Correspondance de Voltaire/1749/Lettre 2003

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Correspondance : année 1749
Texte établi par Condorcet, Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 37p. 53).
2003. — À M. ALLIOT[1],
conseiller aulique.
Lunéville, le 29 août, à neuf heures du matin.

Je vous prie, monsieur, de vouloir bien avoir la bonté de me faire savoir si je puis compter sur les choses que vous m’avez promises, et s’il n’y a point quelque obstacle.

Le mauvais état de ma santé ne me permet ni de rester longtemps à la cour du roi, auprès de qui je voudrais passer ma vie, ni d’avoir l’honneur de manger aux tables auxquelles il faut se rendre à un temps précis, qui est souvent pour moi le temps des plus violentes douleurs. Il fait froid d’ailleurs, les matins et les soirs, pour les malades.

Il serait un peu extraordinaire que, malgré votre amitié, on refusât ici les choses nécessaires à un homme qui a tout quitté pour venir faire sa cour à Sa Majesté.

Je vous prie de me faire savoir s’il faut en parler au roi.

Voltaire.

  1. Alliot était commissaire général de la maison du roi Stanislas. Son économie allait un peu loin, car Voltaire dit, dans ses Mémoires, que Mme de Boufllers « tirait à peine alors du roi de Pologne de quoi avoir des jupes ».