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Correspondance 1812-1876, 5/1868/DCLXXXV

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DCLXXXV

À SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉRÔME),
À PARIS


Nohant, 17 décembre 1868.


Cher et illustre compère,

Merci encore pour moi, pour mes enfants et petits-enfants et pour tous nos amis, dont vous avez conquis les cœurs. Toute la journée, nous entendons : « Comme il est beau ! comme il est bon ! comme il parle bien ! comme il est simple, et jeune, et aimable ! » Nous ne disons pas non, comme bien vous pensez, et nous aimons davantage ceux qui vous aiment.

Vous, on vous aimerait davantage, si c’était possible, pour cette grande marque d’amitié que vous avez bien voulu nous donner et qui sera un si cher souvenir dans la famille présente et à venir. Aurore en sera particulièrement fière et voudra, j’en suis sûre, mériter une protection si cordialement accordée, et si gracieusement témoignée. Elle envoie toujours des baisers à votre portrait et se permet de le tutoyer.

Nous espérons que vous serez arrivé sans fatigue et que vous n’allez pas garder ce petit mouvement de fièvre que vous avez confié au jeune docteur et pas à nous. Il faudra revenir nous voir, n’est-ce pas ? Vous avez dit que cela vous ferait plaisir de vous retrouver à Nohant. Ce qu’il y a de certain, c’est que vous y laissez une trace de bonheur et d’affection qui ne s’effacera pas.

À vous de tout notre cœur.
Maurice, Lina et
G. SAND.