Cours d’agriculture (Rozier)/CAPSULE, CAPSULAIRE

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 556-558).


CAPSULE, CAPSULAIRE, Botanique. Ce terme désigne la première espèce de péricarpe, ou de cette partie du fruit qui enveloppe & défend le fruit. (Voyez Péricarpe ou Fruit) La capsule est une enveloppe formée ordinairement de plusieurs panneaux. Quand ils sont jeunes & qu’ils ne commencent qu’à se former, ils sont encore tendres, la capsule est très-succulente, remplie de quantité de vaisseaux dont les principaux forment des arêtes ou des cordons ombilicaux par lesquels les semences sont attachées & reçoivent la nourriture. Avant la maturité des graines & le dessèchement des capsules & de leurs panneaux, elles sont remplies dans le tems de leur verdeur d’une pulpe succulente, très-utile aux semences. À mesure que la maturité fait des progrès, le dessèchement s’opère, & les valves ou battans le percent, la capsule s’entrouve, les semences se détachent des vaisseaux qui les nourrissoient, & à la fin elles s’échappent par les issues qu’elles rencontrent ; car les capsules peuvent s’ouvrir & s’ouvrent en effet en différens sens, dans les diverses plantes à fruits capsulaires. La capsule s’ouvre par le haut dans le pavot, l’œillet ; par le bas dans la campanule ; en travers dans le mouron ; la disposition de l’ouverture de la capsule dans le mouron est assez singulière ; elle est découpée circulairement, ce qui lui a fait donner le nom de capsula circumcissa : celle de l’ancolie s’ouvre longitudinalement.

La forme de la capsule en général varie beaucoup ; elle est cylindrique dans la saponnaire, l’œillet, la gentiane ; globuleuse dans le pain de pourceau ; ovale dans la morgeline ; courbée dans le ceraiste commun ; anguleuse dans la campanule ; torse dans la spirée-ormière ; enfin scrotiforme, c’est-à-dire, composée de deux globes réunis & un peu comprimés du côté ou ils se touchent, comme dans la mercuriale.

Si la capsule n’a qu’une seule valve qui ne s’ouvre que d’un côté pour laisser échapper la semence, alors on la nomme univalve, comme dans le dauphin, la pivoine ; si une cloison la sépare en deux parties, & qu’elle forme, en s’ouvrant, deux panneaux bien différens, alors elle est bivalve, comme dans la dorine, la mitella de Tournefort ; elle est trivalve dans les lys, le polycarpe ; quadrivalve, dans l’épilobe, la bruyère ; quinquevalve dans la lampette, le coris.

Nous n’avons considéré la capsule que par rapport à sa forme extérieure & à la manière dont elle s’ouvroit ; pénétrons dans son intérieur, & suivons-la dans ses divisions ou cavités. Ces cavités portent communément le nom de loges, & alors la capsule est uniloculaire lorsque sa cavité n’est point divisée, comme dans la primevert, la violette ; cette capsule contient une ou plusieurs semences, une dans le charme, deux dans l’arroche, plusieurs dans l’œillet. La capsule est biloculaire, ou à deux loges, lorsqu’une cloison la sépare par le milieu, & chaque loge contient, ou une semence, comme dans l’érable, ou deux, comme dans le lilas ; triloculaire, comme dans les lys, le tournesol des teinturiers, le paliurus, la camelée ; les trois loges de ces deux dernières ne contiennent chacune qu’une semence, tandis que celles de la tithymale, de la toute-saine ou androsœmum, en renferment plusieurs ; quadriloculaire, comme le fusain & l’airelle, dont chaque loge ne renferme qu’une semence, & quelques bruyères qui en contiennent plusieurs ; à cinq loges, comme la pyrole, dont chaque cavité est remplie de semences : la capsule du tilleul est aussi à cinq loges, & ne devroit contenir que cinq semences, mais il n’y en a ordinairement qu’une seule qui réussisse ; à six loges remplies de semences, comme l’aristoloche, le cabaret ; à huit loges, le lin ; à dix loges, quelques espèces de lin ; enfin à loges nombreuses & indéterminées, comme les cistes & le nénufar.

Quelquefois les loges des capsules sont tellement distinguées, qu’elles forment plusieurs capsules réunies, mais distinctes ; alors cette espèce de péricarpe devient polycapsulaire. (Voyez Péricarpe) M. M.