait connaître qu’il sortira avec supériorité (taga تاعا), des affaires qu’il peut avoir, qu’elles soient importantes ou non. Mais, si la fenêtre qu’il a vue en songe est étroite et s’il n’a pu en sortir qu’avec peine, cela indique qu’il lui sera nécessaire pour les terminer avec succès, de faire des efforts en proportion avec la peine qu’il aura éprouvée pour sortir.

L’orange amère indique que, de l’endroit où elle aurait été vue, viendra la calomnie[8].

Les arbres (achedjar اچهيدجار) annoncent des discussions (mechadjera ميچهادجيرا).

La carotte (asefnaria اسيفناريا) est un pronostic de malheur (asef اسيف) et de choses tristes.

Le navet (leufte ليوفتي) indique à celui qui l’aura vu une affaire passée (ameur fate اميور فاتي), sans qu’il soit possible d’y revenir. L’affaire est grave s’il l’a vu gros, sans importance s’il l’a vu petit : en un mot d’une importance en rapport avec la grosseur de celui qui aura été aperçu[9].

Un fusil de guerre, vu sans qu’il fasse feu, annonce un complot sans gravité et s’ourdissant en secret. Mais, s’il a été aperçu faisant feu, c’est le signe que le moment où le complot doit éclater est arrivé.

La vue du feu est d’un mauvais augure.

[texte arabe]La cruche (brik بريك[10] de celui qui se convertit à Dieu est une preuve, si elle se casse, de l’inanité de son repentir ; mais, si le verre dans lequel il boit du vin se brise, c’est une marque de son retour à Dieu.

Si tu as rêvé fêtes et banquets somptueux, sois certain que c’est le contraire qui arrivera.

Si tu as vu quelqu’un faisant ses adieux à des gens qui s’éloignent, tu peux être assuré que ce seront ceux-ci qui, avant peu, lui souhaiteront un heureux voyage, car le poète a dit :

« Si tu as vu ton ami te faisant ses adieux, réjouis-toi ;
« Que ton esprit soit tranquille sur celui qui est loin,
« car c’est son retour prochain que tu dois attendre
« et le cœur de celui qui t’a dit adieu revient vers toi[11]. »


Nefzaoui p184.jpg
…elle fit aussitôt ses ablutions, puis envoya au Sultan, par une de ses négresses, un plat de Coriandre…

[texte arabe]La coriandre (keusbeur كيوسبيور) signifie que la vulve (keuss كيوسس) est guérie (bra برا).

On raconte à ce sujet que le sultan Haroun er Rachid, ayant chez lui plusieurs personnages importants de ses familiers, se leva, les laissant pour se rendre chez une de ses femmes qu’il voulait coïter. Il la trouva affligée de son écoulement menstruel et revint alors vers ses compagnons avec lesquels il s’assit, se résignant à ce contretemps.

Or, il arriva qu’un instant après cette femme revint à l’état de pureté[nde 3]. Lorsque, d’après ses habitudes, elle en eut acquis la certitude, elle fit aussitôt ses ablutions, puis envoya au sultan, par une de ses négresses, un plat de coriandre[12].

Il se trouva qu’Haroun er Rachid était encore au milieu de ses familiers lorsque la négresse lui présenta le plat. Il le prit et se mit à l’examiner, ne se rendant pas compte de l’intention de la femme qui le lui envoyait. Il finit par le passer à un de ses poètes, qui, après l’avoir reçu des mains du Calife, le considéra attentivement, puis récita les vers suivants :

« Elle t’a envoyé de la coriandre (Keusbeur كيوسبيور)
« blanche comme le sucre.

« Je l’ai placée dans le creux de ma main
« et toute ma réflexion s’est concentrée sur elle
« pour découvrir le sens qu’elle renferme.
[texte arabe]« J’ai saisi l’allusion, ô mon seigneur, car elle a voulu dire : ma vulve est guérie » (Keussi beuri كيوسسي بيوري).

Er Rachid fut émerveillé de l’esprit dont avait fait preuve la femme et de la pénétration du poète. C’est ainsi que ce qui devait rester mystère demeura caché et que ce qui devait apparaître fut connu.

