Correspondance de Voltaire/1749/Lettre 1998

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Correspondance : année 1749
Texte établi par Condorcet, Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 37p. 47).

1998. — À MADAME LA COMTESSE DE VERTEILLAC[1].
Lunéville, le 20 août.

La lettre dont vous m’avez honoré, madame, m’a été rendue fort tard à Lunéville. Mes sentiments vous avaient prévenue dans tout ce que vous me dites de l’abbé Trublet, et votre estime pour lui ne fait qu’augmenter celle qu’il m’a inspirée dès longtemps. Mes voyages et ma mauvaise santé ne me permettent guère de me mêler des affaires de l’Académie ; mais je m’intéresse trop à sa gloire pour ne pas souhaiter d’avoir l’abbé Trublet pour confrère. Ce désir, que vous augmenteriez en moi, madame, s’il n’était pas déjà très-vif, me procure au moins aujourd’hui le plaisir de vous dire combien j’honore votre ami. Je lui envie le bonheur qu’il a de vous voir, et je lui demanderais le bonheur d’être admis dans votre cour avec plus d’empressement qu’il ne souhaite d’être de celle des Quarante[2].

Je suis avec respect, etc.

Voltaire.
  1. Voyez la lettre 1819.
  2. Trublet, compatriote de Maupertuis, avait essayé d’entrer à l’Académie dès 1736 ; mais il ne parvint à s’y glisser qu’en 1761, (Cl.)