Contes, anecdotes et récits canadiens dans le langage du terroir/Préambule

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PRÉAMBULE



JE n’ai nullement l’intention, en publiant ces contes, de me poser en littérateur ; mon seul désir est d’intéresser mes lecteurs en leur narrant des histoires de leur pays, où l’esprit court les rues, bien certain de trouver toujours et partout bon gite et bon accueil dans toutes les familles canadiennes-françaises, où le rire de bon aloi est toujours le bienvenu. Il est notoire que même dans les circonstances les plus tragiques le Canadien français voit d’abord le côté comique et en profite pour rigoler. C’est sa nature. Il ne faut donc pas lui reprocher ce désir si légitime de s’amuser, tout en ne causant aucun tort à son prochain.

Je suis l’ennemi acharné de la réclame personnelle, mais j’ai vu un si grand nombre d’exotiques et d’indigènes qui se sont fait un piédestal de leur signature que je ne vois pas pourquoi je n’en ferais pas autant. Il paraît que ce n’est pas un crime puisque ceux qui ont pris ce moyen de parvenir sont arrivés aux honneurs et aux places lucratives. Voilà tout ce que j’ai à annoncer dans ce court préambule et à vous désigner mon camarade.

Ce dernier est un artiste dessinateur de grand mérite, qui a étudié à Paris sous les grands maîtres et a su profiter de leurs leçons.

Inutile avec lui de se casser la tête à donner des explications : la simple lecture du texte suffit à le renseigner ; d’un coup de crayon, il a rendu exactement la pensée de l’auteur.

On admettra facilement que dans de telles conditions le travail est attrayant.

Nous allons donc essayer à nous deux de vous donner de l’amusement, et si nous n’y réussissons pas, il nous restera une ressource : celle d’imiter l’exemple du Père Richard, de joyeuse mémoire, et d’en engager un autre.

Il ne me me reste qu’un mot à ajouter à l’adresse de mes bons amis : c’est de m’excuser du retard involontaire que j’ai apporté à la publication de cet opuscule dont la préparation demande beaucoup plus de travail qu’on ne croit généralement.

Neuf longues semaines de maladie sérieuse soufferte sans aucune résignation, mais en rageant tout le temps, m’ont obligé de garder la maison à mon grand détriment, et en courant un risque sérieux d’avarier ma part de salut.

J’espère, toutefois, qu’il n’en sera rien.

Merci à mon vieil ami Tremblay qui a si gracieusement acquiescé à ma demande en m’envoyant une courte préface qui résume toute la publication.


A. Filiatrault