Cours d’agriculture (Rozier)/ABSINTHE (petite)

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Hôtel Serpente (Tome premierp. 205).


Absinthe (petite), ou Pontique. Absinthium ponticum tenui-folium. C. B. P. Arthemisia pontica. L. Elle diffère de la première par son réceptacle nud, par ses feuilles très-divisées, & découpées très-finement. Elles sont couvertes en dessous d’un duvet blanchâtre. La racine est ligneuse, fibreuse & rampante ; les tiges ne s’élèvent ordinairement qu’à la hauteur d’un pied & demi.

Lieu. La Hongrie, la Thrace ; les jardins, en Provence & en Languedoc. Cette plante est vivace.

Propriétés. Les mêmes que celles de la précédente, mais avec moins d’activité.

Usages. Elle excite légèrement le cours des urines, cause quelquefois dans la région épigastrique une douleur plus ou moins vive. Elle est indiquée dans les maladies occasionnées par les vers contenus dans les premières voies, lorsqu’il n’y a point d’inflammation ; dans les fièvres intermittentes, dans les obstructions du foie par fièvre intermittente, dans les pâles couleurs, dans les maladies de foiblesse, dans la suspension des règles avec cachexie, dans les météorismes sans inflammation ni disposition vers cet état, dans la gangrène humide ; dans les rapports acides, unie avec les terres absorbantes. Intérieurement & extérieurement, elle est nuisible aux personnes dont la poitrine est délicate & foible, & à celles dont les viscères du bas-ventre sont faciles à s’enflammer ; aux sujets exposés à des maladies convulsives, aux enfans, aux femmes enceintes, & à celles qui nourrissent. Ainsi l’on voit qu’il faut de la prudence & du discernement pour prescrire l’usage de ces deux espèces d’absinthe.

Les feuilles sèches se donnent depuis demi-drachme, jusqu’à une once, dans six onces d’eau. Les feuilles récentes, depuis une drachme, jusqu’à une once & demie, également en infusion dans cinq onces d’eau.