Le glaive, s’il est sorti du fourreau, est un signe de guerre, et la victoire doit appartenir à celui qui a la poignée dans la main.

La bride indique l’asservissement et l’oppression.

La barbe, si elle est longue, est un signe de bonheur et de prospérité ; mais on prétend que, si elle arrive jusqu’à terre, c’est un signe de mort

D’autres prétendent que l’intelligence de chaque homme est en proportion inverse de la longueur de sa barbe, c’est-à-dire que lorsque celle-ci grandit, l’intelligence diminue. On rapporte, à ce propos, qu’un homme qui avait une longue barbe vit, un jour, écrite sur le dos d’un livre, la sentence suivante : « Celui dont le menton est garni d’une grande barbe est d’autant plus inintelligent que sa barbe est plus longue. » Craignant de passer pour un imbécile aux yeux de ses contemporains, il songea à se débarrasser de ce qu’il avait de trop et, dans ce but, comme il était nuit, il enferma dans sa main une poignée de sa barbe, près du menton, et mit le feu au reste à la flamme d’une lampe. La flamme dévora rapidement ce bout de barbe et arriva à la main qu’il dut retirer précipitamment, dès qu’il sentit la chaleur. Sa barbe fut ainsi consumée en entier. Il écrivit alors sur le dos du livre, à côté de la Sentence qui y figurait déjà : « Ces paroles sont d’une parfaite exactitude ; moi, qui écris en ce moment-ci, j’en ai fait l’expérience » restant convaincu lui-même que la faiblesse de l’intelligence est proportionnée à la longueur de la barbe[13].

On raconte, sur ce même sujet, qu’Haroun er Rachid, étant dans un Kiosque, aperçut un homme pourvu d’une grande barbe. Il ordonna de le lui amener et, lorsqu’il l’eut en sa présence, il lui dit : « Quel est ton nom ? » « Abou Ârouba » répondit l’homme. « Quelle est ta profession ? » « Je suis maître en controverse » Haroun lui posa alors ce cas à résoudre : Un homme achète un bouc qui, en rejetant ses excréments par l’anus, atteint l’acheteur d’une de ses crottes et le blesse à l’œil. Par qui sont dus les dommages-intérêts ? « Par le vendeur » répondit aussitôt Abou Ârouba. « Et pourquoi ? » reprit le calife. « Parce qu’il a vendu le bouc sans prévenir qu’il avait une catapulte dans l’anus, » répondit notre homme. À ces paroles, le calife se mit à rire au point de se renverser en arrière et récita les vers suivants :

« Si la barbe de l’adolescent a poussé
« Au point d’arriver à son nombril,
« La diminution de son intelligence est, à mes yeux,
« Proportionnée à la longueur de sa barbe. »

C’est un fait avancé par beaucoup d’auteurs que, parmi les noms propres, il en est qui portent bonheur et d’autres qui portent malheur, suivant le sens qu’ils renferment.

Les noms de Ahmed, Mohammed, Hamdouna, Hamdoun indiquent, dans les rencontres ou dans les songes, l’issue heureuse d’une affaire[14]. Âli, Âlia indiquent la hauteur et l’élévation du rang[15]. Naserouna, Naseur, Mansour, Naseur Allah signifient le triomphe sur les ennemis[16]. Salem, Salema, Selim, Selimane indiquent le succès dans toute espèce d’affaires, ainsi que la sécurité pour celui qui est en danger[17]. Fetah Allah, Fetah indiquent la victoire, de même que les autres noms dont la signification se rapporte à des choses


Nefzaoui p191.jpg
… « À ces paroles Haroun er Rachid éclata de rire au point de se renverser la tête en arrière » …

heureuses[18]. Quant aux noms de Râd, Râda,

ils signifient tonnerre, fracas, et comprennent tout ce qui se rapporte à cette signification[19]. Abou el Feurdj et Fereudj indiquent la joie ; Ranem et Renime le succès ; Khalf Allah et Khaleuf la compensation d’une perte et la bénédiction. Le sens d’Adder Rani, de Hafid et de Mahfoud est favorable. Les noms dans lesquels entrent les mots Latif (bienveillant), Mourits (secourable), Hanine (compatissant), Âziz (chéri) entraînent avec eux, d’après la signification de ces mots, les idées de bienveillance (lateuf), charité (iratsa), compassion (hanana), Âïz (faveur). Je citerai comme exemple de mots fournissant des indications défavorables el Ouâr, el Ouâra, qui impliquent l’idée de difficulté.

