Correspondance de Voltaire/1749/Lettre 1965

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Correspondance : année 1749
Texte établi par Condorcet, Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 37p. 13-15).

1965. — AU CARDINAL QUERINI.
Parigi, 23 aprile.

Ho ricevuto l’onore della sua lettera del 17 marzo, coi bellissimi versi che sono per me un nuovo cumulo di favore, di gloria, ed un nuovo stimolo che m’instigherebbe a correre più allegramente nella strada della virtù, se la mia debole salute non ritardasse il mio corso, e non fosse per infiacchire le mie piccole forze. Non posso credere che cotali versi sieno tutti . composti da un giovane suo parente, e mi viene un piccolo dubbio, che Vostra Eminenza gli abbia dato un poco di ajuto. Diro seriosamente, e con riverenza ed ammirazione cio che dice Giunione da scherzo, o piuttosto con un amaro rimprovero :


Egregiam vero laudem, et spolia ampla refertis,
Tuque, puerque tuus.

(Æn., lib. IV, v. 93.)

E dirô ancora al nipote :

Avunculus excitet Hector.

(Æn., lib. III, v. 343.)

Spero di ricevere, fra pochi giorni, il picgo accennato nella di lei amabile lettera. In tanto le do avviso che ho presa la libertà di mandarle un piego per la via di Venezia, non sapendo allora che Vostra Eminenza fosse per andarsene a Roma. Questo piego contiene una piccola Dissertazione[1] intorno l’opinione volgare che pretende tutto il nostro globo esser stato spesso rovesciato e fracassato, e che asserisce le balene aver nuotato durante molli secoli sulla cima dell’ Alpi, Credo loche la terra sia stata sempre come fu creata (li 150 giorni del diluvio in fuori).

Gli esemplari che ho mandati a Vostra Eminenza le capiteranno in Roma, e le saranno rimandati da Brescia. Ô che commercio ! Mi cumula ella di perle e d’oro, e gli mando in contraccambio schioccherie ; ma, se i miei tributi sono leggieri, non è cosi frale il mio ossequio, e la mia costante ammirazione.

Saro sempre coll’ umiltà più rispettosa, e colle più ardenti brame del mio cuore[2], etc.

  1. Beuchot pense qu’il s’agit ici du texte italien de la Dissertation imprimée tome XXIII, page 219, et non de la Digression qui la termine.
  2. Traduction : J’ai reçu l’honneur de la lettre de Votre Éminence, du 17 mars, avec les beau vers qui sont pour moi le comble de la faveur, de la gloire, et un nouvel aiguillon qui me ferait courir plus allègrement dans le chemin de la vertu si ma débile santé ne retardait pas ma course et ne diminuait pas mes forces. Je ne puis croire que de tels vers aient été tous composés par un jeune homme de votre famille, et il me vient un léger soupçon que Votre Éminence lui a donné un peu d’aide. Je dirai sérieusement et respectueusement ce que Junon dit avec ironie, ou plutôt avec un amer reproche : Egregiam vero, etc. : et à votre neveu : Avunculus excitet, etc. J’espère recevoir d’ici à peu de jours le paquet annoncé dans l’aimable lettre de Votre Éminence. En même temps je lui donne avis que j’ai pris la liberté de lui adresser un paquet par la voie de Venise, ne sachant point alors qu’elle se disposât à aller à Rome. Ce paquet contient une petite Dissertation touchant l’opinion vulgaire qui prétend que tout notre globe a été souvent bouleversé et ruiné, et qui affirme que les baleines ont pendant des siècles nagé sur la cime des Alpes. Je crois, quant à moi, que la terre a toujours été telle qu’elle fut créée, les cent cinquante jours du déluge exceptés.

    Les exemplaires que j’ai adressés à Votre Éminence la rejoindront à Rome, et lui seront renvoyés de Brescia. Ô quel commerce ! Elle me comble de perles et d’or, et je lui mande en échange des balivernes. Mais si mon tribut est mince, il n’en est pas ainsi de mon respect et de ma constante admiration.

    Je serai toujours avec l’humilité la plus sincère et les plus ardents souhaits de mon cœur, etc.