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Chronique de la quinzaine - 14 août 1833

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Chronique n° 33
14 août 1833


CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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La dissolution de la chambre nous a beaucoup occupés pendant cette quinzaine, puis la prise de Lisbonne, puis les duels politiques. Pour le petit nombre de Parisiens qui restent encore à Paris, la quinzaine a été bonne.

Il est bien difficile, en province, de se faire une idée de la manière dont circule, dans les salons de Paris, une nouvelle politique. Il se trouve toujours trois sortes de personnes qui se chargent de la répandre et de la formuler. D’abord, les gens bien informés, qui en disent peu de chose, ne la communiquent que par monosyllabes, et passent sous silence le point le plus important ; ensuite, les gens mal informés, qui disent tout en tout dénaturant, et enfin ceux qui ne savent rien et qui parlent plus que les autres. Cette dernière classe, fort répandue dans les journaux, ne laissait pas douter que la dissolution de la chambre ne dût avoir lieu sur l’heure même. Les mal informés ne menaient pas si grand train les affaires. Ils n’admettaient pas que la dissolution fût si prochaine ; mais comme les gens mal informés divisent le cabinet en politiques et en doctrinaires, c’est-à-dire en roués pratiques et en roués philosophiques, ils partaient de cette base pour admettre l’adoption peu reculée de la mesure. Les doctrinaires, qui veulent la dissolution, étant en minorité dans le conseil, devaient succomber dans la lutte.

D’autres, les gens qui ne savent rien, étalaient, pour et contre, les motifs les plus graves. Ils s’en allaient partout disant que la royauté, si prévoyante, avait déclaré qu’il fallait se hâter de profiter de la tiédeur actuelle des esprits, pour obtenir une chambre encore plus dévouée ; que le vote de deux budgets dans une seule année hâtait le terme de la législature, et qu’en bonne politique il fallait devancer l’époque de sa mort naturelle. On craignait les progrès du tiers parti, disaient-ils, le tiers parti qui, dans la dernière session, avait déjà assez d’influence pour contrebalancer celle des ministres. D’ailleurs, il était indispensable de rassurer le congrès de Tœplitz, et de lui donner la preuve des opinions modérées de la France, que des élections générales pouvaient seules fournir. Il n’était enfin de graves et hautes raisons qu’on ne donnât pour dissoudre.

Contre la dissolution les raisons n’étaient ni moins graves ni moins hautes. M. d’Argout, l’homme du fait et des choses positives, avait reçu des préfets des rapports tels, qu’il eût été de la plus grande imprudence de recourir aux collèges électoraux : les carlistes s’agitaient et se décidaient enfin à prendre part aux élections ; de leur côté, les républicains consentaient à cette fameuse alliance avec les carlistes, dont parlent depuis si long-temps les journaux ministériels, et qui se cimente presque chaque jour à grands coups d’épée. Tœplitz était aussi appelé au secours de la chambre actuelle. C’était mal choisir le moment pour donner irruption à toute l’effervescence qui se manifeste toujours dans les élections générales. Tœplitz s’alarmait, Tœplitz faisait augmenter les armées de la sainte alliance ; c’était se montrer bien osé que venir ainsi troubler la digestion de Tœplitz !

Pendant ce temps, les gens bien informés se taisaient, et souriaient d’un air équivoque quand on leur parlait de la dissolution de la chambre. Ils ignoraient. Comment savoir de pareilles choses ? Comment les savoir en effet, puisque ceux de qui elles dépendaient, n’en savaient rien eux-mêmes ?

