Correspondance de Voltaire/1749/Lettre 1970

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Correspondance : année 1749
Texte établi par Condorcet, Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 37p. 16-17).

1970. — À MADAME LA COMTESSE D’ARGENTAL.
Ce vendredi, mai.

Cela n’est pas vrai, madame, vous ne pouvez pas être malade. On n’écrit point de si jolis billets quand on souffre. J’ai bien peur pourtant que cela ne soit trop vrai, et j’en suis au désespoir. Je viendrai ce soir, mort ou vif, savoir de vos nouvelles. Je travaille, mes chers et adorables anges, à mériter un peu tout ce que vous me dites de charmant.

Zaïre-Nanine-Gaussin sort de chez le moribond, qu’elle n’a point rappelé à la vie, toute jolie qu’elle est. Elle jouera Zaïre et puis Bevildera ; point de Sémiramis. J’attendrai, et j’aurai plus de temps pour y mettre la dernière main, si jamais on peut mettre la dernière main à un ouvrage qu’on veut rendre digne des anges de ce monde.

J’ai fait cent vers à Nanine[1], mais je me meurs.

  1. Voyez tome V, page 1.