Cours d’agriculture (Rozier)/CRISTE-MARINE

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Hôtel Serpente (Tome troisièmep. 550-551).


CRISTE-MARINE, ou BACILE, ou PERCE-PIERRE ou PASSE-PIERRE. Ce dernier mot n’est en usage que parmi le peuple : on la nomme encore Fenouil marin. M. Tournefort la place dans la quatrième section de la septième classe, qui comprend les herbes à fleurs en rose, disposées en ombelle, dont le calice se change en deux semences assez petites, & il l’appelle crithmum seu fœniculum minus. M. von Linné la nomme crithmum maritimum, & la classe dans la pentandrie digynie.

Fleur, composée de cinq pétales ovales, courbés, presqu’égaux ; l’enveloppe générale, d’où partent toutes les fleurs, est de plusieurs pièces, & ses petites feuilles, en forme de lance obtuse ; l’enveloppe particulière du sommet des rayons de l’ombelle, est divisée en plusieurs petites folioles linéaires.

Fruit, ovale, comprimé, divisé, en deux semences, planes d’un côté & cannelées de l’autre.

Feuilles, embrassent la tige par leur base, sont deux fois ailées ; les folioles, en forme de fer de lance, charnues, succulentes, blanchâtres.

Racine, en forme de fuseau, un peu fibreuse.

Lieu. Les bords de la mer sur les rochers, cultivée dans les jardins ; la plante est vivace.

Propriétés, apéritive, diurétique, emménagogue.

Usages. On mêle les feuilles avec la fourniture des salades tant qu’elles sont vertes : on les confit au vinaigre comme les cornichons, & souvent on les mêle avec eux : à cet effet, on choisit les tiges les plus tendres ; quelques-uns les gardent dans de l’eau salée, & y ajoutent un peu de poivre. Ce que j’ai dit des cornichons, relativement à leur usage fréquent pour la nourriture des gens de la ferme, s’applique également à la criste-marine confite dans le vinaigre. Dans nos provinces méridionales, situées au bord de la mer, il est inutile de la cultiver ; les rochers en sont couverts.

Culture. Au midi du royaume on la sème, en mars, dans un lieu bien abrité, & on la replante en mai, dans l’endroit le plus chaud du jardin ; elle aime singulièrement la forte chaleur & a besoin de peu d’arrosemens. Le mois de septembre est à peu près l’époque à laquelle on la confit dans le vinaigre. Pour la conserver pendant l’hiver, on chausse son pied avec de la terre, & on la couvre de paille pendant les grandes gelées.

Dans les provinces du nord du royaume, on la sème sur couche en février, ou à la fin d’avril, en pleine terre, dans un lieu bien abrité : il faut que le sol ait du fond, car sa racine pivote beaucoup. On la replante dès qu’elle est assez forte, & on la couvre d’une cloche.