Correspondance 1812-1876, 6/1870/DCCLXI

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 34).


DCCLXI

À MADAME EDMOND ADAM, À PARIS


Nohant, 15 septembre 1870.


Recevrez-vous encore ceci ? Je ne sais ! Vous avez été embrasser votre fille. Nous sommes inquiets pour les nôtres. La variole charbonneuse qui s’est déclarée dans le village ajoute un tourment personnel à tous ceux qui nous serrent le cœur. Nous allons peut-être demain nous réfugier dans un autre coin du Berry, Lina ou moi avec les deux enfants. L’une de nous restera près de Maurice, qui sera occupé par l’organisation des gardes nationales. Vous êtes généreusement exaltée par un péril prochain et défini. Nous sommes tristes, dans une attente mortelle, mais point abattus. À chaque jour sa peine et sa crainte. Nous nous arrangerons pour être toujours debout et vivants par la volonté. Nous vous embrassons tendrement.

G. SAND.