Comptes rendus de l’Académie des sciences/Tome 1, 1835/2 novembre

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SÉANCE DU LUNDI 2 NOVEMBRE 1835.
PRÉSIDENCE DE M. Ch. DUPIN.



CORRESPONDANCE.

M. le Ministre de la marine informe l’Académie que la corvette la Bonite, commandée par M. Vaillant, capitaine de corvette, doit partir de Toulon le 1er décembre prochain, pour se rendre successivement au Brésil, aux îles Sandwich, et dans les mers de l’Inde et de la Chine.

« Ce bâtiment, dit M. le Ministre, n’est pas destiné à remplir une mission scientifique ; cependant, ajoute-t-il, si l’Académie jugeait utile de profiter de cette circonstance pour faire faire quelques recherches sur ces différens points, le Commandant et l’état-major de la Bonite s’en occuperaient avec soin. »

En conséquence, l’Académie s’empresse de charger une Commission, composée de MM. Arago, Mirbel, Cordier, Blainville et Freycinet, de rédiger les instructions qui devront indiquer à MM. les officiers de la Bonite, les sujets de leurs recherches, et servir de base à leurs travaux.

M. Tourangin, préfet du département du Doubs, remercie l’Académie, au sujet des exemplaires du Discours de M. Duméril, discours prononcé au pied de la statue de G. Cuvier (voyez séance du 7 septembre, page 99), qui lui ont été adressés en sa double qualité de président de l’Académie de Besançon et de préfet du département dans lequel est né Cuvier.

M. Théodore Virlet rend compte d’un halo et d’un arc-en-ciel lunaire qu’il a observés dans la soirée du 30 septembre dernier.

L’Académie accepte le dépôt d’un paquet cacheté adressé par M. Deleau jeune, et ayant pour objet la description d’un appareil de chirurgie.

M. Leymerie transmet un nouvel extrait de son livre intitulé : La Médecine révolutionnée par les sciences exactes. Ce nouvel extrait est renvoyé à l’examen de la même commission que les précédens.

M. Sellier écrit au sujet de la lettre de M. le capitaine Baudin, lue dans la séance précédente (voyez ci-dessus, page 254).

M. Lauzeral adresse un supplément aux tables qu’il a déjà présentées, et par lesquelles il s’est proposé de faciliter les calculs numériques. Ce supplément sera examiné par la commission qui doit rendre compte du mémoire principal.

MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
Chimie.Analyse de quelques composés de tungstène ; par M. Malaguti.
(Commissaires, MM. Thénard, Dumas, Robiquet.)

L’auteur a reconnu la composition d’un oxide bleu de tungstène, qui offre une composition toujours identique ; ce à quoi l’on n’était pas parvenu jusqu’ici. La composition de cet oxide est telle qu’il doit être considéré comme intermédiaire entre le protoxide de tungstène et l’acide ; de telle sorte que le rapport qui existe entre l’oxigène des trois composés oxigénés de tungstène, est comme 1 – 1 – 1 .

L’auteur s’est occupé ensuite de vérifier l’analyse du protochlorure et du perchlorure de tungstène, analyse déjà déduite, comme on sait, de la manière dont ces deux chlorures se comportent avec l’eau ; et il a trouvé que l’analyse supposée était d’accord avec l’analyse expérimentale.

Il a aussi analysé le chlorure rouge, lequel est tout-à-la-fois remarquable et par l’analogie, et par la différence qu’il présente avec le perchlorure. Il lui est analogue, comme on sait, en ce que le résultat de sa décomposition par l’eau est le même que celui du perchlorure ; et il en diffère par une foule de caractères, soit physiques, soit chimiques, au point qu’on l’avait supposé isomérique avec ce perchlorure.

Entre les mains de M. Malaguti, l’analyse a donné une composition qui est intermédiaire entre le protochlorure et le perchlorure ; et le rapport de composition des produits chlorés de tungstène s’est trouvé analogue au rapport indiqué pour les oxides.

L’auteur appelle particulièrement l’attention des chimistes sur un fait qui lui paraît anomal. La composition du chlorure rouge, ou intermédiaire, est telle que, en se décomposant dans l’eau, on devrait trouver pour produit l’oxide intermédiaire ; et cependant il résulte de cette décomposition l’acide tungstique, sans qu’il y ait aucun phénomène apparent qui explique ce surcroît d’oxigénation.

Un fait, jusqu’à un certain point semblable, a été constaté par l’auteur, dans la décomposition, par l’eau, du protochlorure ; décomposition dans laquelle il y a constamment suroxigénation, mais en proportions variables.

M. Malaguti a enfin analysé un produit curieux, découvert par Wôhler, et qui, d’après ce chimiste, serait composé d’oxide de tungstène et d’oxide de sodium. M. Malaguti, en suivant la marche tracée par Wôhler, mais en poussant l’analyse jusqu’au bout, a trouvé que ce produit n’est autre chose qu’un double tungstate d’oxide de sodium et d’oxide de tungstène.

