Cheikh Nefzaoui - La Prairie Parfumée - 16

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La Prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs (الروض العاطر في نزهة الخاطر)
Traduction par Baron R***.
(p. 164-203).

Chapitre IXe

Des divers noms des parties sexuelles
de la femme
[1]

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[texte arabe]

يل فيوردج El Feurdj La fente.
يل كيوسس El Keuss La vulve.
يل ريلمووني El Relmoune Le libidineux.
يل اسس El Âss Le primitif.
يز زيرزوور Ez Zerzour L’étourneau.
يچه چهيوكك Ech Cheukk La fente.
ابوو تيرتوور Abou Tertour Celui qui a une crête[2].
ابوو كهوچهيمي Abou Khochime Celui qui a un petit nez[2].
يل عويننفوند El Guennfond Le hérisson.
يس ساكووتي Es Sakouti Le taciturne.
يد ديوككاك Ed Deukkak Le broyeur.
يت تسيعويل Et Tseguil L’importun.
يل فيچهيفاچهي El Fechefache L’arrosoir.
يل بيچها El Bechâ L’horreur.
يل تاليب El Taleb Le désirant.
يل هاچيني El Hacene Le beau.
ين نيوففاكه En Neuffakh Le gonfleur.
ابوو دجيباها Abou Djebaha Celui qui a un front[2].
يل وواسا El Ouasâ Le vaste.
يل اريدي El Âride Le large.
ابوو بيلاووم Abou Belâoum Le glouton[2].
يل موكاوور El Mokâour Le sans-fond.
بوو چهيوفريني Abou Cheufrine Celui qui a deux lèvres[2].
ابوو اونعرا Abou Âungra Celui qui a une bosse[2].
يل روربال El Rorbal Le crible.
يل هيززاز El Hezzaz Le remueur.
يل ليززاز El Lezzaz L’annexeur.
يل موودد El Moudd L’accommodant.
يل مووايني El Mouâïne L’aidant.
يل موكيوببيوب El Mokeubbeub Le voûté.
يل ميوسبوول El Meusboul L’étendu.
يل مولكي El Molki Le duelliste.
يل موكابيول El Mokabeul Celui qui est toujours prêt à faire face.
يل هارراب El Harrab Le fuyard.
يس سابيور Es Sabeur Le résigné.
يل ماووي El Maoui Le juteux.
يل موسيوففاه El Moseuffah Le barré.
يل ميروور El Merour Le profond.
يل ادداد El Âddad Le mordeur.
يل مينسساسس El Menssass Le suceur.
يز زيونبوور Ez Zeunbour La guêpe.
يل هارر El Harr Le chaleureux.
يل لاديد El Ladid Le délicieux.

Pour ce qui est d’el Feurdj, la fente, il a reçu ce nom parce qu’il s’ouvre et se ferme lorsqu’il éprouve un violent désir du coït, comme la vulve de la jument en chaleur à l’approche de l’étalon. Ce mot s’applique d’ailleurs indistinctement aux parties naturelles des hommes et des femmes, car Dieu très élevé s’est servi de cette expression dans le Coran, Chapitre XXXIII Verset 35 : « el hafidine feuroudjahoum ou el hafidate[3] ». Feurdj signifie, dans son sens propre, fente, ouverture, passage ; car l’on dit : « J’ai trouvé dans la montagne un feurdj, » c’est-à-dire un passage ; il y a, alors, un soukoune sur le ra, et un fateha sur le djime, et, dans cette acception, il signifie également les parties sexuelles de la femme. Mais quand le ra est marqué d’un fateha, il veut dire la délivrance des infortunes[4].

Celui donc, qui aura vu en songe la vulve (feurdj) d’une femme saura que : s’il est dans le chagrin, Dieu l’en affranchira, s’il est dans l’embarras, il ne tardera pas à en sortir, et enfin, s’il est dans la pauvreté il deviendra riche, parce que la signification de feurdj, avec un déplacement de voyelles, est l’éloignement du mal. Par analogie, s’il demande une chose, il l’obtiendra ; s’il a des dettes, il s’en libérera.

Ce qu’il y a de préférable est de voir en songe la Vulve ouverte. Mais, si celle que l’on a vue appartenait à une jeune fille vierge, cela indiquerait que la porte des consolations doit rester fermée et qu’on n’obtiendra pas la chose qu’on désire. Car c’est un fait avéré que celui-là tombera certainement dans l’embarras et dans le chagrin et ne sera point heureux dans ses affaires, qui aura vu en songe la vulve d’une jeune fille vierge, pure de toute introduction. Mais si la vulve est ouverte, qu’il en voie le fond, ou bien qu’il lui soit caché, pourvu que l’entrée en soit libre,


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…Elle monta sur moi, et prenant mon membre dans sa main, elle le fit entrer complètement dans son vagin…

qu’il sache qu’il terminera avec succès les affaires les

plus difficiles, après avoir d’abord échoué, et cela aura lieu dans un court délai, par l’intermédiaire d’une personne à laquelle il n’aura jamais pensé.

Celui qui aura vu en songe un homme coïtant une jeune fille, puis se levant de dessus elle, si, à ce moment, il a pu apercevoir la vulve, terminera heureusement son affaire, après y avoir échoué, et cela par l’intermédiaire de l’homme qu’il aura aperçu. Si c’est lui-même qui coïtait la jeune fille, et s’il a vu sa vulve, il mènera lui-même les affaires les plus difficiles à bonne fin, et il sera la cause déterminante de leur succès dans toutes leurs phases. Généralement la vue de la vulve en songe est un signe de bon augure ; il en est de même lorsqu’on rêve du coït, et celui qui s’est vu en songe coïtant, s’il va jusqu’à l’éjaculation, verra réussir toutes les affaires qu’il peut avoir. Mais, si l’homme qui coïte voit la réalisation de ce qu’il désire, il n’en est pas de même de celui qui commence seulement l’opération et qui ne la mène pas jusqu’au bout. Celui-là, au contraire, ne réussira pas dans l’affaire qu’il aura entreprise.

On prétend que celui qui s’est vu en songe coïtant une femme, obtient ensuite d’elle tout ce qu’il désire.

[texte arabe]Celui qui se voit en rêve coïtant des personnes avec lesquelles les relations sexuelles lui sont interdites par la religion, comme sa mère, sa sœur, etc. (maharine ماهاريمي), doit considérer cette circonstance comme lui présageant qu’il se rendra à des endroits sacrés (moharreme موهارريمي) et qu’il ira même peut-être à la maison de Dieu la sanctifiée, et y verra le tombeau du Prophète(L’appel de note 115 se trouve sur cette page, mais la note est sur la suivante.)[5].

Quant au membre viril, il a été expliqué précédemment que la vue d’un accident arrivé à cet organe est l’indice de la perte de tout souvenir et de l’extinction de la race.

[texte arabe]La vue d’un pantalon (seroual سيرووال) est le pronostic d’une nomination à un emploi (oulaïa وولايا), à cause de l’analogie des lettres qui composent le mot seroual avec celles formant, par un déplacement de voyelles, les deux mots : sir (سير) va) (ouali ووالي nommé), va rejoindre le poste où tu es nommé. On raconte qu’un homme, qui avait rêvé que l’émir lui avait donné un pantalon, devint cadi. La vue en songe d’un pantalon est aussi un signe de protection pour les parties naturelles, et il présage le succès dans les affaires.

L’amande (louze لووزي), mot qui est composé des mêmes lettres que Zal زال, cesser, vu en songe, apprend à celui qui est dans le tourment, qu’il en sera affranchi, à celui qui est malade, qu’il guérira, enfin que tout mal s’éloignera de lui. Quelqu’un ayant rêvé qu’il mangeait des amandes ; demanda à un savant des explications à ce sujet : il lui fut répondu qu’en raison de l’analogie de lettres qui existait entre louz et zal, les maux qui l’affligeaient cesseraient. L’événement vint justifier cette explication.

La dent molaire,


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Les Songes

[texte arabe](deurss ديورسس), vue en songe, est un indice

d’inimitié. Celui, donc, qui aura vu sa dent tomber, aura l’assurance que son ennemi est mort. Cela vient de ce que deurss, molaire, est synonyme de deurss ديورسس ennemi, et qu’on peut dire à la fois : un tel est ma dent, et mon ennemi[6].

