Coran Savary/075

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Traduction par Claude-Étienne Savary.
Dufour (2p. 357-359).






LA RÉSURRECTION.


donné à la mecque, composé de 40 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


Je ne jurerai point par le jour de la résurrection.

Je ne jurerai point par l’âme qui s’accuse elle-même.

L’homme croit-il que nous ne réunirons pas ses os ?

Nous opèrerons cette merveille ; nous rejoindrons les phalanges de ses doigts.

Mais il nie l’évidence qui frappe ses yeux.

Quand viendra le jour de la résurrection, demande-t-il ?

Lorsque l’œil sera consterné ;

Lorsque la lune éclipsée

Ira se réunir au soleil.

Les mortels s’écrieront : Où trouver un asile ?

Ils chercheront en vain.

Ils se tiendront debout devant le tribunal de Dieu.

Les actions anciennes et récentes seront dévoilées.

L’homme sera témoin oculaire contre lui-même.

Ses excuses seront vaines.

Ne lis point le Coran avec précipitation.

Nous le graverons dans ta mémoire, et nous t’apprendrons à le réciter.

Lorsque Gabriel te récitera des versets, suis-le attentivement ;

Nous t’en donnerons l’interprétation ;

Le ciel t’en fait la promesse. Vous chérissez une ombre fugitive,

Et vous abandonnez la vie future.

Le front des justes paraîtra rayonnant de gloire.

Leurs regards seront tournés vers le Seigneur.

Le visage des méchans sera couvert des ombres de la tristesse.

Le malheur prêt à fondre sur eux occupera leur pensée.

Leurs craintes seront justes. Quand l’homme est au lit de la mort,

Et que les assistans s’écrient : Où trouver une potion enchantée ?

Il songe alors qu’il va se séparer du monde ;

Ses cuisses se serrent l’une contre l’autre,

Et son âme est portée devant l’Éternel.

L’homme n’a point la foi ; il ne prie point. Il nie la vérité du Coran, et s’éloigne de la religion.

Au milieu de sa famille, il vit avec faste.

Cependant l’heure le presse ; elle est prête à sonner.

Mortels ! je le répète, la mort vous poursuit ; elle va frapper.

Croyez-vous qu’on doive vous laisser affranchis de toutes lois ?

N’avez-vous pas été une goutte d’eau répandue ?

Dieu ne vous a-t-il pas formés d’un peu de sang ? n’a-t-il pas donné à vos corps de justes proportions ?

N’a-t-il pas tiré du néant les deux premiers époux ? Le créateur du genre humain manquerait-il de puissance pour faire revivre les morts ?