Voici, au surplus, le résumé des analyses contenues dans son mémoire :

Oxide bleu :
Tungstène 
82,56
Oxigène 
17,44
100,00
Chlorures de tungstène :
Protochlorure.
Tungstène 
57,20
Chlore 
42,80
100,00
Chlorure rouge (ou intermédiaire).
Tungstène 
51,67
Chlore 
48,33
100,00
Perchlorure.
Tungstène 
47,11
Chlore 
52,89
100,00
Tungstates de tungstène et de soude :
Tungstène 
74,878
Sodium 
6,136
Oxigène 
18,986
100,000
Embryologie.Description des parties d’un œuf humain trouvé dans une grossesse intersticielle de la matrice ; par M. Thomson.

(Commissaires, MM. Magendie, de Blainville, Serres, Dutrochet, Roux.)

Nous attendrons, pour l’analyse de ce mémoire, le rapport qui sera fait par les commissaires.

RAPPORTS.
Rapport de M. de Blainville sur un mémoire de M. de Quatrefages, intitulé : Sur la vie intrabranchiale des petites anodontes.
(Commissaires, MM. Geoffroy-Saint-Hilaire, Duméril, et de Blainville rapporteur.)

« Les membres de l’Académie qui prennent quelque intérêt à ces sortes de questions, se rappelleront peut-être que, à l’occasion d’un mémoire de M. Jacobson, sur les petits animaux conchifères que l’on trouve, à certaines époques de l’année, contenus en immense quantité dans la lame externe des branchies des anodontes et des unios, et qu’il prétendait, avec son compatriote Ratke, être des parasites, dont celui-ci avait formé un genre sous le nom de Glochidime, le rapporteur de la commission, après une discussion assez étendue, concluait à ce que les faits et l’analogie ne permettaient pas d’admettre cette manière de voir, et que ces prétendus parasites étaient bien certainement les fœtules de ces deux genres d’animaux. La plupart des zoologistes parurent admettre cette opinion ; mais il n’en fut pas de même de ceux que les faits immédiats peuvent seuls convaincre. Il était donc important, comme le vœu en avait été émis dans le rapport cité, que des observateurs bien au courant de la question, doués d’une grande et patiente sagacité, et placés convenablement, voulussent bien suivre et constater la série de développemens par lesquels passent les œufs des anodontes et des unios, avant de ressembler complétement à leur mère.

» M. le professeur Carus nous paraît être le premier qui ait entrepris d’éclaircir complétement ce sujet. En effet, en 1832, il a publié en allemand, dans les Nouveaux Mémoires des Curieux de la Nature, un beau travail, accompagné de planches soigneusement dessinées et gravées, sous le titre de Nouvelles Recherches sur l’Histoire du développement des moules d’étang. Il y traite successivement :

» 1o. De la marche des œufs dans l’intérieur des oviductes ;

» 2o. Du passage de ces œufs de l’oviducte dans la lame branchiale externe, et de leurs développemens ultérieurs dans ce dernier organe ;

» 3o. De la disposition manifeste du jaune non encore fermé à sa circonférence, et de la forme du jeune animal ;

» 4o. Du jeune animal lui-même, avec les valves de sa coquille ouvertes dans l’intérieur de l’œuf ;

» 5o. De la manière dont les fœtules libres dans l’enveloppe coquillère de l’œuf, se lient ou s’attachent par des filamens byssoïdes ;

» 6o. Enfin, M. Carus recherche si les mouvemens propres du feuillet branchial ne seraient pas une condition concomitante de l’admission et de l’expulsion des œufs.

» Voici les conclusions auxquelles M. Carus est arrivé :

» 1o. Les œufs des unios et des anodontes ne se produisent, avec leur blanc et le chorion entourant le jaune, que dans l’ovaire de la mère.

» 2o. Quand ils sont parvenus à leur maturité, ils sont rejetés par les oviductes, placés de chaque côté de la masse abdominale, et ils vont se placer dans la duplicature de la lame externe des branchies.

» 3o. Les premiers jours de leur séjour dans cet organe, ils offrent les mêmes conditions et nommément la même forme que dans l’ovaire.

» 4o. Le jaune prend alors peu à peu sa forme et sa consistance : on aperçoit ensuite les indices des deux valves de la coquille, ainsi que les commencemens de la respiration, dans le tourbillonnement oblique des parties fluides de l’œuf en rotation, absolument comme chez l’embryon des univalves.

» 5o. Pendant cette rotation, l’embryon se forme de plus en plus dans sa coquille, et rompt le chorion dans l’espace d’un mois, pendant lequel il a commencé à se filer un byssus, au moyen de quoi il change peu à peu sa forme de triangle équilatéral arrondi, parce que le sommet de celui-ci, par l’accroissement du côté qui correspond à la bouche, s’est à peu près dirigé vers la région postérieure.

» 6o. C’est donc le fœtus vivant libre à l’intérieur de la lame branchiale, et tout différent dans sa forme de l’animal adulte, que MM. Ratke et Jacobson ont regardé à tort comme formant un genre d’animaux parasites, et que celui-ci a décrit et figuré sous le nom de Glochidime ; d’où il résulte que ce genre doit être considéré comme fantastique, et son nom être définitivement rayé des systèmes de zoologie.