La fenêtre (taga تاعا)[7] et le soulier (medassa ميداسسا) rappellent la femme. La vulve ressemble en effet, quand la verge y pénètre, soit à une fenêtre par laquelle l’homme passe sa tête pour regarder, soit à un soulier qu’on chausse. Par suite, celui qui se sera vu en songe soit entrant par une fenêtre, soit chaussant un soulier, pourra avoir la certitude qu’il possèdera une femme jeune ou une vierge, si la construction est récente ou si le soulier est neuf et en bon état, mais que cette femme sera vieille, si la construction est ancienne ou si le soulier est vieux et usé. En un mot l’âge de la femme sera proportionné au degré de vétusté ou de nouveauté de la construction ou de la chaussure.

La perte du soulier présage à l’homme la perte de sa femme.

La vue en songe d’une chose pliée qui s’ouvre annonce un secret divulgué et rendu public. Quant à celle qui reste pliée, elle indique, au contraire, que le secret restera caché.

Si tu te vois en songe lisant une lettre, cela te fait connaître que tu acquerras des connaissances qui seront, suivant ce que tu auras lu, bonnes, si c’est le bien, et mauvaises dans le cas contraire.

Celui dont le rêve aura eu pour objet quelques passages du Coran ou des Traditions (Hadits) trouvera, dans les sujets qui y sont traités, l’indication qu’il devra en tirer. Ainsi, par exemple, « il vous accordera l’assistance de Dieu et la victoire immédiate[nde 1] » sera un indice de victoire et de triomphe. « Certes il (Dieu) est le plus habile parmi ceux qui décident[nde 2] » « Le ciel s’ouvrira et présentera ses portes nombreuses[nde 3] » et autres passages analogues indiqueront le succès. De la vue d’un passage relatif aux châtiments, on doit tirer le pronostic d’une punition ; de celle d’un passage traitant du bien on doit conclure à un heureux événement. Tel est ce passage du Coran où il est dit : « Celui qui pardonne les péchés et est terrible dans les châtiments[8]. »

Les rêves où il est question de poésie et de chant renferment en eux-mêmes leur signification, qui doit être tirée des indications fournies par le sujet qui y est traité.

Celui qui rêvera de chevaux, de mulets ou d’ânes peut espérer le bien, car le Prophète, que le salut et la miséricorde de Dieu soient sur lui ! a dit : « Le bonheur des hommes est attaché aux toupets de leurs chevaux jusqu’au jour de la résurrection ! » et il est écrit dans le Coran : « Dieu très élevé l’a voulu ainsi pour qu’ils vous servent de montures et d’apparat[9]. »

L’exactitude de ces pronostics est complète et ne saurait être révoquée en doute.

Celui qui se sera vu en rêve monté sur un âne, faisant le service de courrier et arrivant à destination, sera heureux en toutes choses ; mais, s’il tombe de son âne en route, c’est un signe qu’il sera en butte à des accidents et à des malheurs.

La chute du turban de la tête est un signe d’ignominie, parce que le turban est la couronne de l’Arabe.

Si dans ton rêve tu te vois pieds nus, ce sera un signe de perte : il en sera de même si tu te vois tête nue.

Au moyen de la transposition des lettres, on peut arriver à d’autres analogies.

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Ces explications ne sont pas ici à leur place, mais, pour éviter toute lacune et à cause de l’utilité que l’on en peut tirer, j’ai été amené à en parler dans ce chapitre. Les personnes qui désireraient en savoir plus long sur ce sujet n’auraient qu’à consulter le traité de Ben Sirine. Je reviens maintenant à ce qui est relatif aux noms des parties sexuelles de la femme.

El Keuss, la vulve[10]. Ce nom sert à désigner la vulve d’une femme jeune entre toutes. Cette vulve est très potelée et rebondie dans toute son étendue ; elle a les lèvres longues, la fente grande, les bords écartés et parfaitement symétriques, avec le milieu en saillie sur le reste ; elle est moelleuse, séduisante, parfaite dans tous ses détails. C’est sans contredit la plus agréable et la meilleure de toutes. Que Dieu nous accorde la possession d’une pareille vulve ! Amen ! Elle est chaude, étroite, sèche, à tel point qu’on dirait que le feu va en jaillit. Sa forme est gracieuse, son odeur suave : sa blancheur fait ressortir son milieu carminé. Enfin elle ne comporte aucune imperfection.

El Relmoune, la libidineuse[nde 4]. C’est le nom donné à la vulve de la jeune fille vierge.

El Âas, la primitive. C’est un nom applicable à toute vulve, quelle qu’elle soit.

Ez Zerzour, l’étourneau. C’est la vulve de la très jeune fille, ou, à ce que l’on prétend, celle de la femme brune.

Ech Cheukk, la fente. C’est la vulve de la femme maigre. Elle est comme une crevasse dans un mur, et l’on n’y voit pas la moindre apparence de chair. Que Dieu nous préserve d’elle !

Abou Tertour, celle qui a une crête[11]. C’est le nom que porte la vulve munie d’une crête rouge comme celle d’un coq, qui ressort surtout au moment de la jouissance.

Abou Khochime, la camuse. C’est celle qui a les lèvres[12] minces et la langue[11] petite.

El Guennfoud, le hérisson. C’est la vulve de la vieille femme décrépite, lorsque par suite de son grand âge sa peau est devenue repoussante et ses poils rudes.

Es Sakouti, la taciturne. Ce nom a été donné à la vulve avare de paroles. Le membre entrerait-il en elle cent fois par jour, qu’elle ne lui dirait absolument rien, et qu’elle se contenterait de regarder en observant le silence le plus complet.

Ed Deukkak, le broyeur, vagin ainsi nommé à cause de son mouvement de broiement sur le membre. Il a l’habitude, aussitôt après l’introduction, de se mettre à broyer sur lui à droite et à gauche, aspirant après la jouissance et cherchant à lui procurer la rencontre de sa matrice, de telle sorte que, si cela lui était possible, il absorberait aussi les deux testicules.

Et Tseguil, l’importune. C’est la vulve qui se montre insatiable pour le membre qui l’approche. Celui-ci passerait-il cent nuits entières avec elle et y pénétrerait-il cent fois par nuit, qu’elle ne s’en lasserait pas, ni ne s’en rassasierait, et qu’au contraire elle lui en demanderait encore. Si elle le pouvait, elle ne le laisserait pas sortir. Avec elle les rôles sont intervertis : le membre est le poursuivi et elle la poursuivante [nde 5]. Elle est rare, du reste, et on ne la rencontre que chez un petit nombre de femmes très-ardentes, qui sont tout feu, tout flamme.

El Fechefache, l’arrosoir. Vulve dont certaines femmes sont douées et qui, lorsqu’elles urinent, fait entendre à son orifice un bruissement sonore et retentissant.

El Bechâ, l’horreur. Vulve qui constitue par son aspect la plus détestable des créations, et qu’on rencontre chez quelques femmes. Que Dieu nous en préserve ! Elle est tellement horrible, que sa vue seule suffit pour faire tomber à l’instant le membre en érection.

El Taleb, le désirant. Ce vagin se rencontre en quelques femmes seulement ; chez les unes c’est une qualité naturelle, chez les autres c’est le résultat d’une continence prolongée. Ce qui le distingue, c’est qu’il demande le membre et qu’après l’avoir trouvé il ne veut pas s’en séparer que le feu de sa passion ne soit complètement éteint.

El Hacene, la belle. C’est la vulve blanche, grassouillette, arrondie en forme de dôme, en laquelle on ne saurait rien trouver de difforme, ni de flasque. La vue ne peut s’en détacher et, par elle, l’érection de faible devient violente.

En Neuffakh, le gonfleur. Vagin ainsi nommé parce que le membre à l’état de repos, qui s’approche de lui et, arrivant à son entrée, y frotte plusieurs fois sa tête, enfle et se dresse aussitôt. Il procure à celle qui le possède un bonheur excessif, car, au moment de la jouissance, il s’ouvre et se ferme comme celui de la jument en chaleur.

Abou Djebaha, celle qui a un front. Quelques femmes ont cette vulve, qui est très large et qui se distingue des autres par un pubis proéminent formant comme un front développé, charnu et large.

