Coran Savary/074

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Traduction par Claude-Étienne Savary.
Dufour (2p. 354-357).






LE MANTEAU.


donné à la mecque, composé de 55 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


O toi qui es couvert d’un manteau !

Lève-toi, et prêche.

Glorifie le Seigneur.

Purifie les vêtemens.

Fuis l’abomination[2].

Ne donne point à dessein de recevoir davantage.

Attends patiemment ton Dieu.

Lorsque la trompette aura retenti,

Le jour terrible commencera.

Les infidèles n’y trouveront point de consolation.

Laisse-moi seul avec l’homme que j’ai créé.

Je lui ai donné des biens abondans,

Et des enfans pour les partager.

J’ai aplani les obstacles sous ses pas.

Il attend que je mette le sceau à son bonheur.

Vains souhaits. Il a été rebelle à ma loi.

Je l’obligerai à gravir la montagne pénible.

Il a pensé et disposé.

La vengeance divine a été le fruit de ses projets.

Il est mort comme il avait agi.

Il a porté ses regards autour de lui,

Et la tristesse a voilé son front.

Sur la terre il fut rebelle et orgueilleux.

Le Coran, disait-il, est une imposture.

Ce n’est que la parole d’un homme.

Les feux du Tartare puniront ce blasphème.

Qui te donnera une idée de ce gouffre ?

Il ne laisse rien échapper ; il ne rend point sa proie.

Il dévore les chairs des réprouvés.

Dix-neuf anges en ont la garde.

Nous ne l’avons confiée qu’aux esprits célestes. Nous les avons fixés à ce nombre pour égarer les idolâtres, pour affermir les juifs dans la vraie croyance, et augmenter la foi des fidèles.

Que les juifs et les croyans ne doutent donc point de cette vérité.

Laisse ceux dont le cœur est infecté, laisse les impies s’écrier : Que Dieu veut-il nous enseigner par ce nombre mystérieux ?

Le Tout-Puissant éclaire ou égare les mortels à son gré. Personne ne connait ses armées. Lui seul en a la connaissance. Ces vérités doivent vous instruire.

Je jure par la lune,

Par la nuit quand elle plie ses voiles,

Par l’aurore quand elle s’avance entourée de lumière,

Que l’enfer est l’abîme épouvantable ;

Qu’il menace les humains ;

Qu’il avertit celui qui marche dans le chemin de la justice, et celui qui retourne sus ses pas.

Chacun répondra de ses œuvres. Ceux qui occuperont la droite

Entreront dans le jardin de délices. Ils demanderont aux méchans :

Qui vous a fait tomber dans l’enfer ?

Nous n’avons point fait la prière, répondront-ils ;

Nous n’avons point nourri le pauvre ;

Nous avons disputé avec les amateurs des frivolités,

Et nous avons traité de chimère le jour de la résurrection.

La mort fatale nous a surpris.

L’intercession leur sera inutile.

Pourquoi se sont-ils éloignés de la religion,

Semblables à l’âne sauvage qui fuit devant une lionne ?

Ils voudraient que Dieu leur envoyât un ordre écrit de sa main.

Il n’en sera pas ainsi ; cependant la vie future ne les épouvante point.

Il n’en sera pas ainsi. Le Coran les avertit. Que celui qui veut s’éclairer recherche sa lumière.

Les élus du Seigneur écouteront seuls les avertissements divins. Dieu mérite qu’on le craigne. La miséricorde est son partage.


  1. Ce chapitre porte à peu près le même titre que le précédent. Le voici : O toi qui es couvert d’un manteau !
    De ce que Mahomet paraît deux fois couvert d’un manteau, Maracci conclut qu’il était épileptique et démoniaque. Est-il une raison plus frivole ? Il ignorait sans doute que les Arabes ne vont jamais sans de longs manteaux de laine blanche, qui les défendent de la chaleur pendant le jour, et qui leur servent de lit pendant la nuit. Ces robes flottantes sont encore des habits de cérémonie, et ils ne paraîtraient pas devant une personne honnête sans en être revêtus. Il n’est donc pas étonnant que Mahomet à l’instant où il feint que l’ange lui a parlé en ait été couvert. J’ai vu en Égypte de ces prétendus démoniaques, de ces hommes qui se disent inspirés ; loin d’être enveloppés de manteaux, ils vont absolument nus, apparemment pour être plus dégagés des choses terrestres. Le peuple les révère comme des hommes possédés d’un génie, comme des saints.
  2. C’est-à-dire le culte des idoles.