Correspondance 1812-1876, 6/1873/CMIV

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 299-300).


CMIV

À M. SCIPION DU ROURE, À BARBEGAL,
PRÈS ARLES


Nohant, novembre 1873.


Cher bon ami, nous sommes restés tout charmés de vous avoir revu et ne regrettons que le trop peu. Mais est-ce que cela ne vous fait pas aussi l’effet d’être sorti de ce monde pendant deux jours et d’avoir fait une pointe dans un autre, le monde du passé ? On est, quand on s’est longtemps quitté, comme des morts qui se retrouvent et s’entretiennent d’autrefois, comme d’une autre planète.

Enfin, vous êtes arrivé chez vous à bon port ; vous y êtes aimé, il n’en peut être autrement ; donc, vous êtes heureux et, pour vous comme pour moi, la vieillesse est un avant-goût des Champs Élyséens.

Mes petites-filles sont fières de vous avoir plu. Ma chère Lina est reconnaissante de votre sympathie, et mon vieux Maurice vous aime toujours. Moi, je n’ai pas besoin de vous le dire et je me joins à lui pour vous embrasser de tout mon cœur.

G. SAND.