» M. Armand de Quatrefages, jeune médecin de Toulouse, auquel la science doit déjà des observations fort intéressantes sur le développement des œufs des lymnées et des planorbes, ne connaissant très probablement pas le travail de M. Carus, se trouva tout naturellement conduit à examiner la question soulevée par M. Jacobson, et c’est de son mémoire sur la vie intrabranchiale des anodontes que nous avons été chargés, MM. Geoffroy-Saint-Hilaire, Duméril et moi, de vous faire un rapport.

» Dans ce travail, tout entier d’observations, M. de Quatrefages suit et rapporte minutieusement les changemens qu’il a observés jour par jour sur les œufs d’une espèce d’anodonte qu’il ne nomme pas, peut-être à tort ; et mieux encore il les fait connaître par des dessins qui nous ont paru devoir inspirer toute confiance.

» Après avoir expliqué comment par un simple courant, les œufs, rejetés par l’orifice excréteur ou anal du manteau sont ensuite repris par l’orifice respiratoire, et finissent par se loger dans les locules de la duplicature de la branchie externe, M. de Quatrefages expose les changemens journaliers que ces œufs éprouvent depuis le moment où ils sont entrés jusqu’à celui où ils sont rejetés. En voici l’analyse :

» Examinés aussitôt après leur arrivée dans les branchies, les œufs sphériques d’un quart de millimètre de diamètre, présentent dans leur intérieur une espèce de petit gâteau circulaire formé de globules transparens renfermant des globules plus petits, et que M. de Quatrefages, par analogie avec ce qu’il a observé chez les lymnées et les planorbes, regarde comme les rudimens du système nerveux et non comme un vitellus.

» Les deuxième et troisième jours, le nombre des globules augmente par le développement successif des globulins qui vont se porter à la circonférence. Le quatrième jour les globules ne sont plus distincts et le nucleus n’est composé que de globulins disséminés dans une masse pulpeuse. Une simple ligne plus obscure indique le bord cardinal de la coquille.

» Le cinquième jour, le nucleus a considérablement augmenté, il a pris une forme triangulaire et le bord cardinal de la coquille s’est de plus en plus prononcé.

» Les jours suivans, la coquille d’abord membraneuse, de forme triangulaire équilatérale, un côté à la ligne cardinale et le sommet au milieu du bord ventral, présente d’abord une sorte de bord rentré, qui, commençant au bord cardinal, s’accroît peu à peu, jusqu’à ce qu’il ait atteint le bord inférieur ou ventral, où il arrive à sa plus grande largeur. C’est de ce point et sur chaque valve, que naît peu à peu l’espèce de crochet médio-ventral, denticulé sur ses bords, pourvu par la suite de muscles particuliers dérivés du muscle adducteur, et signalés pour la première fois par MM. Ratke et Jacobson.

» Bientôt après, on voit paraître dans la matière muqueuse dans laquelle les œufs sont plongés, des vaisseaux, les uns droits, les autres ondulés ou en spirale serrée formant un lacis inextricable, dont M. de Quatrefages n’a pu suivre d’abord la marche à l’intérieur, mais dont les extrémités libres, après s’être divisées en deux ou trois branches aussi grosses que le tronc, s’appliquent par un petit renflement pyriforme sur les cloisons qui constituent les locules branchiales de la mère.

» Pendant les cinq ou six jours suivans, la coquille se solidifie peu à peu, par le dépôt de matière calcaire, en elle-même et dans ses crochets ; les muscles de ceux-ci se prononcent de plus en plus à mesure qu’ils exécutent plus de mouvemens, ce qui a également lieu pour le muscle adducteur dont les fibres sont dès lors parfaitement distinctes.

» C’est à ce moment et au milieu de la masse qui constitue le ventre ou le corps du jeune animal, masse qui n’était d’abord composée que de globules dans lesquels semblent naître les vaisseaux dont il vient d’être parlé, que l’on commence à apercevoir une cavité placée à la partie inférieure du muscle, et que M. de Quatrefages regarde comme les rudimens du tube intestinal.

» Du 20e au 25e jour, on voit commencer la formation d’une nouvelle cavité allongée, qui plus tard constituera l’aorte, en même temps qu’à la terminaison des vaisseaux ombilicaux se développe un petit renflement auquel ils paraissent aboutir. Mais à dater de cette époque, qui a lieu dans la saison hybernale, le développement du fœtus de l’anodonte marche plus lentement. Aussi, du 45e au 50e jour, la coquille change-t-elle peu de forme ; le côté postérieur s’allonge cependant un peu pendant que l’antérieur est stationnaire.

