Correspondance 1812-1876, 6/1870/DCCLXII

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 35-36).


DCCLXII

À M. JULES BOUCOIRAN, À NÎMES


Boussac, 3 octobre 1870.


Cher ami,

Nous avons été obligés de fuir Nohant, ravagé par une épidémie de variole puerpérale. Nous sommes à Boussac, chez de bons amis. Mais le fléau se prolonge chez nous, les froids approchent ; je suis souffrante pour mon compte, et nous songeons à passer l’hiver dans un climat plus chaud ; car, dans tout notre centre, il n’y a pas une habitation confortable à louer. Dites-nous si, chez vous, il n’y a pas de petite vérole ou d’autre contagion sérieuse, et, dans quelques jours, nous prendrons la route de Nîmes. Nous descendrions à l’auberge et nous tâterions l’établissement à faire, soit dans la ville, soit à Montpellier, ou ailleurs. Vous nous donneriez conseils et renseignements. La tranquillité et la sécurité, nous ne les trouverons nulle part en France par le temps qui court ; mais, puisqu’un fléau particulier joint à tant d’autres nous exile, fuyons au moins la contagion brutale dont rien ne préserve et rapprochons-nous du soleil. Il est encore très chaud ici ; mais il gèle la nuit, et les habitations deviennent très contraires à mon état de dérangement perpétuel.

Un mot de réponse vite, chez M. Maulmond, sous-préfet, à Boussac. J’imagine que vos communications avec Clermont, Brioude, etc., ne sont pas interrompues.

Tout mon cher monde vous embrasse.

G. SAND.


Ne pas oublier le nom de l’auberge où il faut descendre et où il y aura le moins de moustiques possible.