Cours d’agriculture (Rozier)/CHARDON ÉTOILÉ

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Hôtel Serpente (Tome troisièmep. 43-44).


Chardon étoilé ou Chausse-Trape. (Voyez Planche I.) M. Tournefort le nomme carduus stellatus, sivè calcitrapa. M. von Linné l’appelle centaurea calcitrapa & tous deux le placent dans la classe du précédent.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 3, pl. 1 chardon étoilé.png

Fleur. Les fleurs s’annoncent longtemps avant la fleuraison, par quelques épines C, qui, par leurs différens degrés d’accroissement, offrent d’abord l’enveloppe entière D. Les fruits commencent à paroître comme dans la Figure E & s’épanouissent enfin comme en F. Les fleurons sont hermaphrodites dans le disque, & ceux de la circonférence sont femelles. Ces derniers sont plus longs que les premiers G. En H on voit un des fleurons séparés ; en I la corolle est représentée ouverte pour laisser appercevoir la situation du pistil ; les étamines sont rassemblées sous la forme d’un tube K par une membrane représentée ouverte en L.

Fruit. Les semences N sont luisantes, petites, oblongues, aigrettées M, contenues par le calice armé de deux rangs d’épines jaunâtres, & portées sur un réceptacle couvert d’un duvet soyeux.

Feuilles adhérentes aux tiges ; celles de côté sont linéaires, étroites, quelquefois ailées comme en B, dentées, terminées en pointe.

Racine A, blanche, longue, succulente.

Port. Les tiges rameuses, épineuses, s’élèvent à la hauteur d’un pied, les fleurs naissent de leurs aisselles, & les feuilles sont placées alternativement sur les tiges.

Lieu. Les champs, les bords des chemins ; fleurit en Juin & Juillet : la plante est annuelle.

Propriétés. La saveur des feuilles est amère, celle des racines est douce. Toute la plante est diurétique, vulnéraire, fébrifuge. L’expérience a prouvé que la racine provoquoit le cours des urines, entraînoit souvent les graviers contenus dans les reins ou dans la vessie. Elle est indiquée dans la colique néphrétique occasionnée par des graviers ; dans la jaunisse, par l’embarras des vaisseaux biliaires ; dans l’intempérie froide du foie, dans le gonflement du même viscère lorsqu’il n’est pas suivi d’inflammation ni de vive douleur.

Usages. On exprime le suc des feuilles & on le donne à la dose de quatre à six onces. On doit préférer la racine ; & lorsqu’elle est sèche, on la prescrit depuis demi-once jusqu’à une once en décoction dans six onces d’eau.

On donne aux animaux la décoction de la racine à la dose d’une à deux livres ; les semences macérées à la dose de demi-once dans huit onces de vin blanc. Il vaut mieux employer la racine.