El Ouasâ, le vaste. C’est celui qui est large du pubis et qui fait dire de la femme qui le possède, qu’elle est large du vagin. On le dénomme ainsi parce qu’avant l’approche du membre il paraît fermé et impénétrable, à tel point qu’un meroud[nde 6] semble ne pouvoir y être introduit. Mais, lorsqu’un membre est à proximité et frotte son gland contre son milieu, il s’élargit considérablement,

El Âride, le large. C’est le vagin aussi large que long, c’est-à-dire très développé dans tous les sens, aussi bien d’un côté à l’autre que du pubis au périnée. C’est le plus beau qu’il soit donné à l’œil de voir. Ainsi que l’a dit le poète :

« Il a la blancheur éclatante d’un front.
« Par son ampleur dans tous les sens il ressemble à la lune.
« Par le feu ardent qui l’embrase il est comparable au soleil.
« On croirait qu’il va brûler la peau du membre qui l’approche,
« et celui-ci n’y peut pénétrer qu’humecté de salive.
« L’odeur parfumée qu’il répand est pleine de charme. »

On dit aussi que ce nom s’applique au vagin de la femme chargée d’embonpoint et de graisse. Lorsque celle-ci croise ses cuisses l’une sur l’autre, il ressort en saillie entre elles comme une tête de veau ; lorsqu’elle le met à découvert, il ressemble à un saâ[nde 7] de blé placé entre ses cuisses ; lorsqu’elle marche, il se dessine sous ses vêtements à chacun de ses pas, avec des mouvements ondulés. Que Dieu, dans sa bonté et sa générosité, ne nous prive pas d’un pareil vagin ! C’est celui de tous qui est le plus agréable, le plus célébré, le plus recherché.

Abou Belâoum, le glouton. C’est celui qui a un vaste gosier. Si le coït vient à lui manquer quelque temps et qu’un membre, s’approchant de lui, arrive près de sa bouche, il l’avale à l’instant même et n’en laisse pas la moindre trace, de même qu’un homme affamé se jette avec avidité sur la nourriture qu’on lui présente et même, s’il le pouvait, l’avalerait sans mâcher.

El Mokâour, le sans-fond. C’est le vagin qui se prolonge indéfiniment, ce qui fait que la matrice se trouve à une grande profondeur. Il nécessite l’emploi d’un membre des plus grandes dimensions : tout autre ne pourrait arriver à faire naître ses désirs amoureux.

Abou Cheufrine, celui qui a deux lèvres. Ce nom s’applique au vagin très développé de la femme excessivement corpulente. C’est aussi le vagin dont les lèvres, devenues flasques par suite de faiblesse et de dessèchement, sont longues et pendantes.

Abou Âungra, celle qui a une bosse. Cette vulve a au-dessus d’elle un Mont de Vénus proéminent, dur, qui se détache comme la bosse sur le dos du chameau et s’étend entre les cuisses comme la tête d’un veau. Que Dieu nous fasse jouir d’une pareille vulve ! Amen !

El Rorbal, le crible. Lorsque cette vulve reçoit un membre, elle se met à cribler par dessous, à droite et à gauche, en avant et en arrière, jusqu’à ce que la jouissance se produise.

El Hezzaz le remueur. Lorsque ce vagin a reçu le membre, il se met à remuer violemment sans interruption, jusqu’à ce que le membre ait atteint la matrice ; il ne prend dès lors aucun repos, qu’il n’ait fait arriver la jouissance et amené l’opération à son terme.

El Lezzaz, l’annexeur. On appelle ainsi le vagin qui, lorsqu’il a reçu le membre, se met à s’y coller en poussant et cherchant un contact aussi immédiat que possible, de telle sorte que, si la chose se pouvait, il ferait entrer les deux testicules.

El Moudd, l’accommodant. Ce nom s’applique au vagin de la femme qui éprouve depuis longtemps un ardent désir du coït. Dans sa satisfaction de voir un membre, il se complaît à le seconder dans ses mouvements de va et vient ; il lui offre sa matrice qu’il met à sa portée et ne saurait, du reste, rien lui offrir de préférable. Chaque fois que, par hasard, le membre désire visiter un endroit quelconque de son intérieur, il cherche à lui en faciliter l’abord, se prêtant ainsi gracieusement à cette envie ; il n’est recoin où il ne l’aide à pénétrer.

Lorsque la jouissance arrive et que le membre veut éjaculer, il va au devant de lui pour tenir sa matrice et son pompoir à sa portée et lui étreindre la tête. Il se met à le sucer d’une aspiration vigoureuse, faisant tous ses efforts pour en extraire le sperme destiné à couler dans la matrice. Et certes ! il n’y a pas de bonheur complet pour la femme qui possède un pareil vagin, si des flots de sperme ne se répandent dans l’intérieur de la matrice.

El Mouâïne, l’aidante. Cette vulve est ainsi nommée parce qu’elle aide le membre à entrer et à sortir, à monter et à descendre, en un mot dans tous ses mouvements ; de telle sorte que, lorsqu’il désire faire une chose, soit remuer, soit s’introduire, soit se retirer, elle s’empresse de lui en faciliter les moyens et de répondre à son appel. Par cette assistance, l’éjaculation devient facile et la jouissance complète ; celui, même, qui est long à éjaculer, arrive ainsi rapidement à la pâmoison et son sperme ne tarde pas à couler.

El Mokeubbeub, le voûté. C’est un vagin d’une grande taille, surmonté d’une proéminence charnue, sèche, arrondie en forme de voûte et composée d’une masse compacte et dure de chair et de graisse. Que Dieu nous en préserve !

El Meusboul, l’étendue. Ce nom s’applique à quelques vulves seulement, car personne n’ignore que toutes les vulves sont loin d’avoir la même conformation et le même aspect. La vulve de cette espèce s’étend, entre les cuisses, depuis le pubis jusqu’à l’anus. Elle s’allonge lorsque la femme est couchée ou debout, et se raccourcit lorsqu’elle s’assied, différant en cela de la vulve de forme arrondie. Elle apparaît comme un magnifique concombre étendu entre les cuisses[nde 8]. Chez quelques femmes elle fait saillie, sous des vêtements légers, et lorsqu’elles se renversent en arrière.

El Molki, la duelliste. C’est la vulve qui, chaque fois que le membre s’y étant introduit exécute son mouvement de va et vient, se porte à sa rencontre dans la crainte qu’il ne se retire avant l’arrivée de la jouissance, car il n’y a aucun bonheur pour elle sans le choc du membre contre la matrice, c’est-à-dire contre le pompoir, et c’est pourquoi elle s’empresse de lui présenter la matrice pour qu’il l’atteigne et y éjacule. Certaines vulves, animées d’un violent penchant sexuel et d’un ardent désir du coït, soit naturels, soit résultant d’une continence prolongée, se jettent avec avidité à la rencontre du membre qui approche de leur entrée, en ouvrant la bouche comme l’enfant à la mamelle poussé par la faim, auquel sa mère présente son sein. De même aussi avance et recule cette vulve à l’approche du membre pour le mettre en face de la matrice, craignant que seul il n’y arrive pas.

La vulve et le membre ressemblent alors à deux duellistes adroits : Chaque fois que l’un d’eux se précipite sur son adversaire, celui-ci oppose son bouclier pour parer le coup et repousser l’attaque. Le membre est représenté par le sabre, la matrice par le bouclier. Celui qui éjacule le premier est le vaincu et celui qui arrive à retarder le plus longtemps son éjaculation est le vainqueur, et certes ! c’est un beau combat ! C’est ainsi que je voudrais combattre, sans m’arrêter, jusqu’à la mort.

Ainsi a dit le poète :

« Je leur ai produit l’effet d’un fantôme subtil
« tissant comme tisse l’araignée,
« et ils m’ont dit : « Jusqu’à quand coïteras-tu ? »
« Je leur ai répondu : « Je coïterai jusqu’à la mort. »

El Mokabeul, celui qui est toujours prêt à faire face. Ce nom est donné au vagin des femmes passionnées pour le membre viril. C’est celui qui, non-seulement ne se laisse pas intimider par un membre raide et dur, mais même le dédaigne et en demande un plus raide encore.

