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Cours d’agriculture (Rozier)/AVORTEMENT

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 107-108).


AVORTEMENT. Si la poussière fécondante renfermée dans les anthères des étamines, après être tombée sur le stigmate du pistil, n’y prospère point, par quelques causes particulières ; si dans le temps de la fleuraison, des insectes endommagent le stigmate ; si des gelées blanches le brûlent ; si une pluie trop abondante l’altère, alors l’embryon, ou le germe ne vient point à terme ; en un mot, la semence avorte. Dans plusieurs provinces on nomme cet accident, la coulure du fruit.

La fleur n’est pas la seule partie de la plante qui soit sujette à l’avortement ; la tige, surtout celle du blé, est souvent attaquée de cette maladie. (Voyez Blé, Maladies des végétaux.)

En terme de forêt, on dit qu’un arbre est avorté, quand il n’est pas d’une belle venue, parce que le terrain ne lui a pas fourni du suc nourricier en assez grande quantité, & d’assez bonne qualité, ou parce que quelques accidens locaux, comme lorsque les bestiaux se frottent contre de jeunes plants, & écorchent leur écorce, leur causent un dommage considérable. Les arbres deviennent alors noueux & rachitiques. Qu’un cultivateur n’oublie jamais qu’il est beaucoup plus facile de prévenir ces maladies que de les guérir. M. M.


Avortement, Médecine vétérinaire. Accouchement prématuré. Il arrive avant le onzième mois dans la jument, avant le neuvième dans la vache, & avant le sixième chez la brebis.

Les exercices violens, les chûtes, les sauts, les coups sous le ventre, la mauvaise nourriture, la peur & l’effroi l’occasionnent.

La jument & la vache avortent ordinairement sans danger. Quand la sortie du fœtus est difficile, il faut saigner l’animal, s’il y a abondance de sang ; lui extraire les matières contenues dans l’intestin rectum, & lui donner quelques lavemens émolliens dans la vue d’opérer le relâchement de l’orifice de la matrice. On peut aussi fomenter les reins & le ventre avec de l’eau-de-vie chaude. Lorsque la bête a mis bas, il est à propos de lui donner un peu de vin, du son humecté, du foin bien choisi & beaucoup d’eau blanche. La brebis avorte plus souvent ; elle demande d’être nourrie de la même manière, & de rester tranquille dans la bergerie pendant quatre ou cinq jours, & à l’abri de tout courant d’air ; après quoi, on la remet à sa nourriture ordinaire. M. T.