Correspondance de Voltaire/1722/Lettre 50

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Correspondance : année 1722
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 33p. 62-63).
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50. — À MADAME LA PRÉSIDENTE DE BERNIÈRES.

Villars, 1722.

Si j’avais eu une chaise de poste, madame, je serais venu à Paris par l’envie que j’ai de vous faire ma cour plus que par l’empressement de finir l’affaire ; je ne l’ai pas négligée, quoique je sois resté à Villars. On m’a écrit que M. le Régent a donné sa parole, et comme j’ai celle de la personne[1] qui l’a obtenue du Régent, je ne crains point qu’on se serve d’un autre canal que le mien ; je peux même vous assurer que, si je pensais qu’ils eussent dessein de s’adresser à d’autres, mon peu de crédit auprès de certaines personnes serait assez fort pour faire échouer leur entreprise. Ces messieurs se moquent du monde de s’imaginer que le succès de l’affaire dépende de me voir arriver à Paris le 15 plutôt que le 20 ; quelques jours de plus ou de moins ne gâteront rien à nos arrangements.

Je pars jeudi, demain au soir, avec M. et Mme la maréchale de Villars. Quand je serai arrivé, il faudra que j’aille sur-le-champ à Versailles, dont je ne partirai qu’après avoir consommé l’affaire, ou l’avoir entièrement manquée. Vous me mandez que, si je ne suis pas à Paris aujourd’hui jeudi, la chose est manquée pour moi. Dites à vos messieurs qu’elle ne sera manquée que pour eux, que c’est à moi qu’on a promis le privilège, et que, quand je l’aurai une fois, je choisirai la compagnie qui me plaira. J’aurai l’honneur de vous voir vendredi et de recevoir vos ordres. Soyez toujours persuadée de mon attachement pour vous et pour M. de Bernières.

  1. Le duc de Richelieu sans doute. (A. F.)