Correspondance 1812-1876, 6/1875/CMXXXV

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 348-349).


CMXXXV

À M. JOSEPH DESSAUER, À ISCHL


Nohant, 6 juillet 1875.
(Soixante et onze ans.)


Cher Favilla bien-aimé,

Ton écriture est superbe ! tu vois ; mais tu souffres encore, puisque tu dis que tes yeux vont mal ; espérons que la guérison viendra vite. Ton petit bouquet est encadré dans ma chambre à côté de ses prédécesseurs. C’est toujours une joie pour moi de le voir arriver. C’est la marque de la jeunesse toujours florissante de ton cœur, et mes enfants me demandent chaque année, au 5 juillet, si j’ai reçu les fleurs d’Ischl. Tout mon monde t’aime et te serre la main avec tendresse. Le temps humide nous rend tous un peu malades, j’espère que nous touchons à la fin de ce déluge qui a fait tant de mal à nos pauvres provinces du Midi. Avez-vous aussi ces pluies torrentielles dans vos montagnes ? Tourguenef m’a dit que tu faisais des vers charmants et parfois très beaux ; est-ce vrai ? Que je suis bête de ne pas savoir un mot d’allemand ! Je te lirais avec tant de plaisir. Écris-moi quand tu le peux, sans te fatiguer, et crois à l’inaltérable tendresse de ta vieille sœur.

G. SAND.