Cours d’agriculture (Rozier)/BOUQUET

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 410).


BOUQUET, ou Noir Museau. Médecine vétérinaire. Cette maladie reçoit un nom très-différent dans chaque province. Ici, elle est connue sous la dénomination de bouquin, de biquet, de barbouquet, de faux-museau, de charbon, de faux-nez, de poëre : là, sous celle de verveine, de feu-sacré, &c. C’est une espèce de gale qui affecte ordinairement le museau des brebis, & qui s’étend quelquefois jusqu’aux tempes, au-dessous de l’oreille. Quand cette maladie est récente, elle se guérit en frottant seulement une fois par jour la partie affectée avec un onguent de soufre & d’huile d’olive ; si aucontraire elle est invétérée, elle est plus difficile & plus rebelle au traitement ; il faut pour lors frotter l’endroit affecté avec un mélange de parties égales de chenevis, de soufre, d’ellébore noir & d’euphorbe.

Ce mal survient aussi aux lèvres, & quelquefois dans l’intérieur de la bouche des agneaux & des chevreaux. Ils n’en sont attaqués que lorsqu’on leur a laissé brouter l’herbe toute couverte de rosée ; cette maladie est mortelle pour ceux qui tettent. On y remédie en pilant ensemble de l’hyssope, ou toute autre plante aromatique & du sel, & en frottant de ce mélange la partie, qu’on lave ensuite avec du vinaigre. M. T.

Cette maladie se communique. Les bêtes qui en sont attaquées, sentent continuellement une vive démangeaison qui les oblige de se frotter contre les râteliers & les imprègne de l’humeur qui les dévore. Le reste du troupeau, cherchant à manger au râtelier, touche de ses lèvres le virus qui le couvre. Il s’attache à sa peau & s’y insinue peu à peu, de manière que quelques jours après tout le troupeau est infecté. Dès qu’on s’apperçoit de la maladie, il faut sur le champ saigner l’animal malade & interdire toute communication.

Le berger qui a pansé l’animal, devroit, avant de rentrer dans la bergerie, se laver les mains avec de l’eau, & ensuite avec du vinaigre ; & il seroit plus prudent encore, si le pansement de l’animal étoit confié à un valet de la ferme, qui n’auroit aucun rapport avec le troupeau.