À l’appui de l’exactitude de ce qui précède vient cette parole du Prophète, que le salut et la miséricorde de Dieu soient sur lui ! : « Compare les noms qui ont figuré dans tes songes, avec leur signification, afin d’en tirer une indication[20]. »

Séparateur

Ce n’était pas, j’en conviens, le lieu de traiter ce sujet ici, mais les paroles s’enchaînent les unes aux autres. Je reviens donc à l’objet de ce chapitre, les divers noms des parties sexuelles de l’homme.

[texte arabe]Le nom d’el Aïr يل اير vient de el Kir يل كير, soufflet de forgeron. En effet, si dans ce dernier mot on retourne le Kef de façon qu’il regarde du côté opposé, on trouve el Aïr[21]. Le membre a été nommé ainsi à cause de son gonflement et de son dégonflement alternatifs. Quand on le gonfle, il se dresse, et quand on le dégonfle il retombe flasque.

Il est appelé el Hamama, la Colombe, parce que, après s’être gonflé et au moment où il tend à revenir à l’état de repos, il ressemble à une blanche colombe reposant sur ses œufs[22].

El Teunnana, le tinteur. Il est ainsi nommé parce que, lors du coït, chaque fois qu’il entre ou qu’il sort de la vulve, il fait entendre un tintement.

El Heurmak, l’indomptable[23]. Il a reçu ce nom parce que, lorsqu’il s’est gonflé, redressé et mis en érection, il se prend aussitôt à remuer la tête, cherchant l’entrée de la vulve jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée, puis qu’il y entre brusquement, avec insolence et sans demander la permission.

El Ahlil, le libérateur, ainsi nommé parce que, en pénétrant dans sa vulve, il rend la femme qui a été répudiée par trois fois, libre de revenir à son premier mari[nde 4].

[texte arabe]Ez Zeub vient de deub ديوب, qui veut dire ramper. Ce nom a été donné au membre parce que, lorsqu’il arrive entre les cuisses de la femme et qu’il voit une vulve dodue il se met à ramper sur les cuisses et sur le pubis, puis s’approche de l’entrée de la vulve, continue à ramper jusqu’à ce qu’il en ait pris possession, et enfin, lorsqu’il y est installé convenablement et qu’il y a pris toutes ses aises, pénètre au milieu du vagin pour y éjaculer[24].

El Hammache, l’excitateur. Il a reçu ce nom parce qu’il irrite la vulve par ses fréquentes entrées et sorties.

El Fadelak, le trompeur. Il tire ce nom de ses ruses et de ses tromperies, car cette expression signifie menteur. On dit d’un tel qu’il est fadelak, c’est-à-dire trompeur. En effet, lorsqu’il désire le coït il dit : « Si Dieu me donnait l’occasion de rencontrer une vulve, je ne m’en séparerais plus ! » et lorsqu’il la possède, il en est bientôt rassasié, sa présomption apparaît et il jette un regard de désespoir sur elle, parce qu’il s’était vanté qu’une fois entré il n’en sortirait plus.

À l’approche de la femme il se redresse et entre en érection ; il semble dire à la vulve : « aujourd’hui, c’est avec toi que j’assouvirai mes désirs, ô mon amie ! » et elle, le voyant dressé et raide, s’étonne de ses dimensions et semble lui dire : « qui pourra recevoir un pareil membre ? » Pour toute réponse il place sa tête à la porte de la vulve, lui fait ouvrir la bouche et pénètre jusqu’au fond. Lorsqu’il se met à remuer par dessous, elle se moque de lui et lui dit : « Combien ton mouvement est trompeur ! » car, il n’est pas plus tôt entré qu’il sort et les deux testicules semblent se dire : « Notre membre est mort ; il a succombé après l’arrivée de la jouissance, l’assouvissement de la passion et l’éjaculation du sperme ! » Lui, sortant précipitamment de la vulve, essaie de relever la tête : il retombe mou et inerte. Les testicules répètent : « Notre frère est mort ! notre frère est mort ! » Il proteste en disant : « Il n’en est rien ! » mais la vulve s’écrie : « Pourquoi te retires-tu ? Ô menteur, tu avais dit que si tu entrais, tu ne sortirais plus ! »

En Nâasse, le dormeur. Ce nom lui vient de son apparence trompeuse. Quand il entre en érection, il s’allonge et se raidit à tel point qu’on pourrait croire qu’il ne doit jamais se ramollir. Puis, lorsqu’il sort de la vulve ayant assouvi sa passion, il s’endort.

