Cours d’agriculture (Rozier)/BOURRACHE

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Hôtel Serpente (Tome secondp. 415-416).


BOURRACHE. (Voyez Planche 14, page 404). M. Tournefort la place dans la quatrième section de la seconde classe qui comprend les herbes à fleur d’une seule pièce, en forme d’entonnoir, dont le fruit est composé de quatre semences renfermées dans le calice de la fleur, & il l’appelle borrago floribus cœruleis. M. von Linné la nomme borrago officinalis, & la classe dans la pentandrie monogynie.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 2, pl. 14 bourrache.png

Fleur B, d’un seul pétale, divisé en cinq segmens aigus, quelquefois de couleur rose, & le plus souvent bleue, & même blanche dans l’arrière-saison. Les étamines, au nombre de cinq, sont attachées par leur base au milieu du pétale, & se rassemblent en un faisceau de forme conique au milieu de la fleur. Les étamines détachées du pétale sont représentées en C ; le calice D est divisé en cinq feuilles étroites & pointues ; le pistil s’élève du centre & passe au milieu du faisceau des étamines.

Fruit E. Un calice renflé renferme quatre graines nues F, dont une avorte ordinairement ; elles sont cylindriques, ridées & noirâtres dans leur maturité.

Feuilles, toujours placées alternativement, larges, arrondies, rudes, ridées, couchées sur terre, hérissées de poils assez durs.

Port. La tige s’élève à la hauteur d’une coudée, velue, branchue, creuse, cylindrique ; les fleurs naissent au sommet des rameaux, & sont portées sur des péduncules longs d’un pouce au moins, & elles s’inclinent vers la terre.

Lieu. Dans les champs, dans les jardins ; elle est annuelle, & fleurit presque pendant toute l’année, tant que la chaleur subsiste, & plus particulièrement en Juin & Juillet.

Propriétés. La racine est d’une saveur visqueuse ; toute la plante contient un suc visqueux & fade ; les feuilles passent pour être diurétiques & expectorantes, & les fleurs béchiques.

Les feuilles récentes, principalement le suc exprimé des feuilles, sont quelquefois indiqués dans la péripneumonie essentielle, lorsque la langue est sèche, la soif considérable, la toux vive & séche. L’observation a confirmé que l’infusion & le suc exprimé des feuilles de bourrache pèsent sur l’estomac, & augmentent souvent l’oppression dans les maladies inflammatoires de la poitrine, plutôt que de la diminuer. On ne sait trop par quel motif les anciens ont placé les fleurs de bourrache au rang des quatre fleurs cordiales. Il est bien prouvé qu’elles n’augmentent ni les forces vitales, ni les forces musculaires ; elles sont fades & sans odeur.

Usages. On prépare avec cette plante un syrop, une conserve, qui n’ont d’autre activité que celle procurée par le sucre. Le syrop ordinaire vaut tout autant. L’eau distillée des fleurs est inutile, & n’a aucune supériorité sur l’eau ordinaire bien pure. On donne le suc exprimé, depuis deux onces jusqu’à trois ; & pour l’animal, deux fortes poignées de feuilles en décoction.