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Cours d’agriculture (Rozier)/BISTORTE

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 269).


BISTORTE. M. Tournefort la place dans la seconde section de la quinzième classe, qui comprend les fleurs apétales, à étamines, dont le pistil devient une semence enveloppée par le calice ; & il l’appelle bistorta major radice minus intorta. M. von Linné la nomme polygonum bistorta, & la classe dans l’octandrie trigynie.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 2, pl. 7 bistorte.png

Fleur, sans corolle, & le calice B corollé lui en tient lieu ; il est divisé en cinq ; en C, il est représenté vu par derrière. Au milieu du calice sont renfermées huit étamines plus longues que lui, & le pistil D est au milieu ; il est divisé en trois à son sommet, & chaque partie est cylindrique & recourbée également.

Fruit. Le pistil se change en une graine E ovale, terminée en pointe, sillonnée sur les côtés.

Feuilles, simples, ovales, oblongues ; celles des racines portées par des pétioles, & celles des tiges les embrassent par leur base.

Racine A, charnue, presque tubéreuse, contournée, torse ; la partie solide jette des fibres ramifiées.

Port. Tige très-simple, d’un ou deux pieds de haut ; grêle, lisse, cylindrique, noueuse, ne portant qu’un seul épi de fleurs ; ovale, de couleur rougeâtre ; les feuilles sont alternativement placées sur les tiges.

Lieu. Les montagnes, les prés élevés, & fleurit en Mai & en Juin ; la plante est vivace.

Propriétés. La racine n’a point d’odeur, & sa saveur est âpre & austère. Elle est vulnéraire, astringente.

Usage. La racine seule, en général, est d’usage ; on la regarde comme spécifique contre les fleurs blanches, pour suspendre la diarrhée occasionnée par la foiblesse de l’estomac & des intestins. Il n’est pas si bien démontré qu’elle guérisse les fièvres intermittentes. Extérieurement, elle consolide les plaies récentes, lorsqu’elle est réduite en poudre, & elle desséche les ulcères sanieux. Son effet le plus décidé, est de constiper & de suspendre l’hémorrhagie utérine par pléthore ou par blessure. La racine sèche se donne depuis demi-once jusqu’à une once, en macération dans six onces d’eau ; les feuilles récentes, depuis demi-once jusqu’à deux onces, en infusion dans cinq onces d’eau. La décoction est utile en gargarisme dans les maux de gorge. La dose pour les gros animaux, est de quatre onces de poudre en infusion dans une demi-livre d’eau.

Sa graine peut servir à la nourriture des oiseaux de basse-cour.