Parmi les membres de cette espèce, il en est qui s’endorment dans l’intérieur même de la vulve, mais la plupart en sortent encore raides ; à ce moment le sommeil les gagne et petit à petit ils arrivent à être tout à fait endormis.

Ez Zoddame, l’enfonceur. Il tire ce nom de ce que, lorsqu’il rencontre la vulve et que celle-ci ne veut pas le laisser s’introduire immédiatement, il se fraie un passage avec sa tête en brisant et déchirant tout, comme une bête féroce au moment du rut.

El Khiate, le tailleur. Il tire ce nom de cette circonstance qu’il n’entre dans la vulve qu’après avoir manœuvré à sa porte comme une aiguille dans la main du tailleur, en s’y cramponnant et s’y frottant jusqu’à ce qu’il se soit suffisamment enflammé ; après quoi il pénètre.

Mochefi el Relil, celui qui éteint le feu de la passion.

On donne ce nom au membre gros, fort, lent à éjaculer : un pareil membre satisfait de la façon la plus complète les désirs amoureux de la femme, car, après les avoir surexcités, il les éteint mieux qu’aucun autre. Il ne réussit pas moins à calmer l’ardeur de l’homme. Lorsqu’il désire entrer dans la vulve et qu’arrivant à l’entrée il la trouve fermée, il se lamente, supplie, fait des promesses accompagnées de serments : « Ô mon amie, dit-il, laisse-moi entrer, je ne resterai pas longtemps » et lorsqu’il est arrivé à ses fins, il viole sa parole en prolongeant son séjour et ne sortant qu’après avoir éjaculé et assouvi son ardeur à force d’entrer et de sortir, de monter et de descendre et de s’agiter vers la droite et vers la gauche. La vulve réclame : « Qu’as-tu fait de ta parole, ô menteur ? dit-elle, tu avais dit que tu ne resterais qu’un instant ! » Il répond : « Oui, certes ! je ne sortirai que lorsque j’aurai rencontré ta matrice, mais je m’engage, si je la rencontre, à me retirer aussitôt. » La vulve, à ces mots, se sent prise de pitié pour lui et lui approche le pompoir, qui l’étreint et le mord à la tête comme s’il le saluait[nde 5]. Le membre se retire, sa passion satisfaite.

El Khorrate, le tournailleur. Ce nom lui a été donné parce qu’il arrive à l’ouverture de la vulve comme ayant une affaire urgente à traiter, frappe à la porte, tournaillant de tous les côtés, sans honte, ni pudeur, poussant ses investigations à droite, à gauche, en avant, en arrière, puis, tout d’un coup, pénètre avec la rapidité de la flèche jusqu’au fond du vagin pour éjaculer.

Ed Deukkak, le frappeur, est ainsi nommé parce que, lorsqu’il arrive à la porte de la vulve, il frappe un léger coup ; si la vulve lui répond et lui ouvre sa porte, il entre ; mais, si on ne lui répond pas, il recommence à frapper et il ne cesse que lorsqu’il a obtenu une réponse. Tel est le parasite[25] qui veut s’introduire dans la maison du riche pour assister au festin : il frappe à la porte ; si on lui répond, il entre ; mais, s’il n’obtient pas de réponse, il recommence à frapper une seconde et une troisième fois, enfin jusqu’à ce qu’on lui ouvre la porte. Ainsi agit le deukkak, lorsqu’il arrive à la porte de la vulve.

Par « frapper à la porte », on entend le frottement du membre à l’entrée de la vulve, jusqu’à ce que celle-ci devienne humide. La production de ce suintement est le phénomène auquel il est fait allusion dans l’expression « ouvrir la porte ».