» À l’intérieur, entre l’aorte et l’intestin, on remarque une rangée de globules un peu plus opaques que le reste du corps, et indiquant le commencement du développement du foie. La masse générale augmente de telle sorte qu’elle semble à l’étroit dans la coquille. Les petits mamelons auxquels aboutissent les cordons ombilicaux prennent de l’accroissement et paraissent formés de cinq à six lobes. Bientôt le foie augmente, à son intérieur surtout, par l’écartement des globules, et il s’y produit une cavité régulière ovalaire ; c’est l’estomac, placé derrière l’aorte, qui, vers le 96e jour, se contourne en avant et se dilate à sa partie antérieure pour former le cœur sous forme d’ampoule allongée et recourbée en-dessous, de manière à en être embrassé. Pendant ce temps cet estomac s’allonge ; arrivé jusqu’au foie, il se coude un peu en zigzag inférieurement en remontant, après avoir contourné le muscle adducteur, jusque vers le milieu du bord cardinal.

» Au 120e jour les vaisseaux de la masse viscérale sont nettement organisés ; l’intestin est en continuation avec l’estomac, et le cœur se contourne derrière. On commence à distinguer, le long du bord cardinal, un vaisseau longitudinal qui est sans doute le gros intestin, ou rectum.

» C’est à ce degré de développement des fœtules que la mère s’en débarrasse brusquement, et de tous à la fois. Comment ? C’est ce que ne nous dit pas M. de Quatrefages.

» Une fois sortis, ces fœtus n’offrent de différences un peu marquées avec ce qu’ils étaient dans la lame branchiale, qu’en ce que l’estomac communique avec le liquide ambiant par une ouverture ovalaire garnie de cirrhes sur ses bords, qui ne peut être que la bouche, et dans laquelle, en effet, M. de Quatrefages a vu pénétrer des animalcules. Le muscle adducteur présente un indice de sa division en deux parties. Le foie est encore incolore ; l’estomac est irrégulièrement quadrilatère, et le cœur, chose assez singulière, n’offre encore aucun mouvement, pas plus au reste que les artères aorte et mésentérique, alors sans aucune ramification.

» Le système nerveux, à cette époque, a échappé aux investigations de M. de Quatrefages, soit qu’il n’existe pas, ce qui est peu probable, puisqu’il y a action musculaire, soit parce qu’il est encore entièrement transparent.

» Là se bornent les observations de M. de Quatrefages ; n’ayant pu réussir à faire vivre les jeunes anodontes au-delà de l’époque où elles venaient de sortir de la mère, il lui a été impossible de suivre le développement des branchies, du pied et surtout la disparition des crochets marginaux. Espérons qu’il sera plus heureux, sans quoi il pourrait encore se trouver des zoologistes qui conserveraient quelque doute sur la manière de voir de MM. Ratke et Jacobson.

» Toutefois, il résulte du travail que M. de Quatrefages a soumis au jugement de l’Académie que le développement des malacozoaires acéphaliens a les plus grands rapports avec ce qui a lieu chez les espèces qui sont pourvues d’une tête plus ou moins évidente ; en effet, chez les uns comme chez les autres, c’est la peau et la coquille entrant dans sa composition qui présente les premiers indices de développemens dans l’œuf, puis le muscle adducteur, le placenta ou système vasculaire absorbant, puis la partie médiane de l’intestin, ensuite l’estomac, le foie, la partie centrale de l’appareil circulatoire, et enfin le gros intestin.

» M. de Quatrefages ajoute à ces résultats positifs les réflexions suivantes qu’il en a soigneusement séparées :

» Le développement embryonnaire des anodontes ressemble en tout dans les premiers temps à celui des lymnées et des planorbes ; un germe primitif composé de globules, se développe du centre à la circonférence par l’accroissement de globules plus petits renfermés dans les premiers.

» La forme précède la structure.

» Certains canaux comme les veines, et peut-être même l’estomac et le canal intestinal se forment par des lacunes ou écartemens de globules composant la masse du corps ; mais il n’en est pas de même du cœur et de l’aorte.

» Le canal intestinal se constitue de plusieurs parties d’abord isolées.

» Dans un appareil composé d’une partie principale et de parties dépendantes, comme dans les appareils circulatoire et digestif, ce n’est pas celle-là qui se développe la première, c’est-à-dire le cœur ou l’estomac, mais bien celles-ci, c’est-à-dire l’aorte et l’intestin.

» Enfin il lui a semblé qu’à cette époque de la vie, l’animal a deux cœurs, deux estomacs et deux bouches, mais dont le développement n’est pas exactement symétrique ; le développement des moitiés du côté gauche étant plus avancé que celui des moitiés du côté droit.

» N’ayant pu vérifier les observations de M. de Quatrefages, à cause de la saison trop peu avancée encore pour se procurer des anodontes convenables pour ce but, il nous est impossible d’assurer qu’elles sont rigoureusement exactes, quoique nous ayons de fortes présomptions pour le croire. Encore moins pourrions-nous dire qu’elles sont entièrement nouvelles, puisque nous avons montré plus haut que M. Carus avait traité ex professo d’une partie du même sujet.

» Toutefois, nous ne craignons pas de dire qu’elles sont d’un haut intérêt en elles-mêmes, et à cause de la manière à la fois simple et lucide avec laquelle elles nous ont paru exposées. Nous concluons donc à ce que l’Académie adresse à M. de Quatrefages des remercîmens pour sa communication, en l’invitant formellement à prendre connaissance du travail de M. Carus, avant de continuer ses recherches, et à se bien persuader que dans beaucoup de cas des sciences naturelles, la confirmation de faits aussi difficiles d’observation que celui dont s’est occupé M. de Quatrefages, apporte souvent autant de gloire que leur découverte, et certainement n’est pas moins utile aux progrès de la science. »

L’Académie adopte les conclusions de ce rapport.

