Cours d’agriculture (Rozier)/ÉSULE

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Hôtel Serpente (Tome quatrièmep. 362).


ÉSULE (Petite). Voy. planche 2, page 195 M. von Linné la classe dans la dodécandrie trigynie, & la nomme euphorbia cyparissias. M. Tournetort la place dans la troisième section de la première classe, qui comprend les herbes à fleur d’une seule pièce, & en forme de cloche, dont le pistil se change en un fruit sec ; il l’appelle tithymalus cyparissias.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 4, pl. 2 esule petite.png

Fleur, en cloche, d’une seule pièce, découpée en quatre parties. En C le tube de la fleur est représenté ouvert, afin de laisser voir le pistil qui s’attache à l’extrémité du pédoncule ; les étamines sont plus courtes que le tube.

Fruit. Le pistil devient un fruit D, composé de trois capsules E, qui se réunissent ; ces capsules s’ouvrent en deux valves F, & renferment chacune une semence G, presque ronde.

Feuilles ; celles de la tige étroites, fétacées en forme de fer de lance, semblables à celles du cyprès, d’où elle a pris son nom.

Racine A, grosse, très-fibreuse ; B, représente la manière dont elle se reproduit par rejeton.

Port. Tiges & feuilles laiteuses. La tige s’élève depuis un jusqu’à deux pieds, & porte à son sommet une quantité de rameaux disposés en ombelle, subdivisés deux à deux, & au sommet desquels naissent des fleurs jaunes ; il y a des rameaux stériles.

Lieu. Les terreins incultes, les bords des chemins ; elle s’empare des champs si on néglige de la détruire dans le commencement ; la plante se multiplie par racine & par ses semences, fleurit au retour de la chaleur.

Propriété. Cette plante est mortelle pour les brebis. Les feuilles sont inodores ; leur saveur approche d’abord de celle de l’amande ; ensuite elle est âcre & brûlante ; celle de la racine est très-âcre & caustique. Toutes les ésules sont vénéneuses ; desséchées, elles donnent un purgatif violent & dangereux, à cause de l’inflammation qu’il excite dans les intestins. Les feuilles récentes & froissées, appliquées sur la peau, font l’office de vésicatoire ; le plus prudent est donc de ne jamais employer cette plante ni pour les hommes, ni pour les animaux, quoique plusieurs auteurs la recommandent, surtout pour ces derniers. On a vendu pendant long-temps sa racine réduite en poudre, sous la dénomination de poudre fébrifuge, comme un remède spécifique ; quand même c’en seroit un, ce qui est plus que douteux, il vaut mieux ne pas l’employer.