Pour les gens qui connaissent le personnel du ministère actuel, il n’est pas de parti politique dans le conseil, ni de parti doctrinaire. Si les ministres qui possèdent en ce moment la confiance du roi Louis-Philippe, vus à distance, peuvent se grouper par nuances d’opinions, ces opinions sont tellement subordonnées à de petits calculs et à de petits intérêts, qu’ils ne peuvent former un système. Supposez M. Thiers dans une situation à sacrifier, pour réaliser ses opinions politiques, une seule de ses jouissances de sensualité, d’avidité, d’amour-propre ou de vengeance, vous pouvez être assurés que son opinion ne l’arrêtera pas. Et M. Soult, qui livrerait plutôt le pays tout entier que la moindre parcelle de son traitement, ce pauvre M. Soult, qui a déclaré à la tribune qu’il se ferait tuer sur ses feuilles d’émargement plutôt que de céder un centime aux contribuables, tous dotés et millionnaires, comme on sait ; M. Soult a-t-il bien aussi une opinion, un système ? Est-il l’homme d’un système politique, ce M. Barthe, qui accumule parcimonieusement, tristement, solitairement, grain à grain comme la fourmi, les deniers de sa place ? Et M. Guizot, si bilieux et si dominé par sa colère ; et M. d’Argout, si étroit, si mesquin, si savant commis, si ignorant ministre ! Unissez ou divisez, s’il se peut, tous ces hommes-là par de grands principes, et jugez de leurs actes par les vues qu’on leur suppose. Autant vaudrait calculer mathématiquement les résultats d’une pierre qu’on lance au loin, qui comble un trou dangereux ou détruit une fleur rare, qui brise indifféremment la tête d’un honnête homme ou qui écrase un reptile.

Sans doute, on parla de Tœplitz, de l’Europe, des carlistes et de l’état des esprits dans le conseil où s’agita, en dernier lieu, la question de la dissolution de la chambre. Mais, la veille, un éminent personnage avait pris à part un de ses familiers, et lui avait dit d’un ton douloureux, qu’une dissolution l’obligerait à faire un voyage dans plusieurs départemens pour y retremper un peu l’opinion publique. « Or les voyages sont fort dispendieux, disait-il, et l’argent me manque absolument. En vérité, plus j’y pense, plus je me sens de motifs pour m’opposer à la dissolution de la chambre. »

M. Thiers partageait cet avis. M. Thiers avait aussi de hautes raisons politiques, si hautes et si importantes, que, ce jour-là, il avait fait inviter à Neuilly, M. Mignet, son confident et son ami, qui s’était chargé de l’appuyer de toute son éloquence. Les deux historiens de la révolution ne manquèrent pas d’exemples pour démontrer le danger de la mesure que soutenaient M. de Broglie et M. Guizot. Heureusement, ils parlaient à quelqu’un qui avait déjà puisé autre part que dans l’histoire ses raisons pour être de leur avis.

Je ne pense pas que personne soit tenté de blâmer M. Thiers du motif qui le portait à repousser la dissolution de la chambre. M. Thiers avait la crainte de ne pas être réélu à Aix. Le pays eût été privé d’un grand ministre, et la chambre d’un grand député.

M. Thiers, qui est un homme à expédiens, avait cependant prévu le cas où ce malheur aurait lieu. Nous parlons du malheur de M. Thiers. Ruminant, comme Scapin, quelque moyen de se tirer d’affaire, et parcourant avec attention toutes les statistiques électorales que lui déroulait complaisamment son collègue, M. d’Argout, il avait découvert, un beau matin, que dans une petite commune du midi, qui faisait autrefois partie du comtat d’Avignon, il se trouvait une belle chance d’élection pour un ministre qui a dans son portefeuille des faveurs et des grâces à en revendre, pour nous servir d’une excellente locution populaire.

Le député de ce collège (nous nous abstiendrons de nommer l’un et l’autre), homme agréable, bon vivant et bon convive, a été nommé par une majorité d’électeurs composée de ses créanciers. Les braves gens, s’étant un jour rassemblés pour concerter les moyens de faire payer leur débiteur, eurent l’excellente idée, au lieu de l’envoyer à Sainte-Pélagie, de le faire écrouer à la chambre. Il est sur le point d’achever ses cinq ans, et il a été si utile à sa commune et à ses électeurs, qu’à la fin de sa captivité législative, il obtiendra sans doute son élargissement et sa quittance. C’est ce député que M. Thiers songeait à remplacer, si la dissolution avait été inévitable ; il eût rempli, de sa main de ministre, en bonnes grâces et en bonnes paroles, les obligations de son prédécesseur, et peut-être eût-il contracté quelques dettes dans le pays pour mieux assurer sa nomination future. On cherche encore la comédie de mœurs ! Regnard et Destouches sont des écoliers près de nos ministres.

