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Contes et fables/Le Faucon et le Coq

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Traduction par Ely Halpérine-Kaminsky.
Contes et fablesLibrairie Plon (p. 181-182).


LE FAUCON ET LE COQ

FABLE


Un faucon se familiarisa si bien avec son maître, qu’il venait se poser sur sa main dès que celui-ci l’appelait.

Le coq, au contraire, fuyait son maître et criait à son approche.

La faucon dit un jour au coq :

— Vous autres coqs, vous n’avez pas le sentiment de la reconnaissance ; vous êtes bien d’une race servile, vous n’allez à vos maîtres que poussés par la faim. Quelle différence avec nous, oiseaux sauvages ! nous sommes forts, notre vol est plus rapide que le vôtre, et cependant, nous ne fuyons pas les hommes ; au contraire, nous nous posons sur leur main quand ils nous appellent ; nous nous souvenons que nous leur devons notre pain.

Le coq lui répondit :

— Vous ne fuyez point les hommes, parce que vous n’avez jamais vu un faucon rôti, tandis que nous, nous voyons journellement un coq à la broche.