LECTURES.
Physique mathématique.Sur la réflexion de la chaleur rayonnante ; par M. Melloni, correspondant de l’Académie.

« On sait par les recherches de Leslie et de Rumford, que les rayons calorifiques se réfléchissent plus ou moins abondamment sur les corps, selon la nature et le poli des surfaces : mais quel est dans chaque cas particulier le rapport de la quantité de chaleur réfléchie à la quantité incidente ?

» Les résultats que j’ai obtenus sur la transmission immédiate de la chaleur rayonnante à travers plusieurs substances solides et liquides, permettent de résoudre cette question avec beaucoup d’exactitude.

» Lorsque les rayons calorifiques arrivent perpendiculairement à la surface antérieure d’une plaque diathermane, à faces parallèles, ils y subissent une certaine réflexion, pénètrent ensuite dans l’intérieur, s’y absorbent en partie, parviennent à la seconde surface, s’y réfléchissent encore, et ressortent enfin dans l’air en poursuivant leur direction primitive. Or, il y a certains cas où l’absorption intérieure est nulle, et où par conséquent la différence entre la quantité de chaleur incidente et la quantité transmise se trouve précisément égale à la valeur des réflexions produites sur les deux surfaces de la lame. Le sel gemme est la substance qui présente ce fait dans sa plus grande simplicité. On sait que des lames bien pures et bien polies de cette substance transmettent 0,923 de la chaleur incidente ; et cela quelles que soient leur épaisseur et la nature des rayons calorifiques, ou les modifications que ces rayons peuvent avoir préalablement subies dans leur passage à travers d’autres lames.

» Pour fixer les idées, considérons deux plaques de sel gemme, la première d’un millimètre et la seconde de dix. D’après ce que nous venons de dire, la transmission de la plaque épaisse sera égale à la transmission de la plaque mince ; et si nous divisons par la pensée la première de ces plaques en dix couches, ayant chacune un millimètre d’épaisseur, la force absorbante des neuf couches d’un millimètre postérieures à la première, n’aura aucune valeur appréciable : donc, si les rayons éprouvent une absorption quelconque, ce ne peut être que pendant leur passage à travers la première couche. Supposons pour un moment que cela ait lieu. Dans cette hypothèse les molécules qui composent la première couche d’un millimètre d’épaisseur, formeront une espèce de crible retenant tout ce qui n’est pas complétement transmissible par le sel gemme ; et la quantité de chaleur perdue dans le trajet par l’une ou l’autre lame, c’est-à-dire 1 − 0,923, ou 0,077 ne sera que la somme des rayons absorbés ou retenus et des rayons réfléchis aux deux surfaces. Cela posé, que l’on reçoive la chaleur rayonnante de la source sur une des lames, la plus mince par exemple, et qu’on transmette ensuite les rayons calorifiques émergens par l’autre, l’absorption ou épuration supposée aura lieu dans la première, et il ne parviendra plus sur la seconde que des rayons entièrement transmissibles par la substance qui la compose, sauf la quantité perdue dans les deux réflexions ; de manière que la perte subie par ces rayons, dans la traversée de la seconde lame, devra être nécessairement moindre que 0,077. Mais l’expérience montre que dans ce trajet il y a encore 0,923 exactement de chaleur transmise et 0,077 de chaleur perdue ; donc aucune absorption n’a eu réellement lieu dans la première traversée, et la quantité 0,077 exprime uniquement la perte produite par la réflexion du rayonnement calorifique à la première et à la seconde surface de chaque lame.

» Comme la nature de la source rayonnante n’influe pas sur la transmission du sel gemme, il est évident que tous les rayons calorifiques éprouvent la même perte de 0,077 par l’ensemble des deux réflexions à l’entrée et à la sortie de chaque lame de sel gemme. On en peut dire autant des différens rayons lancés par la même source ; car la perte 0,077 est encore constante pour les chaleurs émergentes de toutes sortes d’écrans exposés à l’action d’un rayonnement calorifique quelconque.

» Veut-on savoir maintenant les valeurs propres de chacune des deux réflexions ? On y parviendra avec la plus grande facilité. En effet, appelons  la réflexion pour l’unité de chaleur incidente, sera la quantité qui pénétrera dans l’intérieur de la lame, et la réflexion que celle-ci éprouvera sur la surface postérieure : car l’absorption du sel étant nulle, toute la quantité arrivera à la seconde surface, et s’y réfléchira dans le rapport de à . Or la somme des deux réflexions, ajoutée à la quantité transmise 0,923, doit reproduire la quantité de chaleur incidente que nous supposons égale à l’unité. On aura donc l’équation

d’où l’on tire

» Le premier signe du radical conduisant à un résultat absurde doit être rejeté : la réflexion à la surface antérieure de la lame sera donc 1 − 0,9607 = 0,0393 sur l’unité incidente ; et tel sera aussi le rapport de la seconde réflexion, relativement à la quantité de chaleur qui parvient à la surface postérieure du sel gemme ; mais si l’on voulait avoir la valeur absolue de cette dernière réflexion, on l’obtiendrait en substituant 0,0393 au lieu de dans l’expression , ou plus simplement, en prenant la différence entre les nombres 0,077 et 0,0393 ; ce qui donne, dans l’un et l’autre cas, 0,0377.