C’est aussi celui qui ne s’effarouche, ni ne rougit de honte, comme les autres, lorsqu’on relève les vêtements qui le recouvrent et qui, loin de là, fait au membre le meilleur accueil, le fait asseoir sur son dôme et même, non content de lui accorder un siège sur son pubis, l’introduit et le fait pénétrer jusqu’au fond, à tel point qu’il est englouti en entier et que les testicules poussent ce cri : « Oh ! quel malheur pour nous ! Notre frère a disparu. Nous sommes dans la plus grande inquiétude sur son compte, car il a pénétré hardiment dans ce gouffre. Il faut certainement qu’il soit le courageux des courageux, pour aller ainsi, comme le dragon, s’introduire dans une caverne ! » Le vagin, entendant leurs plaintes et pour calmer le chagrin qu’ils éprouvent de la disparition de leur frère, leur crie : « N’ayez aucune appréhension à son sujet. Il est encore vivant et ses oreilles entendent vos discours. » Ils lui répliquent tous deux : « Si ce que tu dis est vrai, ô maître du beau visage, laisse-le sortir, que nous le voyions ! » Il leur répond : « Je ne le laisserai pas sortir vivant : il ne sortira que lorsque la mort l’aura frappé. » Les deux testicules l’implorent : « Quel péché a-t-il donc commis pour qu’il le paye de sa vie ? La prison et la bastonnade ne seraient-elles pas une punition suffisante ? » Le vagin répond : « Par l’existence de celui qui a créé les cieux ! il ne sortira pas, si ce n’est mort ! » Puis, s’adressant au membre, il lui dit : « Entends-tu les paroles de tes deux frères. Hâte-toi de te montrer à eux, car ton absence les a plongés dans l’affliction ! » Une fois qu’il a éjaculé, le membre se montre à eux réduit à rien, semblable à un fantôme ; mais ils refusent de le reconnaître lui disant : « Qui es-tu, ô phénomène de maigreur ? » « Je suis votre frère et j’étais malade, leur dit-il ; n’avez-vous pas vu dans quel état j’étais avant d’entrer ? J’allais frapper à la porte de tous les médecins pour les consulter. Mais, quel bon médecin j’ai trouvé là ! Il a traité ma maladie et l’a guérie sans m’avoir ausculté, ni examiné. » Les deux testicules répondent : « Ô notre frère, nous éprouvons les mêmes souffrances que toi, car nous ne faisons qu’un avec toi. Pourquoi Dieu n’a-t-il pas voulu que nous suivions un traitement ? » Aussitôt le sperme afflue en eux et leur volume augmente. Eux aussi veulent alors être traités pour leur maladie et ils lui disent : « Ô cher ami, hâte-toi de nous conduire au médecin pour qu’il voie notre maladie. Il saura sans nul doute nous guérir, car il a la connaissance de toute maladie ! » Ici se termine la conversation des deux testicules avec le membre, après la disparition de ce dernier, qui leur avait fait craindre qu’il ne fût tombé dans un silo ou dans un puits.

El Harrab, le fuyard. C’est le vagin qui, excessivement étroit et court, se trouve blessé par un membre très gros et très raide qui pénètre en lui : il cherche alors à lui échapper en fuyant par la droite et par la gauche. C’est aussi, prétend-on, le vagin de la plupart des vierges qui, ne connaissant pas encore le membre et en appréhendant l’approche, fait ses efforts pour le mettre à la porte lorsqu’il s’insinue entre les cuisses en vue de pénétrer chez lui.

Es Sabeur, le résigné. C’est celui qui, ayant reçu le membre, supporte patiemment tous ses caprices en fait de mouvements de va et vient et de haut en bas. C’est encore, dit-on, celui qui est de force à souffrir avec résignation les coïts les plus violents et les plus prolongés. Le coïterait-on cent fois qu’il n’en ressentirait aucune colère, ni aucun ennui, et que loin d’y trouver à redire il en rendrait, au contraire, grâces à Dieu. Il fait preuve de la même patience quand il a affaire à plusieurs membres qui y pénètrent successivement.

Ce genre de vagin se rencontre chez quelques femmes d’un tempérament ardent qui, si elles en trouvaient le moyen, ne laisseraient pas l’homme descendre de dessus leur poitrine, ni le membre se retirer un instant d’elles.

El Maoui, le juteux. Celui qui porte ce nom a un des quatre vices les plus abominables dont soient affectés les vagins ; je dirai même que c’est le plus détestable de tous, car la trop grande abondance des sécrétions nuit à la jouissance. Ce défaut devient encore plus sensible lorsque l’homme a préalablement, par ses caresses, provoqué la production du suintement. Que Dieu nous en préserve ! Amen !

El Moseuffah, le barré. Ce genre de vagin se rencontre rarement. Le défaut qui le distingue est quelquefois naturel. D’autres fois il résulte de l’opération de la circoncision maladroitement exécutée sur la femme[nde 9]. Il arrive, en effet, que l’opérante touche à faux avec son instrument et atteint les deux lèvres, ou même l’une d’elles seulement. Dans la cicatrisation de la blessure, il se forme une grosseur qui barre le passage et qui nécessite, pour rendre le vagin abordable au membre, une opération chirurgicale et l’emploi du bistouri.

El Merour, le profond. C’est celui qui a toujours la bouche ouverte et dont le fond est à perte de vue. Le membre le plus long peut seul y atteindre.

El Âddad, le mordeur. C’est celui qui, lorsque le membre y a pénétré et qu’il brûle d’une violente passion, se met, dans son ardeur, à s’ouvrir et à se fermer sur le membre. C’est surtout à l’approche de l’éjaculation que l’homme sent la tête de son membre mordue par le pompoir, qui n’est autre que la matrice. Et certes, il y a en celle-ci une force attractive, pareille à celle de l’aimant, qui aspire le sperme du membre et agrippe celui-ci, en l’attirant dans ses profondeurs les plus reculées. Si Dieu, dans sa puissance, a décrété que la femme doit devenir enceinte [nde 10], le sperme se concentre dans la matrice, où il est vivifié peu à peu ; mais si, au contraire, Dieu ne permet pas la conception, la matrice expulse la semence qui se répand dans le vagin.

El Meussas, le suceur. C’est le vagin qui, dominé par l’ardeur amoureuse, à la suite de nombreuses et voluptueuses caresses ou d’une longue continence, se met à sucer le membre qu’il reçoit, avec une force capable d’épuiser tout son sperme, agissant ainsi avec lui comme l’enfant qui tette sa mère. Les poètes l’ont décrit dans les vers suivants :

« Elle (la femme) met à nu, quand elle retrousse la robe qui le cache aux regards, un objet (la vulve) développé et arrondi,
« ressemblant à une coupe renversée.
« En y plaçant ta main, tu croirais saisir
« un sein bien conformé, saillant et ferme.
« Si tu le perces de ta lance, tu reçois de lui une cruelle morsure ;
« si tu veux te retirer, il te retient par un sucement pareil à celui de l’enfant qui tète.
« Si, ayant fini, tu veux recommencer, tu te trouves
« semblable à un foyer ardent au moment où s’en échappe un jet de flamme brûlante. »

Un autre poète, que Dieu exauce tous ses désirs au paradis ! a composé, sur cette nature de membre, ces remarquables vers :

« Semblable à un homme étendu sur le ventre[nde 11] elle » (la vulve) « remplit la main,
« qui a besoin de réunir tous ses efforts pour l’embrasser.
« La place qu’elle occupe est en saillie,
« et on croirait voir un bouton non épanoui de fleurs de palmier.
« Certes ! par la délicatesse de sa peau

« elle ressemble à la joue dépourvue de barbe d’un adolescent.
« Son conduit est étroit :
« L’entrée en est difficile
« et il semble, quand on la tente,
« qu’on se butte contre une cotte de mailles.
« Elle fait entendre, lors de l’introduction,
« le bruit du déchirement d’une étoffe neuve.
« Quand le membre la remplit,
« il en reçoit une vive morsure
« comme celle que ressent le sein de la nourrice
« entre les lèvres du nourrisson.
« Ses lèvres sont brûlantes
« Comme le feu qui s’embrase.
« Qu’il est doux, ce feu !
« Qu’il est délicieux pour mon être ! »

Ez Zeunbour, la guêpe. Ce genre de vulve est connu par la force et la rudesse de ses poils. Lorsque le membre s’en approche et cherche à y entrer, elle pique avec ses poils comme piquerait une guêpe.