El Âouame, le nageur. C’est celui qui, lorsqu’il pénètre dans la vulve, ne s’installe pas de préférence à un endroit, mais se met au contraire à tourner à droite et à gauche, en avant et en arrière, principalement au milieu, et à nager, en se démenant entre le sperme qu’il lance et le liquide que secrète la vulve, comme si, craignant de se noyer, il faisait ses efforts pour échapper à la mort.

Ed Dekhal, l’entreur, mérite ce nom parce que, lorsqu’il arrive à la porte de la vulve, celle-ci lui dit : « Que désires-tu ? » Il répond : « Je désire entrer. » « Cela est impossible ; je ne puis te recevoir à cause de ta taille » réplique la vulve. Il insiste pour qu’elle reçoive seulement sa tête, promettant de ne pas y pénétrer tout entier ; il s approche alors d’elle, frotte sa tête entre ses lèvres deux ou trois fois, jusqu’à ce qu’il en ait provoqué le suintement et qu’elle se trouve ainsi lubrifiée, introduit d’abord sa tête, puis, tout à coup, s’y plonge à corps perdu jusqu’aux testicules.

El Korradj, le sorteur, ainsi appelé parce que, lorsqu’il s’approche d’une vulve qui a été longtemps privée de coït et qu’il veut y entrer, elle lui dit, poussée par la violence de son désir amoureux : « Oui, mais à une condition. C’est que si tu entres, tu n’en sortiras qu’après avoir éjaculé tant de fois ! » Le membre répond : « Je te promets de ne me retirer qu’après avoir dépassé de trois le chiffre que tu m’as fixé. » Une fois entré, l’intensité de la chaleur de la vulve active l’arrivée de la jouissance : il se met à entrer et à sortir, recherchant la jouissance parfaite que procure ce mouvement par le frottement alternatif contre les lèvres de la vulve et contre la matrice. Une fois l’éjaculation arrivée, il cherche à se retirer promptement, ce qui fait dire à la vulve : « Pourquoi sors-tu, ô menteur ? Tu mérites assurément les épithètes de sorteur et de menteur ! »

El Aâouar, le borgne, qualification due à ce fait qu’il n’a qu’un œil, que cet œil ne ressemble pas aux autres yeux et qu’il n’y voit pas clair[26].

El Fortass, le chauve. Ce nom lui vient de ce que sa tête est dépourvue de cheveux, ce qui lui donne de la ressemblance avec un homme chauve.

Abou Âïne, celui qui a un œil. Il a reçu ce nom parce que son œil unique présente cette particularité qu’il n’a pas de pupille, ni de cils.

El Âtsar, le buteur. Il a été appelé ainsi parce que, lorsqu’il désire pénétrer dans la vulve, n’en voyant pas la porte, il frappe en dessus et en dessous, et continue à buter ainsi, comme s’il rencontrait une pierre sur sa route, jusqu’à ce que, les abords de la vulve se lubrifiant, il arrive à y entrer. Celle-ci lui dit alors : « Que t’est-il arrivé, que tu butais ainsi ? » « Ô mon amie, c’est une pierre qui s’est trouvée sur ma route » répond le membre.

Ed Dommar, le Cabochin. Ce nom lui vient de ce que sa tête est différente de toutes les autres têtes.

Abou Rokba, celui qui a un cou. C’est celui dont le cou est court, qui est développé du gosier et large par derrière, qui a la tête pelée et dont, en outre, les poils qui s’étendent du nombril au pubis sont rudes et hérissés.

Abou Quetaïa. Celui qui a une touffe de poils. Ce nom lui vient de l’abondance de ses poils.

El Besiss, l’effronté. Il a reçu ce nom parce que, du moment où il se raidit et s’allonge, il ne se soucie plus de qui que ce soit, relève sans pudeur les vêtements de son maître en redressant sa tête altière et le rend tout honteux, sans en ressentir lui-même de l’embarras. Il en agit de même sans vergogne avec la femme, dont il relève les vêtements pour mettre à nu les cuisses. Son maître peut éprouver de la honte de cette conduite, mais pour lui, sa raideur et son ardeur à se précipiter vers la vulve ne font que s’en accroître.

