Correspondance 1812-1876, 6/1872/DCCCLVIII

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 219-220).


DCCCLVIII

À M. CHARLES-EDMOND, À PARIS


Cabourg-les-Bains (Calvados), 1er août 1872.


Nous sommes partis samedi, malgré vos bons avis ; nous avions peur, pour nos fillettes, de la chaleur torride de Paris. Nous avons trouvé bon gîte à Trouville et, le lendemain, à Cabourg, où nous sommes installés pour quinze jours au moins. Envoyez-moi donc le Temps, l’arriéré depuis le 25 juillet et le courant, vous nous ferez plaisir. Quand nous partirons, je vous avertirai. Nous sommes les plus heureux du monde : temps frais, plage superbe, mer tantôt unie, tantôt brutale et toujours excellente pour le bain. Aurore a fait ses débuts par une houle furieuse ; le baigneur dit qu’il n’a jamais vu d’enfant si n’hardi. Titite rechigne. Toutes deux sont fraîches et ivres de plaisir. Titite préfère l’âne à la mer. Les coqueluches ont disparu ou peu s’en faut, même la mienne.

Il est probable que je travaillerai un peu, car j’ai des heures de reste ; vous devriez venir nous retrouver et travailler ici.

Bonsoir, cher ami ; nous vous embrassons tous, même Plauchut, qui prétend que la mer lui ôte son ventre, lequel nonobstant pousse à vue d’œil.

G. SAND.


On nous dit que l’emprunt a un succès fantastique ; comme Bismark doit regretter de n’avoir pas exigé dix milliards !