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Correspondance 1812-1876, 6/1875/CMXLVIII

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 365-366).


CMXLVIII

AU MÊME


Nohant, 20 novembre 1875.


Tes huîtres sont excellentes et ton bouquet embaume !

Je ne croirai pourtant à la reprise de Mauprat que le jour de la première. Ma lettre d’hier a dû te renseigner sur ce qu’il y a à dire aux acteurs. Mais, avant tout, il faut que la reprise soit certaine.

Quant au buste[1], je l’ai vu et bien vu : il est très joli, ne ressemblant à personne, mais d’un charmant travail. Il est possible qu’aux lumières et en situation, il ne dise plus rien, et que la coiffure en dentelles ne soit pas d’un bon effet ; mais ce n’est pas une raison pour faire à un artiste comme Carrier l’affront de retirer son œuvre de devant le public, et je me console aisément de faire moins d’effet que les autres. N’est-ce pas ainsi dans la réalité ? Je ne m’en porte pas plus mal. Comme je l’écris à Charles Buloz, j’ai fini mon roman et je n’ai plus qu’à le retapoter en me reposant. Je l’ai lu hier aux enfants, qui l’ont trouvé amusant. Les petits-enfants auraient voulu rester ; mais, comme il n’y avait pas de bêtes dans l’action, Titite a pris son parti de ne le connaître que dans une vingtaine d’années, et Lolo, la raison même, a été se coucher. Nous travaillons bien : la voilà qui devient forte en géographie et ça l’amuse. Si tu étais là, on serait tout à fait joyeux et content, car je me porte bien. Nous te bigeons tous bien tendrement et bien fort.

G. SAND.

  1. Buste que Carrier-Belleuse venait de faire pour le foyer de l’Odéon.