Coups d’ailes/Les Madeleine

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Bibliothèque de l’Action française (p. 133-136).

Les Madeleine


Ce sont les « Madeleine » ;
On les connaît à peine
Chez nous.
Mais elles sont si belles
Qu’on croit voir des dentelles.
Tout doux !


Pour elles, la mer chante,
Et n’est jamais méchante,
C’est sûr !
Et les vents sont dociles
Pour les petites îles
D’azur.

Dans un souffle de gloire
S’est faite leur histoire.
Et ceux
Qui les ont pour patrie
Savent aimer la vie,
Joyeux.

Un jour vinrent leurs pères,
Broyés par les misères
D’un vol.
Alors, sapins et « plaines »
Recouvraient par centaines
Le sol.


Mais eux, dès l’arrivage,
En firent l’abatage
Cruel.
Etant d’âme française,
Ils voulaient voir à l’aise
Le ciel !

Les fils de cette race
Ont la foi pour cuirasse,
L’ardeur,
L’amour de la payse
Et l’amour de l’Église
Au cœur !

Pour une seule dune
Toute d’or, à la brune,
Parfois,
Ô mes îles mignonnes,
Vous auriez les couronnes
Des rois !


Sentinelles placées
Aux routes avancées,
Là-bas,
Restez toujours des nôtres,
Car demain viendront d’autres
Combats.

Au sein de l’Atlantique,
Sous un ciel magnifique,
Dormez !
Malgré la souvenance
De l’odieuse offense,
Aimez !

Salut, les « Madeleine » ;
On vous connaît à peine,
Tout doux !
Mais vous êtes si belles :
Il n’est point d’autres telles
Que vous !


Iles de la Madeleine.