» Maintenant il s’agit de voir si les quantités de chaleur réfléchies par les autres substances transparentes sont égales ou différentes de celles qui ont lieu sur les surfaces du sel gemme. Pour résoudre cette question, il suffit d’observer qu’une lame épaisse de verre, de cristal de roche, ou d’autre substance diaphane, donne une transmission calorifique sensiblement égale à une autre lame de même nature qui en diffère peu par l’épaisseur. Si l’on prend, par exemple, une plaque de verre de 8 millimètres, et une autre de 8 millimètres , et qu’on les expose séparément au rayonnement de la lampe Locatelli, on ne trouvera pas de différence sensible entre les deux quantités de chaleur transmises. De cette expérience on déduit évidemment que la couche d’un demi-millimètre, qui forme la différence d’épaisseur des deux plaques, n’exerce aucune absorption appréciable sur les rayons calorifiques qui ont déjà traversé 8 millimètres de la même substance. Détachons donc cette petite couche de la plaque la plus épaisse, et exposons-la ainsi séparée aux rayons émergens de la plaque de 8 millimètres : elle en réfléchira une partie et transmettra tout le reste : la quantité perdue exprimera donc l’effet unique des deux réflexions. Or, en faisant l’expérience avec soin, on retrouve, à très peu de chose près, le nombre 0,923 pour la quantité de chaleur transmise, ce qui donne encore 0,077 pour la quantité perdue. Et cela non-seulement dans le verre, mais aussi dans le cristal de roche, l’alun, la chaux fluatée, la topaze, la baryte sulfatée, etc., de manière qu’une lame mince, bien pure et bien polie, de ces différentes substances, placée derrière une lame épaisse de même nature, transmet toujours 0,923, et perd 0,077.

» Ces mêmes nombres se reproduisent encore généralement quand on place la lame mince derrière une plaque épaisse de nature différente, pourvu que celle-ci soit moins perméable aux rayons directs de la source. Ainsi une lame mince de cristal de roche transmet 0,923 du rayonnement qui sort du verre épais, et une lame mince de verre transmet la même proportion de la chaleur émergente de l’eau ou de l’alun : celle-ci est même tellement épurée, que tout en sortant d’une couche assez mince, elle peut encore traverser des épaisseurs considérables de verre ou de cristal de roche, sans y subir aucune absorption ; de manière que des lames de 7 à 8 millimètres de verre ou de cristal de roche exposées aux rayons émergens d’une couche d’eau ou d’alun de 1 à 2 millimètres d’épaisseur, transmettent 0,923 tout aussi bien que les lames d’un demi-millimètre.

» Concluons de tout cela que la chaleur rayonnante subit une réflexion d’environ quatre centièmes de la quantité incidente en tombant perpendiculairement sur la surface des substances diathermanes. Ce point établi, on entrevoit de suite la méthode qu’il faut suivre pour déterminer les quantités de rayons calorifiques réfléchis par les corps athermanes.

» On observe d’abord l’effet de la transmission calorifique à travers une lame de sel gemme lorsque le rayonnement parti d’une source constante est perpendiculaire à ses faces : on incline ensuite la lame sur les rayons incidens ; aucune diminution dans la quantité de chaleur transmise ne se manifeste d’une manière sensible tant que l’inclinaison ne surpasse pas 30 ou 35° autour de la normale. La réflexion des rayons perpendiculaires est donc sensiblement égale à celle qu’éprouvent les rayons formant un angle de 55 à 60° avec le plan réflecteur.

» Cela posé, que l’on fasse tomber sur la surface bien polie d’une très grosse plaque de verre ou de cristal de roche un faisceau de chaleur rayonnante sous l’incidence de 55 à 60°, et qu’on reçoive le faisceau réfléchi dans l’intérieur du tube qui enveloppe la pile du thermomultiplicateur. Après avoir noté la force calorifique indiquée par le galvanomètre, qu’on répète la même expérience sur la surface polie du corps athermane, sans rien changer dans les positions respectives des diverses parties de l’appareil, on aura ainsi une seconde force calorifique différente de la première. La réflexion cherchée du corps athermane sera évidemment égale au nombre 0,0393 multiplié par le rapport des deux forces observées. Voici les moyennes de plusieurs comparaisons entre les quantités de chaleur réfléchies par le cristal de roche et le cuivre jaune :

RÉFLEXION RAPPORT PRODUIT
du cristal de roche, du cuivre jaune, des deux réflexions, des deux nombres 0,0393 et 11,3,
3,15 35,63 11,3 0,44.