El Harr, la chaleureuse. C’est une des vulves les plus dignes de louanges. La chaleur est, en effet, très recherchée dans la vulve et on peut dire que l’intensité de la jouissance que procure celle-ci est en raison de la chaleur qu’elle développe. Des poètes en ont fait l’éloge dans les vers suivants :

« La vulve possède une chaleur intense

« qui a son siège dans un cœur (intérieur) solide et une poitrine (fond) resserrée qui étreint ;
« Son feu se communique à celui (au membre) qui y pénètre
« et il égale en intensité celui qui embrase le cœur d’un amoureux.
« Elle est plus étroite qu’une chaussure[nde 12],
« plus étroite encore que le cercle qui limite la prunelle de l’œil. »

El Ladid, le délicieux. Il est réputé pour procurer un bonheur sans égal, comparable seulement à celui que ressentent les animaux féroces et les oiseaux de proie, et pour lequel ils se livrent des combats acharnés. Et si un pareil effet en résulte pour les animaux, que doit-il en être pour l’homme ! Aussi, tous les combats n’ont-ils pour cause que la recherche de la volupté que donne ce vagin et qui est le bonheur suprême en ce monde : c’est une partie des délices du paradis que Dieu en a tirée pour nous donner un avant-goût de celles qui nous y attendent, qui sont mille fois supérieures et au-dessus desquelles on ne peut mettre que la vue du Généreux (Dieu).

Il serait, certes, possible de trouver d’autres noms applicables aux organes sexuels de la femme : mais le nombre de ceux déjà mentionnés me paraît suffisant. L’objet essentiel de cet ouvrage est de rassembler toutes les choses remarquables et attrayantes intéressant le coït, afin que celui qui est dans le chagrin y trouve une consolation, et que celui qui éprouve des difficultés à entrer en érection y puise un moyen de remédier à sa faiblesse. De savants médecins ont écrit, que ceux dont le membre ne jouit plus de sa force et qui sont atteints d’impuissance, doivent, soit s’adonner à la lecture des livres traitant du coït et étudier avec soin les diverses manières de coïter, pour trouver leur vigueur passée, soit regarder les animaux se livrant au coït, moyen sûr pour se procurer des érections. Comme il n’est pas toujours, ni partout, facile de se procurer la vue d’animaux s’accouplant, les livres relatifs à l’acte de la génération sont d’une nécessité incontestable. Dans tous les temps et dans tous les pays, le petit comme le grand, le riche comme le pauvre, a du goût pour ce genre de livres, qui est aussi indispensable pour l’âme que l’est la pierre philosophale pour transformer les métaux communs en or.

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On raconte, et Dieu pénètre les choses les plus cachées et il est le plus sage ! qu’autrefois, avant le règne du grand calife Haroun er Rachid, vivait un bouffon qui était l’objet des railleries et des moqueries des femmes, des vieillards et des enfants. On le nommait Djoâïdi[13]. Il jouissait, à volonté, des faveurs de beaucoup de femmes et toutes le recherchaient et l’accueillaient à merveille. Il était très bien traité aussi par les princes, les vizirs et les caïds : tout le monde, en général, le choyait. À cette époque, en effet, tout ce qui était bouffon jouissait de la plus grande considération, et c’est pour cela que le poète a dit :

« Ô temps, de tous ceux qui passent ici-bas, tu n’élèves que
« celui qui se conduit en fou et en bouffon,
« ou celui dont la mère est une prostituée,
« ou celui dont l’anus sert d’encrier[nde 13],
« ou bien celui qui, depuis son enfance, exerçant le métier d’entremetteur,
« n’a eu d’autres occupations que de faciliter les relations entre les deux sexes. »

Djoâïdi faisait le récit suivant :

Histoire de Djoâïdi et de
Fadehat el Djemal

J’étais amoureux d’une femme remplie de grâces et de perfections, douée d’une taille exquise et de tous les attraits imaginables. Elle avait des joues comme des roses, un front éclatant, des lèvres comme du corail, des dents comme des perles, des seins comme des grenades. L’ouverture de sa bouche ressemblait au chaton d’une bague ; sa langue paraissait être incrustée de pierres précieuses, ses yeux noirs et bien fendus avaient la langueur du sommeil et sa parole avait la douceur du sucre. Elle était douée d’un embonpoint remarquable et sa chair était moelleuse comme le beurre frais et pure comme le diamant.

Quant à sa vulve, elle était blanche, proéminente, arrondie comme une voûte ; le milieu en était rouge et le feu en sortait ; elle ne recélait pas la moindre trace d’humidité, car douce au toucher, elle était excessivement sèche. Dans la marche, elle ressortait en relief comme un dôme élevé et comme un plat retourné. Au repos, elle se dessinait entre ses cuisses, sur son corps étendu, comme un jeune enfant dormant sur le sein de sa mère ou comme un chevreau couché sur son éminence.

Cette femme était ma voisine. Toutes les autres femmes jouaient et riaient avec moi, me plaisantaient et prenaient un grand plaisir à mes propos. Je me rassasiais de leurs baisers, de leurs étreintes et de leurs mordements, du sucement de leurs lèvres, de leurs seins et de leurs cous ; je les coïtais, toutes, sauf ma voisine, et, parmi elles, cependant, je ne désirais posséder que celle-ci qui, loin de plaisanter avec moi, m’évitait au contraire. Lorsque je parvenais à la prendre à part, à badiner avec elle et à exciter sa gaîté et que j’en venais à lui parler de mes désirs, elle me récitait des vers dont le sens m’échappait et que voici :

« J’ai vu, entre les montagnes, une tente solidement plantée,
« que sa hauteur fait apparaître aux yeux de tous au milieu des airs.
« Mais le pieu qui soutenait son milieu a été arraché

« et elle est restée comme un vase sans anse,
« ses cordes se sont détendues et son centre
« s’est affaissé et a formé un creux semblable à un chaudron étamé. »

Chaque fois, donc, que j’entretenais cette femme de mes désirs, elle me répondait par ces vers, dont je ne saisissais pas le sens et auxquels il m’était impossible de répliquer, ce qui ne faisait qu’exciter mon amour. J’interrogeai donc tous ceux que je connaissais parmi les sages, parmi les philosophes, et parmi les savants en fait de poésie ; mais aucun ne put me donner une solution qui satisfît mon cœur et calmât ma passion.

Je continuais toutefois mes investigations, lorsque, à force de consulter tout le monde à ce sujet, j’entendis parler d’un savant nommé Abou Nouass[14], qui habitait un pays éloigné, et qu’on m’indiqua comme étant le seul capable de trouver le mot de l’énigme. Je me rendis auprès de lui : je lui appris ce qui s’était passé entre cette femme et moi, et je lui récitai les vers.

Abou Nouass me dit : « Cette femme t’aime à l’exclusion de tout autre, elle est d’une forte corpulence et elle a beaucoup d’embonpoint. » Je lui répondis : « Oui c’est exact. Tu en fais le portrait comme si elle était devant toi, sauf en ce qui concerne son amour pour moi, dont elle ne m’a, jusqu’à présent, donné aucune preuve. » — « Elle n’a pas de mari. » — « C’est vrai ! » lui dis-je encore. Puis il ajouta : « J’ai lieu de présumer que ton membre est de petite dimension, et un tel membre ne saurait ni lui procurer de jouissance, ni apaiser ses feux, car il lui faut un amant ayant un organe de la grosseur de celui d’un âne. Peut-être, n’en est-il pas ainsi ? Dis-moi la vérité sur ce point ? » Lorsque je l’eus rassuré à cet égard, en lui affirmant que mon membre, qui venait de se raidir à l’expression de ce doute, était d’une fort belle taille, il me dit que, dès lors, toute difficulté se trouvait levée, et m’expliqua ainsi le sens des vers : « La tente, solidement plantée, représente la vulve de grande dimension, et fort élevée, et les montagnes entre lesquelles elle se dresse sont les cuisses. Le pieu qui soutenait son milieu a été arraché, veut dire qu’elle n’a pas de mari, par comparaison du pieu qui supporte la tente avec le membre viril qui soutient les lèvres de la vulve. Elle est restée comme un vase sans anse, signifie que, si le seau n’est pas pourvu d’une anse qui permette de le suspendre, il n’est bon à rien et inutile, le seau représentant la vulve et l’anse la verge. Les cordes se sont distendues et son centre s’est affaissé, c’est-à-dire, de même que s’affaisse la tente qui n’a pas un pieu pour la maintenir au milieu, inférieur en cela à la voûte qui tient debout sans être appuyée par son centre, de même la femme qui n’a pas de mari ne saurait éprouver un bonheur complet. Pour ce qui est de ces paroles : a formé un creux semblable à un chaudron étamé, tu jugeras combien Dieu a rendu cette femme lubrique dans sa comparaison : elle met en parallèle sa vulve avec un chaudron servant à préparer le tserid[15] ! Écoute : Lorsqu’on met le tserid dans un chaudron, il ne peut devenir bon que si on le remue au moyen d’un medeleuk[nde 14] long et solide et en maintenant le chaudron avec les pieds et les mains. Ce n’est qu’ainsi qu’on peut obtenir une bonne préparation. Mais il n’en est pas de même si on se sert d’une petite cuiller, car la ménagère se brûle les doigts à cause du peu de longueur du manche, et la préparation se fait mal. C’est le symbole de ce qu’est cette femme, ô Djoâïdi : Si ton membre n’a pas les dimensions d’un medeleuk convenable pour la bonne préparation du tserid, il ne lui procurera aucune satisfaction ; si, en outre, tu ne la serres pas contre ta poitrine, si tu ne l’étreins pas avec tes mains en t’aidant de tes pieds, il est inutile que tu ambitionnes ses faveurs ; enfin, si tu la laisses se consumer par son propre feu, de même que le fond du chaudron brûle si on n’a pas le soin de remuer avec le medeleuk, tu ne lui auras pas fait atteindre le but qu’elle recherche.