El Mostahi, le honteux. Ce membre, qui se rencontre chez quelques individus, ressent de la honte et est atteint de torpeur lorsqu’il se trouve en face d’une vulve qu’il ne connaît pas, et ce n’est qu’au bout d’un moment qu’il s’allonge et se raidit. Il arrive même son trouble est si violent qu’il reste impuissant au coït, ce qui arrive principalement quand un étranger se trouve là, auquel cas il devient incapable de tout mouvement.

El Bekkaï, le pleureur, ainsi nommé à cause des nombreuses larmes qu’il verse. Dès qu’il entre en érection, il pleure ; s’il voit une jolie figure, il pleure ; s’il voit une vulve grasse et blanche, il pleure ; s’il palpe une femme, il pleure. Il va même jusqu’à verser des larmes de souvenir.

El Hezzaz, le remuant. Il a été appelé ainsi parce que, dès qu’il entre dans la vulve, il se met à remuer vigoureusement jusqu’à ce qu’il ait apaisé son ardeur par la jouissance.

El Lezzaz, l’annexeur, tire son nom de ce que, lorsqu’il entre dans la vulve, il se met en mouvement en se collant vigoureusement poil contre poil et en s’efforçant même de faire pénétrer les testicules.

Abou Lâaba, le cracheur, a reçu ce nom parce que, à l’approche de la vulve, ou à son aspect, ou même à son simple souvenir, ou bien lorsque son maître touche le corps d’une femme, joue avec elle ou l’embrasse, sa salive coule et son œil devient larmoyant ; cette salive est surtout abondante lorsqu’il y a longtemps qu’il n’a coïté et elle arrive même à mouiller ses vêtements. Ce membre est très commun et il est peu d’hommes qui n’en soient doués.

Le liquide répandu est celui cité par les jurisconsultes sous le nom de Medi[nde 6]. On le reconnaît à ce que sa production est le résultat des badineries et des réminiscences lascives. Il est tellement abondant chez quelques personnes qu’il remplit la vulve et que l’homme en vient à croire, à tort, qu’il provient de la femme.

Ech Chelbak, le clapoteur. On l’a nommé ainsi parce que, lorsqu’il entre dans une vulve juteuse, il fait entendre un clapotement comparable au trépignement dans une mare.

El Hattak, le défonceur. C’est le membre vigoureux, qui s’allonge fortement et devient raide comme un bâton ou un os. Son nom lui vient de ce qu’il fait couler le sang en abondance, déchire les voiles des vulves des vierges et les met en sang[27].

El Fattache, le chercheur. Ce nom lui a été donné parce que, lorsqu’il est dans la vulve, il se met à tourner à droite et à gauche, comme s’il cherchait un objet perdu, et cet objet, c’est la matrice. Il n’a de cesse ni de repos qu’il ne l’ait trouvée.

El Hakkak, le frotteur. Il a reçu ce nom parce qu’il n’entre dans le vagin, qu’après avoir frotté sa tête à la porte de la vulve et sur le bas-ventre plusieurs fois. On le confond fréquemment avec le suivant.

El Mourekhi, le flasque : celui qui ne peut jamais pénétrer parce qu’il est trop mou, et qui se contente alors de se frotter à l’entrée de la vulve jusqu’à ce qu’il éjacule. Il ne procure aucun plaisir aux femmes, car il enflamme leur passion, sans parvenir à l’assouvir, et les rend alors maussades et intraitables.

El Motelâ, le fouilleur. Il est ainsi nommé parce qu’il pénètre dans des endroits insolites, qu’il prend connaissance de l’état des vulves et qu’il sait distinguer leurs qualités et leurs défauts.

