Correspondance de Voltaire/1767/Lettre 6682

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Correspondance : année 1767GarnierŒuvres complètes de Voltaire, tome 45 (p. 55-56).

6682. — À M. LE RICHE.
18 janvier.

Mes fréquentes maladies, monsieur, et des affaires non moins tristes que les maladies, m’ont privé longtemps de la consolation de vous écrire.

Il y a un paquet pour vous à Nyon en Suisse, depuis plus de quinze jours ; les neiges ne lui permettent pas de passer, et je ne sais même par quelle voie il pourra vous parvenir, à moins que vous ne m’en indiquiez une.

Je vous suis très-obligé des éclaircissements historiques[1] que vous avez bien voulu me donner sur un des plus grands génies qu’ait jamais produits la Franche-Comté, Nonotte. Le mal est que beaucoup d’imbéciles sont gouvernés par des gens de cette espèce, et qu’on les croit souvent sur leur parole. Les honnêtes gens qui pourraient les écraser ne font point un corps, et les fanatiques en font un considérable. Si on ne se réunit pas, tout est perdu. Il est bien juste que les esprits raisonnables soient amis ; et votre amitié, monsieur, fait une de mes consolations.

  1. Ce sont probablement ceux que Voltaire donne tome XXVI, page 151, et qu’il dit tenir d’un homme en place.