Correspondance de Voltaire/1761/Lettre 4566

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Correspondance : année 1761
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 41p. 314-315).

4566. — À M. LE PRÉSIDENT DE RUFFEY.
Ferney, 9 juin.

Quoique je sente parfaitement, mon cher président, que ce n’est qu’à vous que je dois l’honneur d’être Bourguignon, cependant je crois de mon devoir de remercier l’Académie, et encore plus de mon devoir de faire passer le remerciement par vos mains. Vous avez, je crois, un confrère infiniment aimable, c’est M. de Quintin[1] : non-seulement il m’écrit des lettres charmantes, mais je lui ai obligation. Il mérite bien mes remerciements autant que l’Académie. Vous voilà chargé de ma reconnaissance, j’en aurai bien davantage si vous venez dans mes cabanes ; M. de La Marche me le fait espérer. Je suis bien malingre, mais je tâcherai de vivre jusqu’au mois de septembre pour vous recevoir ; vous savez peut-être que j’ai des procès pour le sacré et pour le profane[2]. Puisque je suis en train de m’adresser à vos bontés, souffrez encore que je mette dans ce paquet une lettre pour mon avocat, M. Arnoult[3], qui me paraît homme d’esprit.

Mille pardons, et mille remerciements. V.

  1. Louis Quarré de Quintin, nommé procureur général au parlement de Bourgogne en survivance de son père, le 18 avril 1724, l’un des directeurs de l’Académie de Dijon le 31 juillet 1762, procureur général démissionnaire en 1765, mort à Dijon le 4 juillet 1768. C’est un des correspondants auxquels le président de Brosses adressa ses Lettres sur l’Italie. Girault, dans une note répétée par Beuchot, confond ce magistrat avec François Quarré de Quintin son père, reçu avocat général le 2 janvier 1698, et procureur général le 18 mars 1709. (Th. F.)
  2. Le procès pour le sacré avait trait aux irrégularités canoniques reprochées à Voltaire à l’occasion de la reconstruction d’une église à Ferney. Celui pour le profane était tout à fait étranger au président de Brosses, quoi qu’en ait dit Girault, copié à tort ici par Beuchot. Il était relatif à un droit de passage prétendu par un sieur Mallet à travers les jardins de Voltaire à Ferney. (Th. F.) — Voir sur ces deux points la lettre de Voltaire à l’avocat Arnoult du 9 juin 1761.
  3. C’est la lettre 4565.