« Tu vois maintenant ce qui l’empêchait d’accéder à tes désirs : elle craignait qu’après avoir allumé sa flamme, tu ne fusses pas en état de l’éteindre.

« Mais, quel est le nom de cette femme, ô Djoâïdi ?

« Fadehat el Djemal, (l’aurore de la beauté), répondis-je.

« Retourne vers elle, dit le savant, porte-lui ces vers, et ton affaire aura une heureuse issue, s’il plaît à Dieu ! Puis tu reviendras vers moi, et tu me feras connaître tout ce qui se sera passé entre vous deux. »

Je le lui promis, et Abou Nouass me récita les vers suivants :

« Ô Fadehat el Djemal, prends patience :
« J’ai compris tes paroles et mon obéissance éclatera aux yeux de tous.
« Ô toi l’estimée, la chérie de quiconque
« peut jouir de tes charmes et en tirer gloire.
« Ô prunelle de mes yeux, tu présumais que je serais
« embarrassé, pour te rendre une réponse lumineuse.
« Mais, certes ! c’était ton amour qui s’était insinué dans mon cœur
« et avait troublé ma raison aux yeux de tous, comme tu vois.
« Tous me considèrent comme possédé du démon ;
« ils m’appellent baladin, bouffon, plaisant.
« Or, par Dieu ! qu’y-a-t-il en moi en fait de bouffonnerie ? Serait-ce que
« nul n’a un membre de la dimension du mien ? Tiens, mesure-le, le voilà !
« Quiconque en goûte, contracte pour moi une tendresse extrême
« et un amour violent. C’est un fait certain et avéré,
« que sa longueur est comme celle d’une colonne qui se voit de loin.

« S’il se dresse, il me met à nu et me rend honteux.
« Prends-le, mets-le dans ta tente qui
« s’élève entre les montagnes connues.
« Il s’y collera d’une manière merveilleuse ; tu ne verras point
« en lui de relâchement et, tant qu’il y restera, il restera planté comme un clou.
« Prends-le donc : qu’il devienne la poignée du vase dont
« tu m’as parlé, alors qu’il était vide et sans anse.
« Viens, examine-le et apprécie promptement
« Combien il est énorme dans son érection vigoureuse et sans pareille !
« Si tu désires un medeleuk convenable,
« un medeleuk raboteux pour le placer entre tes cuisses,
« prends celui-ci, mets-le au milieu de ton chaudron.
« Il n’en résultera que du bien, ô ma maîtresse, ton chaudron serait-il même étamé[nde 15] ! »

Ayant appris ces vers par cœur, je pris congé d’Abou Nouass et je retournai auprès de Fadehat el Djemal. Elle se trouvait seule, suivant sa coutume. Je frappai un léger coup à la porte ; elle sortit aussitôt belle comme un lever de soleil et, venant à moi, elle me dit : « Ô ennemi de Dieu, quelle affaire t’amène chez moi en ce moment ci ? » Je lui répondis : « Une affaire très importante, ô ma maîtresse. » « Explique la, je verrai s’il est en mon pouvoir de la résoudre ; » me dit-elle. « Je ne t’entretiendrai de cela que lorsque la porte sera fermée » lui répondis-je. « Ta hardiesse est bien grande aujourd’hui ! » répliqua-t-elle. « C’est vrai ! ô ma maîtresse ! La hardiesse est une de mes qualités » lui dis-je.

Elle me dit alors : « Ô ennemi de toi-même ! ô le plus méprisable des gens de ta race ! Si je ferme la porte et si tu n’as pas de quoi satisfaire mes désirs, que ferai-je de toi ? figure de Juif ! » — Tu me feras partager ta couche et tu m’accorderas tes faveurs. »

Elle se mit à rire et dit à une esclave, quand nous fûmes entrés, de fermer la porte de la maison. Comme de coutume, je lui demandai sa réponse à mes propositions ; elle me récita alors les vers que j’ai déjà mentionnés. Lorsqu’elle eut fini, je me mis à lui débiter ceux que m’avait appris Abou Nouass.

À chacun des vers qu’elle entendait je la voyais se pâmer devant moi : elle s’affaissait, elle bâillait, elle s’étirait, elle soupirait. Je reconnus à cela que j’arriverais à mon but. Lorsque j’eus terminé, mon membre se trouva dans un tel état d’érection qu’il devint comme une colonne s’allongeant devant moi. Lorsque Fadehat el Djemal le vit en cet état, elle ne pût résister ; elle se précipita sur lui, le prit dans ses mains et se mit à l’attirer vers ses cuisses. Je lui dis alors : « Ô prunelle de mes yeux, cela ne peut se passer ici, entrons dans ta chambre. » Elle me répondit : « Laisse moi tranquille ô fils de la débauchée. Par Dieu ! je perds la raison lorsque je vois ton membre s’allonger ainsi et soulever tes vêtements. Ô le beau membre ! Je n’en ai jamais vu de plus beau ! Fais-le pénétrer dans cette vulve délicieuse, potelée, qui rend amoureux et soucieux tout homme qui entend faire la description, pour laquelle tant d’hommes sont morts d’amour et dont tes maîtres et seigneurs, eux-mêmes, n’ont pu obtenir la possession. »

Je lui dis ensuite : « Je ne consentirai pas à le faire ailleurs que dans ta chambre. » Elle me répondit : « Si tu n’entres à l’instant dans cette vulve potelée, je vais mourir ! » Comme j’insistais encore pour qu’elle se rendît dans sa chambre, elle s’écria : « Non ! c’est de toute impossibilité, je ne pourrais patienter jusqu’à ce moment là ! »

Je voyais, en effet, ses lèvres trembler ses yeux devenir humides. Un tremblement général la saisit, et, son visage changeant de couleur, elle se coucha sur le dos, en découvrant ses cuisses dont la blancheur éclatante faisait ressembler sa chair à du cristal teinté d’incarnat.

J’examinai alors sa vulve, formant une blanche coupole dont le centre était pourpre ; elle était douce et charmante. Je la voyais s’ouvrir, comme celle de la jument en chaleur à l’approche de l’étalon.

Elle saisit à ce moment mon membre et se mit à l’embrasser en disant : « Par la religion de mon père ! il faut qu’il pénètre dans ma vulve ! » Puis, s’approchant de moi, elle l’attirait vers son vagin.

Lorsque je la vis en cet état, je n’hésitai plus à lui porter secours avec mon membre, que je plaçai à la porte de sa vulve. Celle-ci continuait à s’ouvrir et à se fermer et, lorsque la tête de mon membre en toucha les lèvres, la jouissance pénétra aussitôt dans tout l’être de Fadehat el Djemal. J’entendais ses soupirs, ses gémissements, ses pleurs, et elle me tenait serré contre son sein.