El Mokcheuf, le découvreur. Il a été ainsi dénommé parce qu’en se raidissant et en dressant la tête, il relève les vêtements qui le cachent et trahit ainsi son maître en mettant à découvert ses nudités, et parce qu’il ne craint pas non plus de mettre à nu les vulves qu’il ne connaît pas, en relevant sans pudeur les vêtements qui les recouvrent. Il n’est accessible à aucun sentiment de honte qui le fasse ramollir, il ne se trouble jamais et ne respecte rien. Aucune question relative au coït ne lui est étrangère : il a une connaissance approfondie de l’état d’humidité, de fraîcheur, de sécheresse, d’étroitesse ou de chaleur des vulves, dont il reconnaît avec soin l’intérieur. Il est, en effet, certaines vulves qui sont extérieurement parfaites, tout à la fois potelées et d’une belle apparence, alors que leur intérieur laisse grandement à désirer et qu’elles ne procurent aucun plaisir à cause de leur peu de chaleur, de leur trop grande humidité, et d’autres défauts analogues. C’est parce qu’il se met à la découverte de tout ce qui peut intéresser le coït, qu’il a été appelé Mockcheuf.

Tels sont les principaux noms qui ont été donnés au membre viril, d’après les qualités qui le distinguent. Il est loisible à ceux auxquels ils ne suffiraient pas, d’en rechercher d’autres, mais j’ai cru devoir m’en tenir là, cette nomenclature m’ayant paru assez longue pour satisfaire le lecteur.

Nefzaoui p205.jpg
  1. (s) Note de l’éditeur : Ce mot s’écrit par un raïne (r grasseyée), lettre qui ne peut être rendue exactement en français
  2. (t) Note de l’éditeur. Il y a là un jeu de mots roulant sur les différentes significations du mot dekeur, et qu’il est impossible de rendre en français.
  3. (u) Note de l’éditeur. C’est-à-dire que ses règles cessèrent. Voir note p.
  4. (v) Note de l’éditeur. La loi musulmane exige que la femme qui a été répudiée par la formule trois fois répétée, ne puisse se remarier avec son premier mari, qu’après avoir été épousée, puis divorcée par un autre.
  5. (w) Note de l’éditeur. Cette image est tirée du genre de salut très usité que fait l’inférieur musulman à son supérieur, en lui saisissant avec les mains la tête qu’il abaisse pour l’amener à portée de sa bouche et l’embrasser.
  6. [texte arabe](x) Note de l’éditeur. Medi ميدي sperme qui s’écoule au seul contact d’une femme. Dictionnaire de Kazimirski, page 182. Il s’agit là, sans doute, du liquide prostatique.
  1. (85) Rabelais donne aussi, dans son histoire de Pantagruel, divers noms plus ou moins curieux de l’organe de la génération de l’homme.
  2. a, b et c (86) Le mot Abou veut dire père et Abou âïne traduit littéralement, signifierait le père de l’œil. Mais en réalité, ce mot employé de cette façon indique la possession, et il signifie « qui a ». Voir à ce sujet la Chrestomathie arabe de Bresnier page 67 de la 2e édition, note 2 du no XV.

    Il se joint ainsi à un grand nombre de mots pour former des surnoms ou des sobriquets. Il se reproduira fréquemment, employé dans ce sens, dans le cours de cet ouvrage.

  3. (87) Kamera, à une autre forme, signifie aussi gland du pénis. La racine Kemeur a le sens de « avoir le pénis ou le gland du pénis plus grand qu’un autre homme », et à la 3e forme, celui de « rivaliser avec quelqu’un de la grosseur du pénis. »
  4. (88) L’explication de ces rêves roule en général sur des mots qui ont plusieurs sens ou sur quelques rapprochements quant aux lettres radicales qui les composent.
  5. (89) Quelques Musulmans, afin de paraître plus jeunes qu’ils ne sont réellement, se font épiler les tempes. Cette opération, qui a pour résultat de ne produire aux yeux des étrangers qu’une apparence non fondée quant à la réalité, est considérée par l’auteur comme l’annonce d’une nouvelle mensongère.
  6. (90) Ce jeu de mots sur le jasmin est tiré de l’ouvrage d’Azeddine el Mocadesi intitulé Les oiseaux et les fleurs.
  7. (91) Abou Djahel, un des personnages les plus marquants des Koreïchites, était un ennemi juré de Mohammed et de sa doctrine. Son véritable nom est Âmeur ben Heïchame, de la famille des Moukhzoum. Il reçut aussi le surnom de Abou el Heukoum, l’homme doué de sagesse.
  8. (92) Ce rapprochement vient sans doute de ce que la calomnie porte des fruits amers, comme le fruit en question.
  9. (93) On doit s’avouer, en présence d’un rapprochement aussi forcé que celui de leufte avec Ameur fate, que l’auteur ne se laisse arrêter par aucune difficulté dans ses explications de songes.
  10. (94) Le brik est une petite cruche en terre pourvue d’une anse, que l’Arabe a ordinairement près de lui, remplie d’eau, pour se désaltérer. Elle a un goulot d’une forme particulière qui permet de boire avec facilité.
  11. (95) C’est le même genre de jeu de mots, par intervertissement de lettres, que l’auteur a employé pour l’explication des rêves qui ont donné lieu à la note 87. Dans le cas présent il
    roule sur les mots âoud اوود et oudaâ وودآ, adieux.
  12. (96) La Coriandre, keusbeur, possède, pour la conservation des viandes, une propriété analogue à celle du sel. Les viandes séchées et assaisonnées d’aromates portent le nom de Kheliâ : elles se conservent pendant plus d’une année. La coriandre est, en outre, un médicament stimulant et carminatif.
  13. (97) Cette historiette fait ressortir, non sans quelque sel, la double stupidité de l’homme qui en est le héros et qui, non content de se brûler sottement la barbe, et probablement aussi la peau, se délivre encore à lui-même un brevet d’imbécilité dans l’inscription qu’il ajoute de sa main sur le dos du livre.