Si nous disions les petits motifs secrets des autres membres du conseil, on ne voudrait pas nous croire, tant ici la vérité touche à l’invraisemblance. On sait ce qui en est advenu. La dissolution a été rejetée à une forte majorité, appuyée par la grande voix du conseil, et M. Thiers, qui tient à se faire un avenir tranquille, et à ne pas quitter son ministère, au moment de dépenser un crédit de 80 millions, a fait décider l’insertion de la note du Moniteur, en disant : « Une note n’oblige à rien ; si nous changeons d’avis, et qu’il nous plaise de dissoudre plus tard la chambre, nous mettrons une autre note. » M. Thiers est un habile homme !

L’affaire du Portugal n’a pas été arrangée moins bravement par nos ministres ; l’Angleterre voulait que le conseil de régence fût dirigé par M. de Palmella, homme tout dévoué aux intérêts britanniques : le conseil de régence sera dirigé par M. de Palmella. Lord Grey a écrit à cette occasion à M. de Talleyrand, que le Portugal ne pouvait et ne devait être autre chose qu’un vignoble anglais, et M. de Talleyrand, qui achète en ce moment ses vins à Londres, n’a pas jugé à propos de s’y opposer.

Cela fait, M. Guizot est parti, non sans un peu d’humeur, pour la campagne, et M. le duc de Broglie est allé retrouver Mme la duchesse de Broglie à Broglie, près de Pont-Audemer. M. Sébastiani a fait préparer sa dormeuse pour se transporter aux eaux du Mont-d’Or, où se trouve le maréchal Soult ; M. Thiers a pris congé de sa jolie future, et se dispose à faire un voyage en Angleterre. M. d’Argout, M. Humann et M. Barthe, les trois incapacités du conseil, restent chargés du poids des affaires. Nous ne parlons pas de M. de Rigny, qui s’efface à dessein, et qui d’ailleurs va se rendre à Cherbourg avec Louis-Philippe.

Le maréchal Soult s’est montré tellement effrayé de voir le roi livré à M. de Rigny, qu’il a fallu lui promettre une petite place dans la voiture. On dit que rien n’est plus plaisant que la lettre où le maréchal supplie qu’on l’emmène ; les habitans du château de Neuilly en ont ri jusqu’aux larmes.

Le voyage de Cherbourg sera pompeux. C’est un petit tour qu’on veut jouer au congrès de Tœplitz. On s’efforcera d’y montrer combien est étroite l’union de la France et de l’Angleterre. À l’issue d’une négociation ouverte tout exprès, il a été décidé à Londres qu’on enverrait à Cherbourg un beau vaisseau de guerre anglais, avec le grand pavillon britannique, pour saluer le roi des Français. Lord Yarborough, commodore du club royal des yachts, et tous les lords du club se rendront aussi à Cherbourg, à cette époque. À Cherbourg, l’Angleterre nous paiera en monnaie de singe les concessions que nous lui faisons à Lisbonne.

Au milieu de ses graves soucis pour l’état et pour lui-même, M. le ministre du commerce est fortement occupé de ce qu’il nomme la régénération du théâtre Français. Il a daigné se faire apporter cette semaine les plans de restauration de la salle. L’artiste, chargé de ce travail, est M. de Chenavart, homme plein de goût, de savoir et de mérite, dont le projet est fort beau. Il ne s’agit pas de moins que de faire tomber sur le devant de la scène un rideau de velours, de velours véritable, brodé d’or, au lieu du vulgaire rideau de toile peinte. Cette tenture serait soutenue par de hautes figures dorées, en relief, représentant des génies en plein vol. Le plafond et le haut de la scène seraient ornés par des médaillons où se trouveraient les figures de tous les poètes dramatiques anciens et modernes, étrangers et nationaux, Aristophanes et Térence près de Corneille et de Racine, Caldéron et Véga avec Roswitha et Hans Sachs, Shakespeare à côté de Molière, Joost van Vondel en face de Voltaire, et peut-être Thespis, dans son chariot, accompagné de M. Casimir Bonjour et de M. Viennet. On ne sait si M. Thiers, qui est fort classique, et classique exclusif, approuvera tout ce mélange ; en attendant, on joue chaque semaine, au théâtre Français, la Fille d’honneur et l’Orphelin de la Chine. Aussi les derniers vieillards blanchis qui sommeillaient à l’orchestre, ont-il eux-mêmes déserté cet infortuné théâtre.

