Correspondance de Voltaire/1749/Lettre 1995

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Correspondance : année 1749
Texte établi par Condorcet, Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 37p. 44).

1995. — À M. LE COMTE D’ARGENTAL.
À Lunéville, le 16 août.

Cet ordinaire doit apporter à mes divins anges une cargaison des deux premiers actes de Catilina. Mais pourquoi intituler l’ouvrage Catilina ? C’est Cicéron qui est le héros ; c’est lui dont j’ai voulu venger la gloire, lui qui m’a inspiré, que j’ai tâché d’imiter, et qui occupe tout le cinquième acte. Je vous en prie, intitulons la pièce Cicèron et Catilina.

Voilà une plaisante guerre qui va s’allumer ! J’aurai pour moi tous les collèges. Je devrais avoir tous ceux qui aiment les grands hommes ; Cicéron l’était.

Je vous demande en grâce de lire le premier acte au président Hénault. Voilà le cas où il faut des amis. Il y a longtemps que je vous traite de conjurés ; mettez-vous tous de la conspiration. Cette aventure est plus guerre civile que Sémiramis. Courage, coadjuteur[1] ! Aux armes, monsieur de Choiseul[2] ! Animez-vous, monsieur de Pont-de-Veyle ! Soyez tous de vrais Romains ; battez les barbares.

  1. L’abbé de Chauvelin.
  2. Le comte de Choiseul, créé duc de Praslin en novembre 1762.