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Contes et fables/Un noyau

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Traduction par Ely Halpérine-Kaminsky.
Contes et fablesLibrairie Plon (p. 74-76).


UN NOYAU

HISTOIRE VRAIE


La mère avait acheté des prunes, et voulant les distribuer aux enfants après le dîner, elle les avait mises sur une assiette.

Vania n’avait jamais mangé de prunes ; ces fruits le tentaient beaucoup ; il les avait flairés et désirait fort les goûter ; il ne faisait que tourner autour. Resté seul dans la chambre, il ne put résister à la tentation ; il en prit une et la mangea.

Avant le dîner, la mère compta les prunes et vit qu’il en manquait une.

Elle en informa le père.

À table, le père demanda :

— Eh bien, mes enfants, n’en est-il pas un parmi vous qui ait mangé une prune ?

Tous répondirent : « Non. »

Vania devint rouge comme une écrevisse et affirma :

— Non, je n’en ai pas mangé.

Alors le père reprit :

— Si quelqu’un de vous l’a mangée, ce n’est pas bien, mais là n’est pas le malheur ; le malheur est qu’il y a des noyaux dans les prunes, et que si l’on avale un de ces noyaux, on meurt dans les vingt-quatre heures ; voilà ce que je crains !

Vania pâlit et s’écria :

— Non, j’ai jeté le noyau par la fenêtre.

Tout le monde rit, et Vania se mit à pleurer.