La Chambre ardente, grand mélodrame joué à la Porte Saint-Martin, est la seule nouveauté qui ait excité quelque sensation. On veut voir mademoiselle Georges dans le rôle de la marquise de Brinvilliers, tout en regrettant de ne plus admirer la charmante madame Dorval, qu’une jalousie d’actrice a exclue de ce théâtre, et qui recueille, en ce moment, des succès en province. MM. Melesville et Bayart, les auteurs de ce mélodrame, n’ont pas épargné les grosses couleurs, et ils ont chargé la pauvre petite Brinvilliers de plus de crimes encore qu’elle n’en a commis. Dans ce drame, la Brinvilliers empoisonne jusqu’à madame Henriette d’Angleterre, qu’on voit mourir sur la scène assistée de Bossuet. Le malheureux Bossuet expie cruellement les honneurs dont sa vie fut remplie, et quand Labruyère le nommait par anticipation « un père de l’Église, » il ne se doutait pas que la postérité lui ferait payer cette flatterie en promenant son héros sur les planches sales d’un théâtre des boulevards. Pour Bossuet, il avait en quelque sorte prévu son sort en commençant l’oraison funèbre de madame Henriette par ces mots prophétiques : « Tout n’est que vanité ! »

L’Opéra nous a donné un spectacle d’un autre genre. Vendredi dernier, M. Nestor Roqueplan, rédacteur en chef du Figaro, y fut abordé par M. le colonel Gallois, qui lui demanda raison d’un article qu’il trouvait injurieux pour lui et ses amis politiques. Une discussion s’engagea, dans laquelle M. Gallois arracha le ruban rouge que M. Roqueplan portait à sa boutonnière. Quelques coups de canne furent, dit-on, lancés par M. Roqueplan à son adversaire. Un duel eut lieu le lendemain : M. Gallois, blessé au genou, et M. Roqueplan, touché au visage, à la main et à la poitrine par l’épée du colonel, furent séparés par leurs témoins. Le soir même, M. Roqueplan se montrait à l’Opéra, la main enveloppée dans un mouchoir, et le visage balafré par un large emplâtre. Un second duel, occasioné par la même querelle, a eu lieu entre M. Guinard, l’ami de M. Cavaignac, et M. Léon Pillet, rédacteur en chef du Journal de Paris, autre feuille ministérielle. M. Pillet, blessé à la gorge, s’est déclaré satisfait. On parle encore de quelques autres rencontres qui doivent avoir lieu. Quelques jours auparavant, M. de Trobriant, ancien officier de la garde royale, avait tué en duel M. Pélicier, chef de bureau du ministère de l’intérieur, qui avait vivement blâmé une pièce de vers politique dont M. de Trobriant est l’auteur. À Londres, quand souffle un certain vent d’est, un grand nombre d’Anglais se pendent ; quel vent meurtrier a donc soufflé à Paris pendant cette quinzaine, signalée par tant de combats ?


ESSAI SUR L’HISTOIRE LITTÉRAIRE DU MOYEN AGE, PAR M. CHARPENTIER, PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE AU COLLÈGE DE SAINT-LOUIS.[1]


C’est un vaste et vague sujet que l’histoire littéraire du moyen âge, un océan dont les rives sont à peine déterminées. Jusqu’ici, quoi qu’on ait fait, les ténèbres couvrent encore la face de l’abîme, et l’esprit de Dieu est toujours porté sur les eaux : pour que la lumière y soit faite, il faut que la philosophie ait analysé le principe vivifiant de l’art au moyen âge. Ce principe est au fond de la métaphysique chrétienne.

Ce n’est point une systématisation nouvelle qu’a entreprise M. Charpentier, c’est une exposition brillante et limpide L’auteur même ne prétend pas avoir exposé en 400 pages cette prodigieuse histoire. S’il l’eût tenté, s’il eût voulu seulement tenir note des détails, il n’eût pu donner qu’une table des matières. Il devait se contenter d’indiquer vivement les points lumineux du sujet. L’érudition et le talent remarquable dont témoigne partout son livre, font désirer qu’il poursuive son travail, qu’il descende des sommités où il s’est arrêté, aux parties inférieures qu’il a laissées dans l’ombre.

