Coran Savary/072

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Traduction par Claude-Étienne Savary.
Dufour (2p. 349-351).






LES GÉNIES.


donné à la mecque, composé de 28 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


Déclare, ô Mahomet ! ce que le ciel t’a révélé. L’assemblée des génies[1] ayant écouté la lecture du Coran, s’écria : voilà une doctrine merveilleuse.

Elle conduit à la vraie foi. Nous croyons en elle, et nous ne donnerons point d’égal à Dieu.

Gloire à sa majesté suprême ! Dieu n’a point d’épouse, il n’a point enfanté.

Un de nous, dans sa folie, avait blasphémé contre l’Éternel.

Nous pensions que jamais homme ni génie n’aurait cet orgueil insensé.

Des hommes voulurent chercher la lumière, auprès de quelques-uns de nous, et ils n’en rapportèrent que l’erreur.

Ces esprits croyaient comme vous, ô mortels ! que Dieu ne ressusciterait personne.

Nous voulûmes nous élever dans les cieux, et nous les trouvâmes gardés par des troupes vigilantes, et des feux pénétrans.

Nous y avons été assis sur des siéges, pour entendre ; mais quiconque voudra écouter désormais, trouvera la flamme prête à le repousser.

Nous ignorions si ce que le Très-Haut a destiné aux habitans de la terre était pour leur malheur, ou pour leur instruction.

Parmi nous il est des génies vertueux, il en est de pervers ; nous somme divisés en plusieurs ordres.

Nous savions qu’il était impossible d’éviter le courroux du ciel sur la terre, et que la fuite ne nous mettrait pas à l’abri.

Nous avons entendu la doctrine du coran, et nous l’avons embrassée. Celui qui croit n’a point à craindre de perdre le mérite de ses œuvres, ni d’être rejeté de Dieu.

Quelques-uns de nous professent l’islamisme ; les autres ont abjuré la vérité. Ceux qui ont cru recherchent avec ardeur la vraie doctrine ;

Ceux qui l’ont rejetée serviront d’aliment aux flammes.

Si les habitans de la Mecque marchent dans la voie de la justice, nous leur accorderons une pluie abondante.

Cette faveur sera une épreuve : s’ils s’écartent de la loi divine, ils subiront des supplices rigoureux.

Les temples sont consacrés aux louanges de l’Éternel. Ne lui donnez point d’égal.

Lorsque le serviteur de Dieu s’arrêta pour prier, les génies se pressaient en foule pour l’entendre.

Dis : J’adresse au Seigneur un pur hommage. Nul autre ne partage mon encens.

Dis : Il n’est point en mon pouvoir de vous nuire, ni de vous faire embrasser la foi.

Personne ne me défendra contre le bras du Tout-Puissant.

Je ne trouverai point d’abri contre son courroux.

Je ne puis que vous exhorter. J’accomplis le ministère dont le ciel m’a chargé. Si vous êtes rebelles à Dieu et au prophète, vous serez la proie des feux éternels.

Ils seront prévaricateurs jusqu’à ce qu’ils voient la vérité de nos menaces ; alors ils sauront qui de nous avait choisi un plus faible appui.

J’ignore si les peines que je vous annonce auront un prompt accomplissement, ou si elles seront différées jusqu’au terme. Dieu seul connaît les mystères ; il ne les découvre à personne ;

A moins qu’il n’accorde cette faveur au plus chéri de ses envoyés qu’il fait accompagner d’un cortège d’anges.

Il sait ce que ses ministres prêchent aux hommes. Son œil vigilant suit leurs démarches. Il tient un compte exact de toutes choses.


  1. Ces génies habitaient Ninive. Ils se présentèrent à Mahomet lorsqu’au lever de l’aurore il priait sous un palmier. Gelaleddin.