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Cours d’agriculture (Rozier)/BECCABUNGA

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 182-183).


BECCABUNGA, ou Véronique aquatique, ou Beccabunga à feuilles rondes. (Pl. 4, p. 181) M. Tournefort le place dans la sixième section de la seconde classe, qui renferme les herbes à fleur d’une seule pièce, en forme d’entonnoir, dont le pistil devient un fruit dur & sec ; Il l’appelle beccabunga major officinalis. M. Linné le classe dans la diandrie monogynie, le range parmi les véroniques, & il le nomme veronica beccabunga.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 2, pl. 4 b beccabunga.png

Fleur B, d’une seule pièce, en forme de tube à sa base ; elle est divisée en quatre parties arrondies ; les étamines, au nombre de deux, sont attachées aux parois de la corolle, & sont plus grandes qu’elle ; la fleur n’a qu’un pistil C, terminé par un stigmate sphérique ; toutes les parties de la fleur sont renfermées dans le calice D, d’une seule pièce, découpé en quatre parties aiguës.

Fruit. Le pistil se change en une capsule E, en forme de cœur, comprimée par le haut, à deux loges, & à quatre valvules F, qui renferment de très-petites semences rondes noirâtres G.

Feuilles, ovales, planes, lisses, luisantes, crenelées.

Racine A, fibreuse, blanche, rampante, noueuse.

Lieu. Les fossés remplis d’eau vive, elle est vivace, & fleurit en Mai & Juin.

Port, Les tiges ordinairement couchées, quelquefois droites, hautes d’un pied ; elles sont cylindriques, rougeâtres, branchues ; les fleurs, d’un joli bleu, naissent disposées en épi sur des rameaux qui partent des aisselles des feuilles ; les feuilles sont opposées deux à deux sur les nœuds, & les tiges poussent des racines par ces nœuds.

Propriétés. L’herbe est insipide au goût, & sans odeur ; elle est détersive, diurétique, antiscorbutique, vulnéraire.

Usage. Les feuilles sont indiquées au défaut du cresson pour le scorbut ; & c’est cette propriété qui l’a fait nommer par quelques-uns, & assez mal à propos, cresson de fontaine. La multiplicité de dénominations induit à chaque instant en erreur. Pour l’homme, on prescrit son suc à la dose de quatre onces, ou seul, ou mêlé avec du petit-lait. On emploie la plante dans les tisannes, les apozêmes altérans, apéritifs, antiscorbutiques, depuis une poignée jusqu’à quatre ; la conserve, à la dose d’une once. Son eau distillée est inutile & semblable à l’eau ordinaire ; le sirop a les mêmes propriétés que l’infusion des feuilles. Les feuilles pilées & cuites dans l’eau, sont, dit-on, antihémorrhoïdales. Elle sert également pour les animaux, sur-tout son infusion.