Correspondance de Voltaire/1749/Lettre 2004

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Correspondance : année 1749
Texte établi par Condorcet, Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 37p. 53-54).

2004. — À M. ALLIOT,
conseiller aulique.
Le 29 août, à neuf heures un quart du matin.

Je vous supplie, monsieur, de vouloir bien donner des ordres en vertu desquels je sois traité sur le pied d’un étranger ; et ne me mettez pas dans la nécessité de vous importuner tous les jours.

Je suis venu ici pour faire ma cour au roi. Ni mon travail ni ma santé ne me permettent d’aller piquer des tables. Le roi daigne entrer dans mon état ; je compte passer ici quelques mois.

Sa Majesté sait que le roi de Prusse m’a fait l’honneur de m’écrire quatre lettres pour m’inviter à aller chez lui. Je puis vous assurer qu’à Berlin je ne suis pas obligé à importuner pour avoir du pain, du vin, et de la chandelle. Permettez-moi de vous dire qu’il est de la dignité du roi et de l’honneur de votre administration de ne pas refuser ces petites attentions à un officier de la cour du roi de France, qui a l’honneur de venir rendre ses respects au roi de Pologne.