Correspondance 1812-1876, 6/1870/DCCXLII

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 8-9).


DCCXLII

À MADAME EDMOND ADAM, À PARIS


Nohant, 8 août 1870.


Écrivez-moi donc, ma Juliette ! je suis inquiète de tout et brisée de tristesse. Quelle leçon pour les peuples qui veulent des maîtres ! mais qu’elle est cruelle ! que de sang et de larmes pour expier l’ignorance et l’erreur ! Nous savons enfin tout ; mais, demain, qu’allons-nous apprendre ? n’êtes-vous pas malade de tout cela ?

Dites-nous quelques mots de-vous et de nos amis. Est-ce que les pauvres enfants de nos amis étaient dans cette révolte des mobiles ? Est-ce qu’on va sévir contre eux avec rigueur ? Moi, je rêve que les alliés, l’Angleterre en tête, vont nous écraser, et nous offrir la paix avec un d’Orléans pour roi constitutionnel ; ce qui serait peut-être le vœu de la majorité des Français à l’heure où nous sommes. Mais que de rêves ne fait-on pas, dans ce grand désarroi de l’âme !

Parlez-nous et aimez-nous. Que pense, que dit Adam ?