    On peut, jusqu’à un certain point, établir un rapprochement entre l’espèce de démonstration qu’elle renferme et le fameux argument : Épiménide dit que les Crétois sont menteurs ; or Épiménide est Crétois, etc.

  14. (98) La racine de ces noms est Hamd, qui veut dire louer, glorifier, se conduire d’une manière digne d’éloges. Voir note (31)

    31 Hamdouna vient de la racine Arabe hamd, qui signifie louer ; d’où vient Ahmed, le plus digne d’éloges. C’est de cette même racine que vient aussi le nom de Mohammed, dont on a fait Mahomet.

  15. (99) La racine est Âla, qui signifie être haut, être élevé, au réel comme au figuré.
  16. (100) La racine est Neseur, qui veut dire aider, et par extension, remporter la victoire. Le mot Dieu est sous-entendu, aidé de Dieu, c’est-à-dire victorieux.
  17. (101) La racine est Selem, qui signifie être sain et sauf, échapper à un danger, être en sécurité.
  18. (102) Ahmed, Mohammed, etc.
  19. (103) La racine râd signifie tonner, proférer des menaces, sous la forme du verbe, et fracas, tremblement, malheur, calamité, sous celle du substantif.
  20. (104) Voyez les Hadits ou traditions laissées par Mohammed.
  21. (105) L’origine du mot Aïr, quoique ingénieuse, paraît peu vraisemblable : elle serait fondée sur ce que, dans l’écriture arabe, si l’on retourne un Kef précédé d’un lam, on en fait un lam-alif. C’est ainsi que de Kir, en retournant le Kef, on fait el Aïr.
  22. (106) La comparaison de l’auteur repose sur ce qu’en arabe, le mot qu’il emploie pour désigner les œufs, beïode, veut dire aussi testicules.
  23. (107) Le mot Heurmak n’est point un mot arabe usité. Sa signification s’applique à un cheval emporté, violent, indomptable.
  24. (108) Dans plusieurs passages de cet ouvrage il est recommandé à l’homme, lorsqu’il accomplit l’acte du coït, d’avoir bien soin de placer son membre dans le centre même du vagin au moment de la jouissance. Les savants arabes ne sont pas d’accord sur le sens de cette recommandation.
  25. (109) [texte arabe] Le mot Teufil تيوفيل du texte, rendu dans la traduction par parasite est le nom d’un homme qui habitait Coufa, ville importante de l’Irak et qu’on avait surnommé Teufil el Âaress, Teufil des noces, parce qu’il venait prendre part aux repas de noces, sans être invité.
  26. (110) Cette épithète de borgne a été également donnée au membre viril par Martial.
  27. (111) La racine du mot Hattak, employé par l’auteur, veut non seulement dire déchirer un voile, mais encore violer, déflorer une vierge. C’est une membrane, celle de l’hymen, qui se rompt violemment par suite d’un effort.