Cours d’agriculture (Rozier)/ALMANACH (supplément)

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Marchant (Tome onzièmep. 123-124).


ALMANACH, (Physique.) Ce que l’on a dit dans le texte relativement aux almanachs, et à la futilité des prédictions qu’on en tire, est très-juste et très-raisonnable ; mais je ne dois pas dissimuler que les conjectures qui suivent ces réflexions, sont extrêmement incertaines.

Le principe fondamental sur lequel on s’appuie, est l’action de la lune sur l’atmosphère, action que l’on suppose devoir produire un flux et un reflux analogue à celui des mers. De là, tous les changemens de temps, et leurs retours périodiques comme les révolutions de la lune ; mais malheureusement le principe, quoique vrai en lui-même, l’est beaucoup moins dans les applications. À la vérité, l’attraction de la lune soulève un peu l’atmosphère ; mais cet effet est extrêmement foible à cause du peu de densité de l’air, et ceci n’est pas seulement une conjecture, car on démontre, par un calcul rigoureux, que dans les cas les plus favorables, les actions réunies de la lune et du soleil ne produisent pas dans l’air un déplacement de sept centimètres par seconde. (Voyez la Mécanique Céleste, tome II, p. 297.) Or, il paroît impossible de constater l’existence d’un vent assez peu considérable dans cette atmosphère, d’ailleurs très-agitée ; la vérité est que nous ignorons jusqu’à quel point ces petites oscillations peuvent influer sur les causes diverses qui agissent sur un fluide aussi mobile que l’air, et dans lequel, à raison de cette grande mobilité, une cause très-légère peut être la source de très-grands changemens. C’est au temps et à l’expérience à nous éclairer sur ce sujet, comme sur tant d’autres. (I. B.)