Cours d’agriculture (Rozier)/ALEXITÈRES

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Hôtel Serpente (Tome premierp. 393-394).


ALEXITÈRES. Mot, pour ainsi dire, synonyme avec le précédent. Les remèdes alexipharmaques ou alexitères, agissent en augmentant & en réveillant l’action des solides & des fluides ; ils rendent le cours du sang plus libre, agacent les fibres, leur rendent leur élasticité, en même tems qu’ils divisent & atténuent les fluides : la circulation se fait alors beaucoup mieux, la chaleur naturelle augmente, la pâleur du visage se dissipe, les membres prennent de la vigueur, & les fonctions du corps se rétablissent. Leur action est prompte, & par conséquent de peu de durée.

On associe les substances alexitères aux purgatives, aux vomitives, lorsqu’il y a indication d’évacuer & de soutenir en même tems les forces affoiblies du malade. On les joint quelquefois aux sudorifiques pour que leur action se soutienne plus long-tems. On voit par ce simple énoncé, que les alexitères ne conviennent point lorsque le sang est trop raréfié, quoique les forces soient abattues. On ne peut donc pas les employer, lorsque les viscères sont enflammés, dans le colera morbus, lorsqu’il se fait quelques évacuations critiques.

Comme il est plus aisé à la campagne, & souvent plus court, de trouver des plantes que les remèdes pharmaceutiques, voici le nom de quelques plantes regardées comme alexitères. Le chardon bénit, le chamædris ou petit chêne, le scordium, les feuilles de rue & de sauge, la gentiane, l’impératoire, la scorsonère, le raisin de renard, l’écorce d’orange, les baies de genièvre, les semences de persil, d’ammi, du fenouil tortu, &c. On peut consulter ces mots pour apprendre à qu’elle dose on doit les administrer.