Correspondance 1812-1876, 6/1871/DCCCXXX

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 171-172).


DCCCXXX

À M. EDMOND PLAUCHUT, À PPARIS


Nohant, vendredi soir, 14 octobre 1871.


Il n’est bruit dedans Paris que de ta chemise de batiste, de ton habit noir, de ta barbe bien teinte et de ton air brésilien, à la représentation de Dumas. Et ce n’est pas une femme qui m’écrit cela, c’est un homme émerveillé. Si la pièce manque de succès, tu n’en auras pas moins eu un de belle tenue. Espérons que le public ne sera pas trop prude pour Alexandre, et que le pauvre Cadol se relèvera. Mais, d’un côté, le public veut qu’on ne le scandalise pas ; de l’autre, il veut qu’on l’amuse, et il ne s’amuse précisément que de ce qui le scandalise. Il n’est pas facile à contenter. Il est immoral et hypocrite.

Je te remercie des détails que tu me donnes, tu es bien gentil de me tenir au courant de tout. Sans toi, je n’aurais que l’impression des critiques, qui ne sont jamais naïfs.

Te voilà donc plénipotentiaire entre les Buloz et moi ; s’ils veulent te prendre pour ambassadeur, accepte, je serai si contente de te voir.

Je t’embrasse et nous t’attendons.