Correspondance de Voltaire/1736/Lettre 608

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Correspondance : année 1736
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 34p. 85-86).

608. — À M. DE CIDEVILLE.
Ce 21 juin.

Malgré les ordres précis de monseigneur le garde des sceaux, malgré les soins empressés que M. Hérault a daigné prendre pour arrêter l’insolence, l’absurdité et la fourberie de Jore, ce misérable, aveuglé par Launai et par ceux qui le conduisent, a osé consommer son iniquité, et imprimer contre moi un factum ridicule. Pour toute réponse, M. Hérault le fait chercher pour le mettre dans un cul de basse-fosse ; mais comme le misérable, dans son libelle sous le nom de factum[1], a fait imprimer que je suis venu à Rouen sous le nom d’un seigneur anglais, et que je ne l’ai pas payé ; vous, M. de Lézeau, M. de Formont, et M. Desforges, vous êtes témoins que je ne me suis jamais donné pour autre que ce que j’étais. Quand vous ne seriez pas mon ami intime, vous me devriez un témoignage de la vérité ; je vous le demande donc instamment. Ainsi, mon cher ami, envoyez-moi sur-le-champ une attestation dont je ferai usage devant les juges, et qui servira à confondre la calomnie.

  1. Ce factum est reconnu odieux par Jore même, dans sa lettre du 20 décembre 1738, à Voltaire (voyez ci-après).