Je profitai de ce moment pour admirer de nouveau, les beautés de sa vulve. Elle était magnifique, et son centre pourpré en faisait ressortir la blancheur. Elle était rebondie et ne présentait pas la moindre imperfection ; elle s’élevait au-dessus du ventre comme un dôme à courbe gracieuse. En un mot, c’était la plus belle création qu’il soit donné aux yeux de voir ! Qu’elle soit bénie de Dieu, le meilleur des Créateurs !

Quant à celle qui possédait cette merveille, il n’y avait pas, dans son temps, de femme supérieure à elle.

Lors, donc, que je la vis dans de pareils transports, se trémoussant comme un oiseau auquel on coupe le cou avec un couteau, j’entrai en elle avec la rapidité de la flèche. Toutefois, supposant qu’elle ne pourrait recevoir que le tiers de mon membre, j’avais pris mes mesures en conséquence. Mais elle remuait ses fesses avec acharnement et me disait : « Cela ne suffit pas à mon ardeur ! » Donnant alors une secousse, j’introduisis mon membre tout entier : elle poussa un grand cri, puis se mit à remuer aussitôt d’un remuement formidable, dont aucun ne saurait approcher.

Elle disait : « N’oublie pas les coins, ni le haut, ni le bas ! Mais surtout ne néglige pas le milieu ! » « Au milieu ! » répéta-t-elle par trois fois. « Quand le moment du plaisir arrivera, que ce soit dans ma matrice que tu éteignes mon ardeur et que tu apaises mes feux ! » Puis nous nous mîmes à remuer, elle et moi, en coïtant, d’un mouvement réciproque de va et vient dont la cadence était délicieuse. Nos jambes s’entrelaçaient, nos muscles se détendaient, et cela dura, au milieu des baisers et des étreintes, jusqu’au moment où la jouissance nous arriva simultanément. Nous interrompîmes alors notre mouvement et nous reprîmes haleine après ce mutuel assaut.

Je voulus retirer mon membre, mais elle s’y refusa et me pria de ne point l’ôter ; j’accédai à son désir ; puis, un instant après, le retirant elle-même, elle l’essuya et le replaça dans sa vulve. Nous reprîmes aussitôt le mouvement, nous embrassant, nous étreignant et faisant remuer nos fesses avec un accord mutuel. Nous agîmes ainsi pendant un moment, puis nous nous levâmes et entrâmes dans sa chambre, avant d’avoir ressenti, cette fois, la jouissance. Elle me donna alors un morceau de racine[16] en me recommandant de le tenir dans ma bouche, m’assurant que, tant que je l’y conserverais, mon membre ne dormirait point. Puis elle me prescrivit de me coucher, ce que je fis. Elle monta sur moi et, prenant mon membre dans sa main, elle le fit entrer complètement dans son vagin. Je m’émerveillais de sa vulve, de la vigueur dont elle était capable et de la chaleur brûlante qu’elle émettait. Son pompoir surtout excitait mon admiration. Je n’en ai jamais vu de pareil : il aspirait mon membre avec une ardeur extrême et agissait sur sa tête avec la plus grande vigueur.

À l’exception de Fadehat el Djemal, aucune femme n’avait pu jusqu’alors recevoir et supporter mon membre entier. J’ai lieu de croire qu’il en était ainsi parce qu’elle était fort grosse et fort grasse, et que sa vulve était large et profonde, ou pour d’autres motifs semblables.

Fadehat el Djemal, s’étant donc placée sur moi, se mit à monter et à descendre, à pousser des cris, à pleurer, à ralentir, puis à accélérer, à cesser tout mouvement ; elle regardait si une partie de mon membre était en dehors de sa vulve, puis elle le retirait pour le voir en entier, et le plongeait pour le faire disparaître complètement. Elle continua de cette façon jusqu’à l’arrivée de la jouissance. Enfin elle descendit de dessus moi et, s’étant couchée à son tour, elle me prescrivit de monter sur elle. Cela fait, elle introduisit mon membre tout entier dans sa vulve.

Nous continuâmes à nous caresser ainsi, en changeant alternativement de position, jusqu’à la tombée de la nuit. Je crus à propos de témoigner le désir de me retirer, mais elle s’y opposa et exigea de moi, par serment, que je restasse. Je me dis en moi-même : « Cette femme ne veut me laisser partir à aucun prix ; mais, lorsque le jour se lèvera, Dieu me conseillera. »

Je restai donc, et pendant toute la nuit nous ne cessâmes de nous caresser, ne donnant que très peu d’instants au repos.

J’ai compté que, pendant le jour et pendant la nuit, j’avais accompli vingt-sept fois l’acte du coït, et chacun de ces actes était interminable. Aussi croyais-je ne plus pouvoir sortir de chez cette femme !


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Coït de l’homme excessivement petit avec une femme d’une taille très élevée

Étant pourtant parvenu à m’échapper j’allai retrouver Abou Nouass et lui fis part de tout ce qui m’était arrivé. Il en fut émerveillé et stupéfié, et ses premières paroles furent : « Ô Djoâïdi, tu ne peux avoir ni autorité, ni influence sur une pareille femme, et elle te ferait faire pénitence de tous les plaisirs que tu t’es procurés avec les autres ! »

Cependant Fadehat el Djemal, afin de faire cesser les bruits fâcheux pour sa réputation, qui circulaient sur son compte, me proposa de devenir son mari légitime. Moi, tout à l’opposé, je ne cherchais que l’adultère. J’allai en cette occurrence consulter Abou Nouass, qui me dit : « Si tu épouses Fadehat el Djemal, tu ruineras ta santé et Dieu te retirera sa protection[17], et le pire sera qu’elle te rendra cocu, parce qu’elle est insatiable de coït, s’y livrerait-elle le jour et la nuit. Garde-toi bien, ô Djoâïdi, d’épouser une femme avide de coït, ce serait t’exposer à être couvert d’opprobre. » Je lui répondis : « Telle est la nature des femmes[18] ; elles sont insatiables en ce qui concerne leurs vulves, et pourvu qu’elles satisfassent leurs désirs, peu leur importe que ce soit avec un bouffon, un nègre, un valet, ou bien un homme méprisable et rejeté par la société. »

À cette occasion, Abou Nouass dépeignit le caractère des femmes dans les vers suivants :

« Les femmes sont des démons et elles ont été créées ainsi ; nul ne

« peut placer sa confiance en elles : c’est une vérité connue.
« Quand elles aiment un homme, ce n’est que par caprice,
« et celui pour lequel elles se montrent cruelles en devient d’autant plus éperdument amoureux.
« Êtres pétris de trahisons et de ruses ! je proclame que l’homme qui
« est de bonne foi dans son amour est un homme perdu.
« Que celui qui ne me croît pas sincère vérifie la vérité
« de mes paroles, et que, pendant de longues années, l’amour exerce son empire sur lui !
« Lors même que, généreux envers elles, tu leur aurais donné tout ce que possède
« ta main, et cela pendant un espace de temps infini,
« elles diraient encore : « J’en jure par Dieu ! n’ont point vu
«  mes yeux le bien dont il prétend m’avoir comblé » ; et cependant, pour elles tu te seras réduit à une pauvreté évidente.
« Tous les jours elles te répètent : « donne, ô homme ;
« lève-toi, achète, loue, exagère tes bontés[nde 16]. »
« Si elles ne voyaient un profit à tirer de toi, elles se tourneraient contre toi,
« elles te calomnieraient et te rendraient méprisable aux yeux de tous.

« Elles ne reculent pas devant l’assistance d’un esclave, à défaut de maître, lorsqu’en elles
« se réveille la passion, et c’est là que leur fourberie se fait jour,
« certes ! qu’elles aient la vulve ouverte (en chaleur),
« et elles ne songent qu’à la boucher au moyen d’un membre en érection !
« Que Dieu nous préserve donc des ruses des femmes
« et surtout de la calamité des vieilles et cela est connu de tous !

illustration
  1. (y) Note de l’éditeur. Coran chapitre LXI Verset 13.
  2. (z) Note de l’éditeur. Coran chapitre VII Verset 87.
  3. (a’) Note de l’éditeur. Coran chapitre LXXVIII Verset 19.
  4. (b’) Note de l’éditeur.Tous les qualificatifs donnés dans le texte arabe aux parties sexuelles de la femme se rapportent au mot feurdj, qui est du masculin et qui est rendu dans la traduction par les expressions vulve et vagin. Pour la commodité de l’exposition et pour éviter la répétition fatigante du même mot, le traducteur s’est servi, dans les explications, tantôt de l’une, tantôt de l’autre de ces expressions, ce qui donne lieu parfois à l’anomalie suivante : le mot arabe transcrit en français est toujours au masculin, comme dans le texte arabe, parce qu’il se rapporte à feurdj, tandis que le mot français qui en est la traduction est, soit au masculin, soit au féminin, suivant que c’est le mot vagin ou vulve qui est employé dans, les explications qui suivent. Cette irrégularité apparente, peut choquer les personnes qui ont quelques notions d’arabe, mais elle est pour ainsi dire imposée.

