Cours d’agriculture (Rozier)/BLATTE (supplément)

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BLATTE, (Addition à l’article de la Blatte, tome I, page 284.) La description de cet insecte dégoûtant et nuisible n’est pas ce qui intéresse le plus l’économie domestique. Très-multiplié en plusieurs endroits, il n’est que trop connu par ses dégâts, et l’incommodité qu’il occasionne dans nos habitations ; mais les moyens de s’en préserver ne sont pas généralement répandus.

Les odeurs fortes et pénétrantes, telles que celle du camphre, éloignent la blatte et l’empêchent de s’introduire dans les armoires et les coffres qui en sont parfumés. Les huiles âcres et volatiles produisent le même effet ; elles sont en usage dans l’Inde, non seulement pour chasser les blattes, mais encore pour écarter les fourmis, excessivement nombreuses dans les climats chauds. Mais, si l’on veut détruire les premières, l’on prendra un peu de suie de poêle, que l’on mêlera avec une égale quantité de pain émié, ou avec une poignée de pois cuits, dont les blattes sont très friandes ; on placera cette préparation, quand tout le monde est retiré, par-tout où ces animaux, ont coutume de se répandre pendant la nuit ; cet appât est un poison pour eux, et tous ceux qui en mangent périssent presque à l’instant.

Ce procédé est indiqué par M. Hendel, fermier Saxon, et traduit dans l’ancienne Feuille du Cultivateur, tom. III, pag. 303. Il réussit, également, suivant l’auteur, pour détruire les grillons, insectes beaucoup moins malfaisans que les blattes.

On donne souvent à la blatte le nom de bête noire. Linnæeus l’a désignée sous la dénomination de blatta orientalis. (S.)