» En diminuant l’angle d’incidence que les rayons calorifiques forment avec la surface du cristal de roche, on obtient un accroissement de réflexion, surtout dans les petites incidences ; mais cet effet est presque insensible sur la surface métallique, car en passant de 80° à 20° je n’ai pu constater avec la plaque de laiton qu’une différence de 4 à 5 centièmes. La concentration de la chaleur rayonnante par l’action des miroirs métalliques d’une forme quelconque sera donc toujours de beaucoup inférieure à celle qui est produite, à sections égales, par les lentilles de sel gemme. Ainsi, par exemple, les miroirs coniques de cuivre jaune poli que l’on applique à l’une des faces de la pile du thermomultiplicateur ne donneront jamais que les environ de l’effet d’une lentille de sel gemme ayant le même diamètre que l’ouverture de ces cônes. »

Statistique.Essais sur les lois de la mortalité et de la population en France, par M. Firmin Demonferrand (2e et 3e mémoire).
Répartition des naissances et des décès par mois.
Cette répartition est faite sur 
18,294,276 naissances
et 
13,360,215 décès.

Sur ces derniers, 7,163,347 ont été partagés en deux séries, avant et après 20 ans.

L’auteur a déduit de son travail le mouvement de la population pour un jour de chaque mois ; il est parvenu aux conséquences suivantes :

Le nombre journalier des naissances est à son maximum en février et mars, à son minimum en juin et juillet.

Le nombre des décès est à son maximum en janvier, à son minimum en juillet.

Le rapport entre les décès au-dessus de 20 ans et les décès au-dessous du même âge, augmente régulièrement depuis son minimum en août jusqu’à son maximum en janvier.

Dans le bassin de la Méditerranée le maximum des décès a lieu en été ; autour du golfe de Gascogne, en automne.

Classification des départemens d’après les chances de la vie dans chacun d’eux.

L’auteur a comparé les départemens sous différens points de vue, dont l’influence numérique est marquée par les rapports suivans :

1o.Rapport de la population aux naissances pour chaque sexe et pour les deux réunis ;

2o.Rapport des nombres fournis par les listes de recrutement et les naissances actuelles de garçons ;

3o.Rapport des mêmes nombres et des naissances correspondantes, ou nombre des garçons qui parviennent à l’âge du recrutement ;

4o.Rapport du nombre des décès au-dessus de 20 ans à la mortalité totale ;

5o.Âge auquel correspond le partage égal des décès pour le sexe masculin, pour le sexe féminin, et pour les deux sexes réunis.

Il a déduit de cette comparaison un partage des départemens en trois classes, divisées chacune en deux sections, et dans chaque section il a rangé les départemens dans l’ordre de leur supériorité relative.

CLASSIFICATION DES DÉPARTEMENS.
PREMIÈRE CLASSE.
PREMIÈRE SECTION. DEUXIÈME SECTION.
1 Calvados. 12 Lozère.
2 Gers. 13 Sèvres (Deux-).
3 Pyrénées (Hautes-). 14 Manche.
4 Cantal. 15 Tarn-et-Garonne.
5 Charente. 16 Doubs.
6 Orne. 17 Mayenne.
7 Lot-et-Garonne. 18 Dordogne.
8 Lot. 19 Creuse.
9 Maine-et-Loire. 20 Loire-Inférieure.
10 Aveyron. 21 Eure.
11 Gironde. 22 Vienne.
23 Marne (Haute-).
24 Indre-et-Loire.
25 Loire (Haute).
26 Pyrénées (Basses-).
27 Ariége.
28 Garonne (Haute-).
DEUXIÈME CLASSE.
PREMIÈRE SECTION. DEUXIÈME SECTION.
29 Jura. 41 Eure-et-Loire.
30 Puy-de-Dôme. 42 Côte-d’Or.
31 Vendée. 43 Pas-de-Calais.
32 Sarthe. 44 Ardèche.
33 Charente-Inférieure. 45 Moselle.
34 Corse. 46 Aube.
35 Seine-et-Oise. 47 Ardennes.
36 Somme. 48 Marne.
37 Oise. 49 Drôme.
38 Tarn. 50 Allier.
39 Seine-Inférieure. 51 Vosges.
40 Corrèze. 52 Île-et-Vilaine.
53 Isère.
54 Yonne.
55 Var.
56 Meurthe.
57 Meuse.
58 Aude.
59 Landes.
60 Hérault.
61 Ain.
TROISIÈME CLASSE.
PREMIÈRE SECTION. DEUXIÈME SECTION.
62 Seine. 77 Loir-et-Cher.
63 Rhône. 78 Loiret.
64 Alpes (Hautes-). 79 Finistère.
65 Côtes-du-Nord. 80 Nord.
66 Morbihan. 81 Seine-et-Marne.
67 Loire. 82 Rhin (Haut-).
68 Bouches-du-Rhône. 83 Pyrénées-Orientales.
69 Cher. 84 Aisne.
70 Vienne (Haute-). 85 Rhin (Bas-).
71 Alpes (Basses-). 86 Vaucluse.
72 Saône-et-Loire.
73 Saône (Haute-).
74 Indre.
75 Nièvre.
76 Gard.