    Il est nécessaire d’ajouter que les mots vulve et vagin ne traduisent, ni l’un ni l’autre, exactement l’expression

    arabe feurdj qui désigne l’ensemble des organes de copulation de la femme. En effet, l’expression vulve, dans son sens le plus étendu, est affectée à la partie externe de ces organes limitée par la membrane hymen, et vagin s’applique uniquement au conduit destiné à recevoir le membre viril et compris entre l’hymen et la matrice, dont il embrasse le col. Ces deux mots sont donc improprement employés pour rendre feurdj. Mais comme il n’était pas possible de se servir, dans les descriptions, d’une périphrase embarrassante, comme organes de copulation de la femme, et encore moins du mot bas et trivial comme con, il a été jugé convenable d’user de la figure de rhétorique appelée synechdoque, c’est-à-dire de désigner le tout par la partie, en employant tour à tour les deux mots sus mentionnés, mais de préférence vulve, quand il s’agit de qualités extérieures, et vagin quand la description a trait à des qualités intérieures.
  5. (c’) Note de l’éditeur. L’auteur se sert des deux expressions consacrées dans la procédure, el meutloub [texte arabe](يل ميوتلووب et el taleb يل طاليبٌ qui signifient le défendeur et le demandeur.
  6. (d’) Note de l’éditeur. Le Meroud est une petite baguette ou, si l’on veut, le style dont les femmes arabes se servent pour se noircir les yeux ou y introduire un collyre.
  7. (e’) Note de l’éditeur. Le saâ est une mesure de capacité employée pour les céréales et dont la contenance varie, suivant les localités, de 3 à 8 doubles décalitres. Il est certain que l’auteur, en prenant ce terme de comparaison a eu en vue la forme arrondie du sac renfermant le grain et non le volume d’un saâ.
  8. (f’) Note de l’éditeur. Cette comparaison de la vulve avec un concombre ne saurait manquer de nous paraître ridicule, et pourtant elle est très répandue chez les Arabes. Elle sert à désigner la vulve douée de qualités qui la font rechercher.
  9. (g’) Note de l’éditeur. On pratique sur les filles, dans certaines contrées de l’Afrique, une opération analogue à la circoncision, consistant à exciser une portion des petites lèvres de la vulve, qui prennent quelquefois, dans ces climats, un accroissement démesuré. Dictionnaire de médecine de E. Littré et Ch. Robin, page 306.
  10. (h’) Note de l’éditeur. Périphrase arabe pour dire « s’il y a (ou s’il n’y a pas) conception.
  11. (i’) Note de l’éditeur. Quelque bizarre qu’elle puisse paraître, cette comparaison a été reproduite telle qu’elle était dans le texte qu’il nous a été donné de consulter.
  12. (j’) Note de l’éditeur. Cette comparaison est un peu triviale pour figurer dans des vers. Elle peut paraître même incompréhensible ; pourtant elle s’explique par ce fait que les chaussures dont se servent les Arabes sont retenues au pied par les bords supérieurs qui sont plus étroits que le pied lui-même, ce qui nécessite un effort pour y pénétrer.
  13. (k’) Note de l’éditeur. Périphrase pour désigner un mignon, un bardache. Elle a son origine dans cette comparaison, assez connue des Arabes, de la plume et de l’encrier avec la verge et la vulve.
  14. (l’) Note de l’éditeur. Medeleuk vient de deleuk, masser, pétrir. C’est une grosse cuillère en bois qui correspond comme forme et comme dimension à notre poche. Cette dernière expression toutefois, étant vulgaire, n’a pas été employée.
  15. (m’) Note de l’éditeur. On dit vulgairement en arabe, d’un homme difficile à satisfaire, qu’il est mokeus deur, étamé. Ce vers renferme sans doute une idée analogue se rapportant à la vulve.
  16. (n’) Note de l’éditeur. Littéralement Saisis par tes bontés. Locution consacrée pour exprimer les attentions que l’homme a pour la femme.
  1. (112) Voici quelques noms que Rabelais donne aux parties naturelles de la femme : Le serrecropière, le Calibistris, le Pertuys, le Boursavitz.
  2. a, b, c, d, e et f (86) Le mot Abou veut dire père et Abou âïne traduit littéralement, signifierait le père de l’œil. Mais en réalité, ce mot employé de cette façon indique la possession, et il signifie « qui a ». Voir à ce sujet la Chrestomathie arabe de Bresnier page 67 de la 2e édition, note 2 du no XV.

    Il se joint ainsi à un grand nombre de mots pour former des surnoms ou des sobriquets. Il se reproduira fréquemment, employé dans ce sens, dans le cours de cet ouvrage.

  3. (113) La traduction littérale est « ceux réservant et celles réservant leurs organes sexuels », feurdj étant rendu par organe sexuel.

    Cette citation démontre bien, en effet, que le mot feurdj s’applique aux deux sexes. Le passage peut être traduit en Français par « les personnes chastes des deux sexes », et c’est ainsi qu’il est rendu dans la traduction du Coran de Kazimirski.

  4. (114) En Arabe, les mots composés des mêmes lettres peuvent avoir diverses significations, en raison des voyelles dont ils sont affectés.
  5. (115) Le mot Harame, en arabe signifie à la fois action illicite, défendue, et chose sacrée. Le mot moharreme موهارريمي indique le territoire sacré de La Mecque où les Musulmans vont en pèlerinage ; maharime ماهاريمي désigne les personnes avec lesquelles la religion interdit de coïter.
  6. (116) Le mot Arabe deurss signifie à la fois dent molaire et homme difficile à vivre, d’où, par extension, ennemi.
  7. (117) Les arabes se servent quelquefois en plaisantant de l’expression taga, qui veut dire fenêtre, pour désigner les parties sexuelles de la femme.
  8. (118) « Qui efface les péchés, agrée la pénitence, et qui est terrible dans les châtiments (Coran, chapitre XL verset 2.)
  9. (119) Il (Dieu) vous a donné des chevaux, des mulets et des ânes pour vous servir de monture et d’apparat. Il a créé ce dont vous ne doutez pas. (Coran, chapitre XVI, Verset 8.)
  10. (120) Le mot Keuss, signifiant parties naturelles de la femme, n’est pas un mot primitivement arabe ; il a été emprunté aux Grecs. Sa racine est κώλος qui signifie le derrière.

    Observation de l’éditeur. La responsabilité de cette étymologie est laissée entière au traducteur

  11. a et b (121) Il n’est pas douteux que l’auteur ait voulu désigner ici par crête la partie des organes sexuels de la femme nommée Clitoris, d’un mot grec, κλειτορισειν, qui veut dire chatouiller, titiller. Le clitoris est le siège de la volupté, il s’allonge et se durcit par le chatouillement.
  12. (122) Il est question ici des petites lèvres, ou nymphes, qui, chez les jeunes filles, ne dépassent pas les grandes.
  13. (123) Le mot Djoâïdi signifie homme du peuple. La racine [texte arabe]djâd دجاد indique des cheveux crépus frisant naturellement.
  14. (124) Le véritable nom d’Abou Nouass était Abou Ali Hacene. Il portait aussi le surnom d’el Hakemi. Il était né de parents obscurs, vers 135 ou 136 de l’Hégire, et il acquit une grande réputation comme poète et philosophe.
  15. (125) Le Tserid, ou plus vulgairement Tserida, est un mets arabe.
  16. (126) C’était probablement de la cannelle ou de la racine de cubèbe.
  17. (127) Le mot Arabe seteur, d’où vient le mot Français store, signifie voile, rideau, et par extension protection et même bouclier. C’est dans ce dernier sens que l’auteur a employé ici ce mot.
  18. voir note (132) Le naturel des femmes est tel. (Rabelais. Livre III Chapitre 33.)