Correspondance 1812-1876, 5/1868/DCLXXXIV

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DCLXXXIV

À M. DE CHILLY, DIRECTEUR DU THÉÂTRE
DE L’ODÉON, À PARIS


Nohant, 12 décembre 1868.


Mon cher ami,

Me gardez-vous le mois de février ? Comptez sur moi. Dois-je compter sur vous ?

J’ai un travail à vous lire, et je ne puis aller à Paris avant le mois de janvier. Ce serait trop tard pour faire des remaniements, s’il y en avait d’importants à faire. Voulez-vous me donner votre parole d’honneur que mon manuscrit ne sera lu que par vous, Duquesnel et une troisième personne, sûre, à votre choix ? et que, jusqu’à ce que nous soyons d’accord sur la réception de la pièce, personne au monde ne saura que j’ai une pièce entre vos mains. Si vous ne me donnez pas cette parole, je ne puis agir ; si vous me la donnez, je vous enverrai le manuscrit.

La pièce que je vous offre est de moi seule[1] ; elle n’a été lue qu’à mes enfants. Je n’en ai même dit un mot à qui que ce soit. S’il y a une indiscrétion, elle viendra donc de l’Odéon, et je vous demande le secret jusqu’à nouvel ordre.

Réponse tout de suite.
À vous de cœur.

  1. L’Autre.