Ce qui me frappe dans ce livre, c’est le grand nombre des aperçus ingénieux, des rapprochemens judicieux et brillans. Qu’on me permette d’en faire remarquer un qui se rattache de plus près à mes études ordinaires. L’auteur ne pouvait entrevoir que de profil l’histoire du moyen âge ; mais lorsqu’il l’a rencontrée, il y jette de vives lumières. Il a fort bien remarqué la perpétuité des traditions qui rattachent saint Thomas de Kenterbury à ses prédécesseurs, Lanfranc et saint Anselme. Lanfranc lui-même, le confident de Guillaume, l’organisateur de la conquête, défendit par-devant le Conquérant les privilèges des hommes de Kent. C’est un fait important que j’ose signaler à l’attention de l’illustre auteur de la Conquête de l’Angleterre par les Normands. Il n’a peut-être pas fait assez ressortir l’esprit de l’église de Kenterbury, de Dunstan à Lanfranc et saint Anselme, et de saint Thomas à Étienne Langton, qui fit signer au roi Jean la grande Charte.

J’aurais pu indiquer dans l’ouvrage de M. Charpentier beaucoup d’autres rapprochemens curieux et nouveaux. Mais tout le monde voudra lire ce livre remarquable, le premier dans notre langue, où l’on ait resserré sous une forme élégante et ingénieuse, ce vaste sujet de l’Histoire littéraire du moyen âge.


Michelet.

NOUVELLES LITTÉRAIRES.

Parmi les ouvrages importans que notre correspondance nous signale, comme devant paraître prochainement à l’étranger, nous citerons d’abord, aux États-Unis :

The Life and Writings of Washington (la vie et les écrits de Washington), par M. Jared Sparks. Les deux premiers volumes de cet ouvrage, qui en aura douze, sont sous presse à Boston. Ces Mémoires de Washington, car c’est le titre qui convient le mieux à ce livre, offriront, nous en avons l’assurance, un puissant intérêt. Nous en avons pour garant le talent de critique et d’investigation, à nous bien connu, de M. Jared Sparks, à qui l’Amérique du Nord doit déjà d’excellens écrits, entre autres une Vie du voyageur Ledyard. Il y a plusieurs années que M. Sparks s’occupe de ce grand travail ; en 1829, nous l’avons vu à Paris, où il était venu uniquement pour faire des recherches aux archives des affaires étrangères. Cet écrivain fait de l’histoire à la manière de Lemontey, en fouillant dans les pièces de la diplomatie et dans les secrets des chancelleries. Aussi nous ne doutons pas que son livre ne soit digne du grand nom de Washington. Nous serons des premiers à le recevoir à Paris, et nous nous proposons de le faire connaître fort au long à nos lecteurs. Mais il serait à désirer que la librairie française en donnât une traduction complète ; par le temps qui court, ce serait presque un livre de circonstance et une excellente spéculation.

En Angleterre, les Mémoires sur la vie et les écrits de Walter Scott, par son gendre Lockart, un des écrivains du Quaterly Review. Un libraire français en prépare déjà une traduction.

En France, nous verrons paraître, avant un mois, un livre qui s’annonce comme devant faire sensation : c’est La Vendée et Madame, par le général Dermoncourt. Il y aura, dit-on, de curieuses révélations appuyées de pièces authentiques. On sait que le général Dermoncourt commandait le département de la Loire-Inférieure, à l’époque de l’arrestation de la duchesse de Berri, et qu’il a joué un rôle très actif dans les affaires de la Vendée.


Page 381, vers 6 :

Son nom était Marie, et non pas Marion.

Au moment de la publication de ces feuilles, un ami me fait apercevoir que ce vers appartient à peu de chose près à un drame représenté à l’Odéon et à la Porte-Saint-Martin. Le lecteur me pardonnera une erreur de mémoire, qui sera remplacée dans le recueil dont le poème de Rolla fait partie.
Alfred de Musset.

F. BULOZ
  1. Un vol.  in-8o, 1833, chez Maire Nyon.