M. Dupin est chargé de prier l’Administration de vouloir bien faire vérifier les renseignemens statistiques sur la population, indiqués comme inexacts ou douteux par M. Demonferrand.

Chirurgie.Exposé de deux nouveaux procédés pour remédier à l’absence congénitale du rectum et du vagin ; par M. Amussat.
(Commissaires, MM. Serres, Roux, Breschet.)

Le premier de ces deux procédés est relatif à une opération d’anus artificiel, pratiquée au périnée d’un enfant nouveau-né, pour suppléer à l’absence congénitale d’une partie du rectum. Dans cet enfant, l’anus et la vulve étaient bien conformés ; mais ces deux ouvertures communiquaient seulement avec le vagin. En outre, l’extrémité du gros intestin se terminait en cul-de-sac au-dessous de l’angle sacro-vertébral, et n’avait aucune communication ni avec l’anus, ni avec le vagin.

Le procédé opératoire auquel l’auteur a été conduit par de longues méditations, a consisté à faire une ouverture dans la région anale ; à aller chercher, par cette ouverture, l’extrémité du gros intestin ; à l’attirer vers la peau, et à l’y fixer par des points de suture, disposés de manière que la membrane muqueuse de l’intestin fît une certaine saillie au-dessus du niveau de la peau.

L’opération, pratiquée le 8 septembre dernier, a complétement réussi ; et l’on ne supposerait pas, dit l’auteur, en voyant aujourd’hui la jeune fille qui en a été l’objet, qu’elle eût subi une opération aussi grave. Il pense au reste que le procédé qu’il a employé dans ce cas particulier, pourrait l’être dans la plupart de ceux qui ont rapport aux vices de conformation du rectum.

Le second procédé, imaginé par M. Amussat, est relatif à une opération de vagin artificiel, pratiquée sur une jeune fille de 15 ans et demi, dans un cas d’absence congénitale de vagin et accumulation des règles dans l’utérus depuis deux mois et demi.

Le but principal que s’y est proposé l’auteur a été de désunir graduellement les parties soudées par l’absence du vagin. Il est parvenu, en effet, en quelques séances, à séparer le rectum de l’urètre et de la vessie, en déchirant les adhérences avec les doigts, et en maintenant la désunion au moyen de l’éponge préparée. Arrivé enfin à l’utérus, énormément gonflé par l’accumulation du sang menstruel, la ponction de ce viscère fut faite avec un bistouri, et il en sortit une grande quantité de sang noir et sans odeur.

L’opération, pratiquée il y a déjà quelques années, fut suivie de succès ; malgré de nombreux accidens survenus, les règles s’établirent périodiquement ; et une exploration des parties opérées, faite de nouveau et depuis peu par M. Amussat, lui a fait reconnaître l’existence d’un petit vagin, tapissé par une membrane muqueuse véritable, laquelle s’est formée par un déplissement naturel des petites lèvres.

La séance est levée à 5 heures.

F.

Bulletin bibliographique.

L’Académie a reçu dans cette séance les ouvrages dont voici les titres :

Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences, no 13, in-4o.

Académie royale des Sciences. — Funérailles de M. Lelièvre ; in-4o.

Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres. — Funérailles de M. Caussin de Perceval ; in-4o.

Recherches statistiques sur l’emploi de la Gélatine comme substance alimentaire ; par M. Edwards ; Paris, 1835, in-8o.

Annales des Sciences naturelles ; par MM. Audouin, Milne Edwards, Adolphe Brongniart et Guillemin ; tome 4, juillet 1835, in-8o.

Second Report on the commercial relations between France and Great Britain : silks and wine ; par M. John Bowring ; Londres, 1835, in-4o.

Bibliothèque universelle des Sciences, Belles-Lettres et Arts, rédigée à Genève ; juin 1835, in-8o.

Medicinisches Correspondenz-Blatt des Wurtembergischen arztlichen vereins ; par MM. Blumhardt, G. Duvernoy et A. Seeger ; no 9, in-4o, Stuttgard.

Nouvelles Annales du Muséum d’Histoire naturelle ; tome 4, 2e et 3e livraison, in-4o.

Cours complet d’Agriculture, sous la direction de M. Vivien ; tome 9, in-8o, avec la 9e livraison de planches in-8o.

Extrait des Annales des Sciences naturelles ; avril 1835. — Mémoire sur le Dreissena ; par M. Vanbeneden ; in-8o.

Œuvres chirurgicales complètes de Sir Astley Cooper, traduites de l’anglais par MM. Chassaignac et Richelot ; 3e et 4e livraison, in-8o.

Excursion au mont Pilat ; par M. Hénon ; Lyon, 1835, in-8o.

Bulletin général de Thérapeutique médicale et chirurgicale ; par M. Miquel ; tome 9, 8e livraison, in-8o.

Journal des Connaissances médico-chirurgicales ; par MM. Lebaudy, Goureau et Trousseau ; 5e année, 5e livraison, in-8o.

Gazette médicale de Paris, tome 3, no 44.

Gazette des Hôpitaux, nos 128–130.